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La Maison Nucingen

La critique d'Excessif

1/5
Affiche La Maison Nucingen L'HISTOIRE : L'histoire d'un homme qui gagne une maison au poker. Il s'y rend avec sa femme, malade, et sera accueilli par des personnages étranges et envahissants, soudés autour d'une figure oppressante et poétique, celle du fantôme de Léonore, disparue accidentellement. Entre vie et mort, des liens étranges vont se tisser entre ces hommes et ces femmes.
Le dernier film de Raoul Ruiz est si déroutant et déconcertant qu'il risque fort de se mettre à dos une bonne partie du public et de la presse. Il suffit d'entrevoir ne serait-ce qu'une minute de La Maison Nucingen pour s'en rendre compte. Naissent alors de nombreuses interrogations sur la recherche artistique qui traverse le film : est-ce un hommage à la série B, tant l'œuvre est constellée de fausses notes, ou bien, est-ce un incident de parcours dans la carrière de Ruiz ? Le film accumule (in)volontairement des défauts indignes d'une production professionnelle : lumière, étalonnage, mixage sonore, direction d'acteur, production design, mise en scène, scénario…bref, l'ensemble des fondamentaux cinématographiques vacillent au profit d'une monstration indigente. Pourquoi un tel réalisateur nous offre à l'aune de ses 70 ans une œuvre si mineure au regard de sa riche et vaste filmographie ?

LA MAISON NUCINGEN
Un film de Raoul Ruiz
Avec Elsa Zylberstein, Jean-Marc Barr, Andrey Marnay, Laurent Malet
Durée : 1h30

La Maison Nucingen nous plonge dans le Chili des années 1920. Un couple de jeunes aristocrates formé par William (Jean-Marc Barr) et la douce Anne-Marie (Elsa Zylberstein) emménage près de Santiago dans une riche demeure que William vient de gagner au poker. À peine arrivés sur les lieux, ils sont confrontés à d'étranges phénomènes fantomatiques auxquels s'ajoutent les comportements lunaires de l'ensemble des domestiques de la maison. La bâtisse va devenir le théâtre d'une inquiétante étrangeté, reflétant les angoisses et les désirs de William qui semble insatisfait de sa vie en apparence si riche et épanouissante.

Adaptation libre de la nouvelle La Maison Nucingen écrite par Balzac, Raoul Ruiz saupoudre son film d'inspirations littéraires fantastiques allant d'Edgar Alan Poe à Maupassant. On aurait pu s'attendre à découvrir une œuvre forte, belle et piégeuse, disposant qui plus est, d'un casting quatre étoiles avec un couple vedette formé par Jean-Marc Barr et Elsa Zylberstein. Or, on est plutôt décontenancé par l'entreprise minimaliste et fauchée que représente La Maison Nucingen. Un parti pris qui tendrait à se rapprocher d'un long-métrage amateur et expérimental tant le film est en marge des normes des productions françaises actuelles.

D'un côté, on peut être séduit par l'esprit général qui se rapproche des séries B fantastiques anglaises des années 70, distillant une atmosphère surannée et baroque à laquelle s'ajoutent des acteurs au jeu théâtral. À cela s'ajoute une image D.V. aux teintes froides et saturées qui accentuent l'ensemble, rappelant la photographie des Deux Orphelines Vampires de notre Jean Rollin national. Les longs va-et-vient systématiques de la caméra qui traversent les couloirs avec des travellings amples et aériens finissent par perdre le spectateur dans le dédale de la spacieuse maison. En se détachant d'une construction cohérente et homogène de l'histoire, la mise en scène devient par moments tellement autonome qu'elle offre des séquences purement graphiques et presque hypnotiques.

D'un autre côté, le film accumule les erreurs et les fautes de goût avec un mixage sonore exécrable, des faux-raccords en pagaille, des éclairages indigents, un scénario qui tourne rapidement à vide, sans oublier la production design et la direction d'acteur inexistantes (on a rarement vu au cinéma une interprétation de Jean-Marc Barr et Elsa Zylberstein aussi inconsistante). Bref, autant d'éléments fâcheux qui rendent le film scabreux et désagréable. De plus, l'approche spectrale des fantômes est si malheureuse et superficielle qu'on a du mal à ressentir le moindre frisson. C'est simple, la griffe amateur ouvertement assumée rend laborieuse et désagréable la vision du film. On peine à s'impliquer pleinement dans le film et à apprécier la richesse référentielle des dialogues extraits d'écrivains tels que Pascal, Balzac, Poe et Maupassant.

Gwenael Tison

Le verdict des internautes

Total des votes : 6

Les notes des internautes

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    Scénario
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    Réalisation
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    Acteurs
  •  
    Musique

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