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La Influencia

La critique d'Excessif

3/5
la_influencia L'HISTOIRE : Une femme fragile et désorientée est écrasée par les problèmes de sa vie quotidienne.
Ses biens sont saisis, sa boutique est fermée, l'avenir de ses deux enfants devient incertain. Leur vitalité contraste avec l'apathie de leur mère. Peu à peu elle se laisse envahir par une profonde dépression.
Les enfants se rendent compte que leur mère manque de la maturité et de la force nécessaires pour affronter tous ces problèmes. Ils vont devoir aller de l'avant...
Pour son premier film en tant que réalisateur, Pedro Aguilera s'attaque à un sujet ambitieux, la dépression, les pulsions de vie et de mort au sein d'une famille mono-parentale à la communication déficiente. On louera des qualités formelles indéniables tout en regrettant un hermétisme et une émotion trop peu présents.

LA INFLUENCIA
Un film de Pedro Aguilera
Avec Paloma Morales Aguado, Romeo Manzaneado Morales, Jimena Jimenez Morales, Gustavo Matias Prins Lopez, Claudia Bertorelli Parraga, Casilda Aguilera Sagarminaga, Alvaro Molto Chinarro, Ramon Angel Moreira Sanchez
Durée : 1h24
Date de sortie : 23 avril 2008


Une femme fragile et désorientée est écrasée par les problèmes de sa vie quotidienne. Ses biens sont saisis, sa boutique est fermée, l'avenir de ses deux enfants devient incertain. Leur vitalité contraste avec l'apathie de leur mère. Peu à peu elle se laisse envahir par une profonde dépression. Les enfants se rendent compte que leur mère manque de la maturité et de la force nécessaires pour affronter tous ces problèmes. Ils vont devoir aller de l'avant...

La Influencia est finalement un film très étrange. Le métrage fait partie de ces oeuvres dont on ne ressort pas indemne, tant le voyage entrepris dans l'histoire vous donne le vertige. A travers le portrait d'une mère esseulée, dépressive, le spectateur suit une âme en plein déclin. Les enfants, par leur insouciance, contrebalancent idéalement ce noir récit en apportant la pulsion de vie illuminant le film dans son ensemble. Le metteur en scène développe son intrigue au détour de longs plans séquences, parfois ralentis, étant à même de capter une certaine beauté évanescente des êtres dans leur milieu (le film a été tourné à Arganda Del Rey, une province de Madrid). L'autre choix prégnant de cette oeuvre réside dans l'usage de plans fixes aux mouvements quasi-imperceptibles. Ce parti-pris à la lisière du documentaire confirme la volonté de s'adapter aux lieux du tournage avec un maximum de véracité. Sur cette même optique, notons que les acteurs du film sont tous des non professionnels, le vice étant même poussé jusqu'à avoir une véritable mère et ses deux enfants à l'écran. Cette force d'évocation dont le film se fait l'écho vient sans doute en partie de ces parti-pris au caractère prononcé.


Le film faisait partie de la quinzaine des réalisateurs l'année dernière où il avait déjà été remarqué à raison. En bon disciple de Carlos Reygadas (Pedro Aguilera a été son assistant réalisateur sur Bataille dans le Ciel), le jeune réalisateur sait déjà exploiter le meilleur de ses environnements confinés avec des cadres pénétrants. Il faut ajouter qu'il dispose même de ce don si particulier lui permettant de faire naître des séquences puissantes et formellement très intéressantes là où on ne les attendait pas nécessairement, à l'image des deux seules parties du film sur fond de choeurs grégoriens.

Las ! Malgré un sujet absolu et fort, le film a du mal à convaincre. Il n'arrive pas à nous impliquer dans sa diégèse. Il en résulte un recul dans nos perceptions comme si nous n'étions pas concernés par ce qui se déroule sous nos yeux. Serait-ce la faute au rythme du film, aux acteurs ? La sincérité de ces derniers semble nous écarter de cette hypothèse tout comme le montage de l'oeuvre concorde avec la logique du tout. Ces remarques mises à part, il ne faudrait pas occulter les grandes qualités plastiques des scénettes composant le film ; il y règne un profond malaise enfoui persistant jusque dans une scène d'amour... éteinte, sans excitation aucune, où le sexe nous apparaît bien triste. Les ultimes images donneront par ailleurs à réfléchir sur notre ressenti de l'ensemble filmique et du futur des personnages, ce qui intéressera un public curieux capable de dépasser la rigueur exigeante d'un premier film prometteur en attendant une future réalisation.

Vincent Martini



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