L'HISTOIRE : Le portrait surprenant et intimiste d'une femme hors du commun. A la fois aimée et rejetée, Margaret Thatcher est une figure emblématique de la scène politique internationale - la première et l'unique femme Premier Ministre du Royaume Uni, et l'une des femmes les plus célèbres et les plus influentes du XXème siècle. Enfermée dans l'inactivité enrageante de la retraite et luttant contre sa mauvaise santé, Margaret est prise d'assaut par ses souvenirs. Des fragments de sa vie privée et du temps où elle était Premier Ministre envahissent son esprit et elle les revit dans les moindres détails. La Dame de fer est l'histoire d'une femme venue de nulle part pour démanteler les barrières liées au sexe et aux classes que l'on rencontrait dans un monde dominé par les hommes. C'est un film qui parle du pouvoir et du prix à payer pour l'obtenir, une histoire à la fois unique et universelle. C'est l'histoire d'un combat, d'une victoire sur les hommes, d'une rencontre avec une femme directe, ayant réussi à s'imposer au cœur d'un univers redoutable.
Elle a régné sur le Royaume-Uni de 1979 à 1990, Margaret Thatcher, la Dame de Fer, première femme à se retrouver à la tête d'un état en Occident, un état qu'elle a mené de manière énergique et autoritaire. Mais, derrière la figure politique tenace se cache une femme amoureuse et entière. C'est plus sur elle que la réalisatrice Phyllida Lloyd s'arrête, sur le cheminement d'une adolescente convaincue, se battant avec fougue pour se faire entendre, d'une femme de tête s'engageant pour son pays, d'une femme seule, face à elle-même, face à ses regrets, face surtout à l'absence, celle de son compagnon, l'homme d'affaires Denis Thatcher qu'elle avait épousé en 1951, disparu en 2003.
C'est principalement sur cette absence que repose le film, scandé par des apparitions régulières, celles de Denis rassurant Margareth par sa seule présence. Une présence impalpable, un fantôme imaginé par une Dame de fer désormais fragilisée par plusieurs attaques cérébrales, se confiant à l'homme qu'elle a aimé et qui lui manque. Le récit se trouve ainsi centré sur quelques jours durant lesquels Margareth se met à trier les vêtements de son mari et se retrouve assaillie par ses souvenirs. Nous faisons alors face à une vieille femme qui revit son ascension, mais plus sur un plan sentimental et romantique. L'axe du film n'est pas politique, il est plus de l'ordre de l'intime. C'est l'histoire d'un combat, d'une victoire sur les hommes, d'une rencontre avec une femme directe, ayant réussi à s'imposer au cœur d'un univers redoutable, avec une femme de pouvoir ayant perdu son pouvoir et son plus cher soutien, devant aujourd'hui se résigner, accepter un présent qui la blesse, un passé qui la hante. Phyllida Lloyd dresse ainsi le portrait d'une femme seule face à elle-même. En ce sens la cinéaste ne porte aucun jugement politique et n'amène pas le spectateur à en avoir. Si quelques faits historiques sont abordés en pointillés, notamment l'épisode de la guerre des Malouines, elle s'arrête principalement sur l'intransigeance de Thatcher, sa personnalité et sa féroce sincérité. Plus que la Dame de Fer c'est Margareth qui l'intéresse, une femme isolée face à la mort. Et c'est avec une très grande justesse, une incroyable vérité, une profonde intelligence que Meryl Streep campe cette femme. Après un Golden Globes, elle est en route pour les Oscars et ce serait une récompense méritée pour cette immense comédienne, une autre grande Dame.
Sophie Wittmer
Première, Grazia, Positif, Rock N'Folk, LCI, Studio Ciné Live, Radio Nova, Transfuge, Lire et Excessif donnent leurs avis sur La dame de fer, Dos au mur, Howl, La vie d'une autre...