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La Main de fer

La critique d'Excessif

4/5
maindeferz2 L'HISTOIRE : Le jeune Chi-Hao (Lo Lieh) est envoyé en ville par son maître pour s’entraîner sous la direction d’un maître d’arts martiaux réputé. Affecté dans un premier temps aux tâches domestiques, il acquiert progressivement les bases d’un style de combat qui pourrait faire de lui le vainqueur potentiel d’un tournoi très attendu. Mais un chef de clan sans scrupules, accompagné de son fils, met tout en œuvre pour supprimer ce rival et les autres membres de son école, allant même jusqu’à engager une bande de mercenaires japonais pour les provoquer régulièrement. Chi-Hao est victime d’une embuscade et se fait briser les deux mains. Infirme, il perd tout espoir de pouvoir pratiquer à nouveau les arts martiaux, jusqu’au jour où son maître consent à lui enseigner la redoutable technique de « la main de fer »…
Réalisé en 1972 par Chung Chang-Hwa, La Main de Fer est issu des célèbres studios Shaw Brothers à qui l’on doit nombre de films mythiques de cette époque. Lors de sa sortie à Hong Kong au beau milieu d’une vague de films d’arts martiaux où trônaient des stars locales, les noms cités au générique ne suffisent pas à attirer les foules et le film ne rencontre pas un grand succès. C’est de façon surprenante aux Etats-Unis et en Europe que le film trouve son public et accède au statut de film culte. Les traces du phénomène sont encore visibles aujourd’hui puisque Quentin Tarantino emprunte une musique et des effets visuels de La Main de Fer dans son récent Kill Bill.

LA MAIN DE FER
(5 Fingers of Deat / Tian xia di yi quan)
Année : 1973
Un film de Chung Chang-Hwa
Avec Lo Lieh, Wang Ping, Tien Feng
Sortie : 27 Juillet 2005


Le jeune Chi-Hao (Lo Lieh) est envoyé en ville par son maître pour s’entraîner sous la direction d’un maître d’arts martiaux réputé. Affecté dans un premier temps aux tâches domestiques, il acquiert progressivement les bases d’un style de combat qui pourrait faire de lui le vainqueur potentiel d’un tournoi très attendu. Mais un chef de clan sans scrupules, accompagné de son fils, met tout en œuvre pour supprimer ce rival et les autres membres de son école, allant même jusqu’à engager une bande de mercenaires japonais pour les provoquer régulièrement. Chi-Hao est victime d’une embuscade et se fait briser les deux mains. Infirme, il perd tout espoir de pouvoir pratiquer à nouveau les arts martiaux, jusqu’au jour où son maître consent à lui enseigner la redoutable technique de « la main de fer »…


Le réalisateur Chung Chang-Hwa n’est pas chinois mais coréen et est aussi connu sous son pseudonyme chinois Cheng Chang-Ho. La Main de Fer n’était pas la première collaboration entre Hong Kong et la Corée puisque les deux industries travaillaient ensemble depuis 1958 et avaient déjà développé de nombreuses coproductions au cours des années 60. Chung Chang-Hwa fut cependant le premier réalisateur coréen à être invité par Run Run Shaw afin de réaliser un film à Hong Kong, Temptress of a Thousand Faces, en 1968. Il réalisera quelques films pour la Shaw, dont La Main de Fer en 1972, avant de poursuivre sa carrière sino-coréenne à la Golden Harvest. Les collaborations entre les Hong Kongais et les Coréens ont cependant fini par disparaître faute de budget. Elle reviennent néanmoins depuis quelques années, notamment avec les films fantastiques Trois, histoires de l’Au-delà et Trois… Extrême, ainsi que quelques films de sabre parmi lesquels le plus connu reste Musa, la Princesse du Désert (de Kim Sung-Su).


L’histoire de La Main de Fer exploite des thématiques classiques et ne se distingue donc pas des autres films du genre. Le héros, un jeune homme benêt et naïf, est envoyé par son maître dans une école prestigieuse afin de recevoir l’enseignement d’un grand maître. Bien entendu, il devra commencer par apprendre l’humilité et ne pourra pas accéder immédiatement à la science de son nouvel enseignant. Il sera cependant impliqué malgré lui dans des enjeux plus importants que prévu car son talent va exciter la jalousie d’un de ses condisciples et surtout du chef cynique d’un clan rival. Comme dans beaucoup de films d’arts martiaux, le héros destiné à devenir le meilleur va d’abord encaisser un coup dur : il va se faire briser les mains, ce qui compromettra ses chances de pratiquer les arts martiaux. Grâce à une volonté et un entraînement hors du commun, il surmontera son handicap et développera une technique imparable. Ce scénario a priori simpliste prend des chemins plus élaborés en développant davantage les personnages que ce à quoi les films du genre nous ont habitués.


