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La Jeune Fille Et Les Loups

La critique d'Excessif

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jeune_fille_et_loups_cinefr L'HISTOIRE : Au sortir de la Grande Guerre, Angèle, 20 ans, est déterminée à devenir la première femme vétérinaire. A travers son destin aventureux, elle sera l'objet d'une rivalité sans merci entre son promis, un industriel visionnaire mais sans scrupule, et un homme simple, retiré dans la montagne, près des loups et loin de la folie des hommes. Angèle va exploiter au mieux cette rivalité pour atteindre son véritable objectif : sauver les loups.
Malgré son titre trompeur, cette Jeune fille et les loups n’a pas grand-chose à voir avec Survivre avec les loups, sorti quelques semaines plus tôt. Sinon que, dans les deux cas, les canidés y tiennent le beau rôle et rattrapent des siècles d’opprobre et de stigmatisation. Là où Vera Belmont s’appuyait sur une histoire vraie survenue pendant la Seconde Guerre mondiale, Gilles Legrand situe son film une trentaine d’années plus tôt et imagine une histoire rocambolesque fondée sur le croisement de deux faits authentiques : la disparition de la dernière meute de loups des Alpes et le destin de la première femme vétérinaire. Fidèle au cadre montagnard de Malabar Princess, son réalisateur joue la carte du romanesque le plus échevelé en se donnant les moyens de ses ambitions. Son héroïne, qu’incarne Lætitia Casta, dont c’est le rôle le plus consistant à ce jour, est une véritable suffragette, prête à tout pour faire triompher ses idées, féministes et écolo avant l’heure.

LA JEUNE FILLE ET LES LOUPS
Un film de Gilles Legrand
Avec Lætitia Casta, Jean-Paul Rouve, Stefano Accorsi, Loránt Deutsch, Michel Galabru…
Durée : 1h51
Date de sortie : 13 février 2007


Legrand maîtrise parfaitement les multiples rebondissements d’un scénario qui renoue ostensiblement avec ces romans feuilletons qui tenaient les foules en haleine au dix-neuvième siècle. La jeune fille et les loups assume ses partis pris en confondant parfois vitesse et précipitation, mais on aurait tort d’en tenir grief au réalisateur, tant le cinéma français a perdu le souffle de ces épopées. La mécanique fonctionne plutôt bien, en grande partie grâce à un casting parfait. C’est à l’acteur italien Stefano Accorsi, fiancé de Lætitia Casta dans la vie, que revient le rôle de l’ermite dont elle tombe amoureuse. Faisant sienne l’antienne d’Hitchcock qui recommandait de soigner le méchant avec une attention toute particulière, le réalisateur confie à l’excellent Jean-Paul Rouve le rôle payant d’un patron de fonderie ambitieux qui doit trouver une reconversion après avoir fait fortune en fabriquant des canons, puis des monuments aux morts. C’est la lutte du pot de fer contre le pot de terre… au propre comme au figuré.


L’histoire et les personnages sont si forts qu’on en arrive à faire abstraction de la mise en scène proprement dite. Or c’est là où le bât blesse. En effet, Gilles Legrand se contente de planter sa caméra et de filmer, tout en abusant de la musique pour souligner le moindre effet, à la manière des pires tâcherons. Du coup, le lyrisme de certaines séquences (un accident d’avion notamment) se trouve systématiquement appuyé de façon artificielle comme dans les pires productions hollywoodiennes. C’est d’autant plus dommage qu’il disposait de tous les arguments pour séduire, en se démarquant de ces reconstitutions d’époque cossues Made in France qui ressemblent trop souvent à des téléfilms. Reste qu’ici le récit est solide et qu’après tout, comme disait le père Gabin, « un film, c’est une histoire + une histoire + une histoire ». Ne boudons donc pas ce plaisir simple.

Jean-Philippe Guerand



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