L'HISTOIRE : Bertrand, un avocat brillant, débarque à Monaco pour s'occuper d'Audrey,une cliente accusée du meurtre de son amant. Celle-ci va profondément dérégler la vie très rangée de Bertrand et l'entrainer dans un vrai cauchemar.
Après le touchant Entre ses mains, Anne Fontaine revient avec une oeuvre plus légère mais non moins dénuée d'une certaine réflexion sur les rapports homme/femme et la condition sociale. En choisisant Fabrice Luchini comme personnage principal, la réalisatrice prenait le risque de se reposer uniquement sur le charisme du trublion érudit connu de tous. Mais là réside la première qualité du film. Luchini, tout en conservant sa verve légendaire, utilisée judicieusement dans un rôle d'avocat virtuose, ne part jamais en roue libre, toujours encadré par les contours d'un scénario écrit et pensé comme une longue thérapie. Ou comment pousser un homme, maniant la langue de Molière avec autant de facilité qu'il est peu sûr de lui, dans ses derniers retranchements, le mettant en face de ses peurs. Des peurs qui se cristallisent évidemment chez lui dans ce qui préoccupe le plus couramment la gente masculine, le sexe. Un rapport à la sexualité qui changera au fil du film grâce à deux rencontres essentielles.
Une femme bien sûr, incarnée par la resplendissante Louise Bourguoin, qui pour ses premiers pas au cinéma interprète... une miss météo. Mais qu'on ne s'y trompe pas, au-delà de la profession (sans doute un clin d'oeil) donnée au personnage de la demoiselle, le rôle exige une sensualité, une espièglerie et un charme qui ne font aucunement défaut à la belle. Certes, nous n'assistons pas (encore) à la naissance de la nouvelle Brigitte Bardot, mais la performance de l'actrice n'en demeure pas moins intéressante et relativement prometteuse. On la désire et on la déteste autant que le personnage de Luchini, totalement envoûté par cette sirène monégasque aux intentions pas très catholiques.
Et soudain, tout se mélange, l'amitité entre les deux hommes, le jeu de séduction mis en place par la miss météo, la convoitise, la jalousie, le drame. Alors que le film vogue sur un ton léger, voire comique, entre deux réflexions sur les rapports humains, ces derniers justement le font basculer dans une dimension tragique que l'on ne pouvait soupçonner au départ. Mais ce revirement, intelligemment amené, par petites touches sur la psychologie humaine, inscrit La Fille de Monaco durablement dans les mémoires, tel un voyage onirique au plus profond de la nature humaine. Cela s'appelle une réussite.
Valeur montante du cinéma français, la jeune comédienne Louise Bourgoin construit peu à peu sa carrière, entre films d'auteur et coups médiatiques. La preuve en images.