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La Legende De Zorro

La critique d'Excessif

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legendedezorroz2edcoll L'HISTOIRE : En 1850, la Californie aspire à devenir le 31e Etat de l'Union, mais les membres de la mystérieuse confrérie médiévale des Chevaliers d'Aragon sont décidés à l'en empêcher par tous les moyens... Les paysans doivent aussi se défendre contre Jacob McGivens, qui s'empare de leurs terres par la force. Seul Zorro pourrait intervenir... Joaquin, le fils de Don Alejandro de la Vega et de son épouse Elena, a aujourd'hui 10 ans et ignore tout de l'identité secrète de son père. Elena voudrait qu'Alejandro abandonne ses activités de justicier pour se consacrer enfin à sa famille. Lorsque face à l'urgence, il décide néanmoins d'enfiler le légendaire masque de Zorro, Elena se sent trahie et demande le divorce. Armand, un aristocrate français qui vient de s'installer en Californie, en profite pour faire la cour à la jeune femme... tout en continuant à diriger secrètement les Chevaliers d'Aragon...
Sept ans après un sympathique premier volet, Zorro revient sur les écrans avec La Légende de Zorro. Au programme, action de haute voltige, combats de fines lames et romantisme de carte postale. Une question cruciale : l'épée de Zorro est-elle toujours aussi bien aiguisée ?

LA LEGENDE DE ZORRO
Un film de Martin Campbell
Avec Antonio Banderas, Catherine Zeta-Jones, Rufus Sewell
Durée : 2h10
Sortie cinéma : 26 octobre 2005


Les années ont passé depuis le coup de foudre entre Alejandro de la Vega et Elena Murrieta. Les deux tourtereaux se sont installés dans une luxueuse et paisible propriété californienne où ils élèvent avec amour leur fils unique, Joaquin. Le jour où Alejandro parvient après dix ans d'efforts à faire attribuer à la Californie le statut d'état fédéré des Etats-Unis d'Amérique en assurant la pérennité du vote populaire, Elena s'attend logiquement à ce que son Zorro de mari rende les armes et se consacre enfin pleinement à sa vie de famille. Mais devant la menace de la confrérie médiévale des Chevaliers d'Aragon et d'une horde de mercenaires arrachant leurs terres aux paysans, Zorro n'hésite pas une seconde à remettre le masque. Trahie, Elena demande le divorce et ne tarde pas à fréquenter un aristocrate français impliqué dans la mystérieuse confrérie.


Si le premier épisode des aventures de Zorro par Martin Campbell n'avait pas franchement marqué les esprits de par ses qualités esthétiques, il n'en demeurait pas moins un agréable divertissement familial dans lequel action et comédie faisaient bon ménage. Bénéficiant d'une intrigue particulièrement malicieuse, Campbell s'en donnait à cœur joie pour tourner en dérision le mythe du sauveur masqué. D'abord en la personne de Don Diego De La Vega, ancien héros déchu et poussé vers la porte de sortie tel un vulgaire paria qu'on aurait interdit de séjour. Ensuite en la personne d'Alejandro Murrieta, fervent admirateur de Zorro, devenu truand de seconde zone, minable cible pour chasseurs de primes fauchés, aspiré dans la même spirale défaitiste que son illustre modèle. Et quand le maître rencontrait l'élève, cela donnait lieu à un contre-pied parfait aux habituels films du genre, avec pour sommets des scènes hilarantes où Antonio Banderas combattait Anthony Hopkins tour à tour en situation d'ébriété avancée puis dans la position du débutant essayant lamentablement d'épater son professeur à l'aide de mouvements grotesques.

Même si la trame générale atteignait par la suite très vite ses limites dans une seconde partie très indigeste en terme d'action, Le Masque de Zorro était pour autant très loin de se contenter de la médiocrité auquel souscrit sa suite.


Car La Légende de Zorro atteint lui ses limites dès le début. Amusant d'ailleurs de constater le parallélisme entre l'ouverture de chaque épisode, présentant à la fois une similarité évidente sur la forme et un antagonisme inquiétant sur le fond. Alors que le premier opus s'ouvrait sur une scène de révolte populaire dans laquelle Zorro, en bon défenseur des opprimés, réglait son compte à un gouverneur despotique, le second s'ouvre lui sur une scène de liesse populaire lors du vote confirmant l'entrée de la Californie dans l'Union et dans laquelle Zorro se pose en garant de la démocratie américaine. Sans pousser le vice manichéen jusqu'à voir dans cette séquence un effet post-11 septembre prônant la solidarité patriotique à tout prix, on peut néanmoins y déceler une attitude légèrement pantouflarde de la part de Campbell, qui n'hésite pas à sacrifier la désinvolture auparavant si charmante de son personnage au profit d'un conformisme un peu gnangnan.


Pourtant l’excellente idée du couple Banderas-Zeta-Jones au bord la crise de nerfs augurait du meilleur. Le concept, déjà vu dans le très médiocre Mr. & Mrs. Smith, aurait pu avoir pour effet bénéfique de détourner l’intrigue initiale et de la recentrer autour du couple, pour en faire le théâtre d’une véritable guerre fratricide dans laquelle tous les coups bas sont permis. Mais Campbell, qui n’en a visiblement pas voulu ainsi, a préféré abréger rapidement cette querelle de famille en ajoutant à sa recette prometteuse un ingrédient de film d’espionnage un peu bébête, et accouche au final d’un film au sentimentalisme ringard et au questionnement existentiel nauséabond. Le gros de l’intrigue réside alors dans les erreurs qu’a pu commettre de la Vega pour perdre ainsi sa femme et son fils, et dans la stratégie qu’il va élaborer pour les reconquérir au plus vite. La psychologie n’est pas vraiment le fort de Campbell, comme en témoigne cette scène affligeante dans laquelle Banderas débarque dans la chapelle et interpelle violemment Dieu en lui demandant conseil, le tout sur un ton sentimentaliste pathétique.

Le Masque de Zorro n’en reste pas moins un bon film d’action tiré vers le haut par quelques séquences de haute voltige mémorables (les poursuites à cheval notamment). Mais l’on attendait mieux de cette suite, autre chose qu’une locomotive hollywoodienne lancée à toute blinde. C’est d’autant plus regrettable que la désinvolture de Martin Campbell ressurgit par moments, au travers de quelques fulgurances bien senties comme cette scène désopilante où Zeta-Jones tend une embuscade à deux hommes qui la suivaient et leur inflige une correction mémorable, ou encore comme cette autre scène où Banderas, arrivé à un stade dépressif avancé et le corps imbibé d’alcool, divague complètement, à moitié avachi sur son cheval qui ne lui obéit toujours pas depuis le premier épisode. A se demander au final si Campbell, devant l’énormité de l’enjeu qui l’attend l’année prochaine (le remake de Casino Royale), n’a pas préféré troquer son costume de bouffon pour le costard plus sérieux de l’agent 007.

Note : 5/10

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