Ainsi, certains hommes recrutés par les méchants vont finir par changer de camp tandis que d’autres qui semblaient avoir un bon fond s’avèreront particulièrement irrécupérables. Le héros quant à lui ne sort pas vraiment des sentiers battus mais il force la sympathie et bénéficie du charisme de Lo Lieh, dont l’interprétation s’avère convaincante dans toutes les épreuves que doit surmonter son personnage. Même si leur rôle est quelque peu limité, les personnages féminins incarnés par Wang Chin Feng et Wang Ping se révèlent dignes et attachants. En revanche, les mercenaires japonais sont vus de manière particulièrement caricaturale et mis à part celui qui prend la parole, les autres ne semblent pas même doués d’une individualité, ce qui les rend même comiques compte tenu de leur apparence très bande dessinée.


Le point fort de La Main de Fer réside surtout dans ses scènes d’action et il est aisément compréhensible que ce film ait provoqué un tel choc lors de sa première sortie en Occident. Pourtant si l’on regarde bien, les chorégraphies de Liu Chia-Yung n’ont rien d’exceptionnel et sont loin d’égaler celles de son frère Liu Chia Liang dans La 36e Chambre de Shaolin quelques années plus tard. Les mouvements des combattants auraient pu être plus variés et les chorégraphies d’ensemble ne brillent pas par leur complexité. Le directeur d’action était alors débutant et c’est la mise en scène de Chung Chang-Hwa qui fait toute la différence, le réalisateur utilisant fort habilement des effets visant à renforcer l’impact des combats. Au lieu des câbles, il utilise les trampolines pour les sauts, ce qui accroît l’impression de vitesse et évite la sensation de pesanteur parfois gênante dans les combats câblés. D’autre part, lors des affrontements à deux, déjà captivants en eux-mêmes, les personnages environnants censés être passifs dans le combat participent à la dynamique d’ensemble en se repositionnant constamment autour des combattants, ce qui a aussi pour effet de faire monter la tension du duel. A cette époque les combats étaient par ailleurs bien plus lisibles qu’aujourd’hui car ils n’étaient pas aussi fragmentés, qu’il s’agisse des enchaînements de coups ou des mouvements du corps, et bénéficiaient d’un parfait équilibre entre plans d’ensemble et plans rapprochés.


Grâce à ces qualités de mise en scène alliées à un montage efficace, les combats de La Main de Fer mêlent ainsi vitesse et limpidité, des caractéristiques auxquelles vient s’ajouter une extrême brutalité puisque les coups atteignent parfois des sommets de barbarie. En effet, et pour notre plus grand plaisir, ces prises de bec ne sont pas avares de détails savoureux, en particulier en matière de gore puisqu’en plus d’envoyer des coups de tête, les combattants n’hésitent pas à arracher les yeux, fendre le crâne ou trancher la tête de l’adversaire. Les concepts de scène et les idées originales ne sont pas non plus en reste, et l’on retiendra à ce titre le combat dans l’obscurité au cours duquel une jeune femme remplace les yeux de l’un des combattants (le pauvre les a perdus en cours de route !), ou encore l’effet frisant le fantastique des mains ce Chi Hao qui rougissent lorsqu’il utilise la technique de « la Main de Fer », effet qui s’accompagne immanquablement de la fameuse musique remise au goût du jour par Kill Bill.


Si La Main de Fer fut un choc à l’époque de sa sortie en France dans les années 70, il est évident que cette seconde sortie a lieu dans un contexte bien différent puisque les films d’arts martiaux de Hong Kong ont entre temps acquis une réputation mondiale. Pourtant, ce film culte n’a pas pris une ride et reste un classique du genre à découvrir ou à redécouvrir d’urgence, une oeuvre indispensable à la collection de l’amateur de film d’arts martiaux mais aussi du cinéphile.

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