Troisième épisode des aventures de la famille O’Connell, La tombe de l’empereur Dragon est aussi un gros blockbuster estival aux allures de revival du cinéma d’aventure des années 1950... Enlevé, bourrin, absurde, drôle à certains moments et propice à la régression, ce long-métrage tardif vient confirmer certaines de nos craintes sur la nature un peu vaine du projet (on avait déjà fait le tour avec les deux premiers opus) mais parvient néanmoins à remplir son contrat grâce à un second degré assez bien senti. Si Rob Cohen, faisant suite à Stephen Sommers, ne brille pas par son originalité et manque quelque peu de bon goût dans les séquences d’action, difficile de nier le petit plaisir que nous pouvons prendre devant cette aventure fantastique tout à fait respectable et faisant honneur au film pop-corn. Un genre qui frétille en ces chaleurs d’été...
LA MOMIE : LA TOMBE DE L’EMPEREUR DRAGONUn film de Rob Cohen
Avec Brendan Fraser, Jet Li, Maria Bello, John Hannah, Michelle Yeoh...
Durée : 1h56
Sortie le 6 Aout 2008
Victimes d'une sorcière maléfique, l'Empereur Dragon et ses 5000 soldats ont été relégués pour l'éternité dans les limbes. L'immense armée de terre cuite reposera ainsi durant 2000 ans, oubliée de tous, jusqu'à ce qu'Alex commette l'erreur de réveiller son chef. Pour éviter une vague de méfaits, Rick O’Connell devra appeler à la rescousse les seules personnes plus habiles que lui à combattre les morts-vivants : sa propre famille...On prend les mêmes et on recommence... ou presque. Exit Stephen Sommers, uniquement producteur sur ce dernier opus et bienvenue à Rob Cohen, responsable des très médiocres
xXx et
Furtif, exit également Rachel Weisz qui laisse ici sa place à la jolie Maria Bello qui va tenter, tant bien que mal, de nous faire oublier la prestation so british de la londonienne. Sinon, pas de gigantesques bouleversements en vue, la recette n’a pas changé... On commence donc avec une longue introduction évoquant le triste sort de l’empereur Han et de son armée et s’en suit alors un amusant préambule narrant la vie pépère d’un couple d’aventuriers rangés, plus aptes à épousseter le lustre qu'à dégommer du zombie. Dans sa terrible frustration, le couple Evy-Rick amuse par sa légèreté de ton et son aspect vieillissant (nous les retrouvons ici plus de dix ans après leurs dernières aventures)... Leurs problèmes, d’une banalité à toute épreuve, contrastent avec leur passé fougueux et leurs questionnements autour des études de leur fils impétueux est ici source de situations comiques assez plaisantes. Bref, le capital sympathie de cette saga ne semble avoir pas bougé d’un iota. Néanmoins il faut admettre que Maria Bello force l’accent britannique et semble moins à l’aise que la belle Rachel Weisz, que Brendan Fraser n’a plus la même pêche qu’il y a dix ans et que le tout sent un peu le réchauffé...

Mais le film s’embarque alors au cœur de son action, dans une aventure à l’autre bout du monde enchaînant les moments de bravoure plus ou moins spectaculaires. Tentant maladroitement une parabole sur le totalitarisme, pétri de bonnes intentions, le récit cousu de fils blancs ne déroge pas aux règles du genre et nous perd parfois en cours de route en raison de la platitude de certaines situations et des dialogues. En effet, si les enfants et ados devraient adorer le ton du film et son humour convenu, les adultes vont vite s’ennuyer et manquer de s’éprendre passionnément pour cette série de péripéties. On notera cependant quelques soubresauts cycliques qui devraient vous rendre un taux non négligeable d’adrénaline dans la seconde partie du film... Celle-ci, bien plus rythmée et accélérant le développement de l’intrigue à vitesse grand V, permet donc de reprendre du poil de la bête et d’apprécier comme il se doit ce film d’aventure. La multiplication des personnages (les parents, le fils, l’oncle, la petite copine, la belle-mère...) permet une vision plurielle des scènes d’action assez réjouissante. On retiendra donc la séquence de l’avalanche, particulièrement efficace, ainsi que l’arrivée des yétis, improbable et absurde, mais qui ajoute un grain de folie à cette œuvre bizarrement trop sage.

Dommage cependant de ne pas essayer de développer au mieux une mythologie autour de l’univers exploré... Si les deux premiers épisodes tiraient au mieux les infinies possibilités des décors égyptiens et des multitudes légendes qui entourent le pays, Rob Cohen manque de nous épater en nous offrant une Chine peu reluisante. Ne tirant jamais parti d’un casting de feu (Michelle Yeoh et Jet Li dans un même film... On veut du combat qui s’envole !!) et expédiant sans vergogne les sublimes décors de la Chine Orientale (on aperçoit en fond la Grande Muraille),
La Momie 3 ne parvient pas toujours à exploiter tout le potentiel de son décorum. La palme revenant au plan de deux secondes révélant aux yeux des O’Connell le fameux pays imaginaire de Shangri-La... A peine vu que c’est déjà terminé. Dommage...
Mais ne boudons pas ce petit plaisir et apprécions en ces temps de disette aventurière les petites escapades autour du monde que peut nous offrir le cinéma américain.
La Momie 3 : la tombe de l'empereur dragon perpétue l’hommage aux films d’aventure des années 1950 initié en 1999 avec le premier épisode et, même si le concept semble s’essoufler, le spectateur devrait pouvoir ressortir quelque peu satisfait du résultat. On en attendait pas tant...
Kevin DutotGalerie photos pages suivantes...










































































