La nana (La bonne)

La critique d'Excessif

3/5
Affiche du film La nana (La bonne) L'HISTOIRE :

Raquel fête son anniversaire chez ses employeurs où elle travaille comme bonne à tout faire depuis plus de vingt ans. Lorsque sa patronne lui annonce l'arrivée de Mercedes qui doit l'aider dans ses tâches, Raquel le prend très mal et commence à exercer une pression psychologique néfaste sur son entourage.

Un drame chilien aussi touchant que surprenant.
Présenté au dernier festival de Sundance, d'où il repartit avec le Grand Prix du Jury ainsi que le Prix du Meilleur Film Etranger, La Nana (en français, la bonne) est le second long-métrage mis en scène par Sebastian Silva, après La vida me mata sorti, deux ans auparavant. L'idée est née de plusieurs souvenirs.
"C'est quelque chose qui est dans un coin de ma tête depuis mon adolescence. J'ai déjà réalisé un court-métrage et un album-photo sur ce sujet. Tout cela parce que j'ai été élevé et entouré par des bonnes. Il y en avait toujours une ou deux qui vivaient dans la maison familiale. Vivre avec elles, 24 heures sur 24, marque votre existence."



Nous sommes tout d'abord frappés par la mise en scène. Tourné en HDV, La Nana Claude Lelouch et Patrice Leconte, dans un tout autre style, Sebastian Silva zoome, recadre en fonction des différentes actions ou émotions et n'hésite pas à suivre ses protagonistes par le biais de mouvements brusques. De ce fait, et au-delà du sens, le réalisateur réussit également à insuffler à l'histoire un bon rythme, pour ne pas dire folie. Sans aller jusqu'au burlesque, quelques séquences sont ainsi à classer du côté de la comédie, notamment lorsque la bonne s'en prend directement aux assistantes qu'on tente de lui imposer. En somme, une respiration non négligeable dans la structure du récit.

 


Mais c'est surtout un climat de tension qui s'intensifie au fur et à mesure que l'intrigue avance. Tout tourne autour de cette étrange bonne, sans repère ni passé (elle a tout du moins décidé de faire une croix dessus pour des raisons qui lui sont propres). Voilà pourquoi elle vit aujourd'hui en marge du monde dans lequel elle se trouve. Le peu qu'elle en connaît repose sur les seuls gens qu'elle côtoie, à savoir ses employeurs. Sa seule attache demeure donc cette famille, qui, pourtant, cherche à l'« effacer ». Issue de nulle part, l'héroïne n'a qu'une peur, celle de vivre un nouvel abandon et par conséquent de perdre toute raison de vivre. L'intérêt du film tient en fait essentiellement aux relations humaines qu'il dépeint, avec une vérité et une sincérité de plus en plus rares. L'auteur nous présente un personnage définitivement haut-en-couleurs, loin des clichés tant connus et que l'on pouvait craindre. Ici, a contrario, la bonne semble être la véritable maîtresse des lieux. Ses relations entretenues avec l'entourage sortent donc définitivement des sentiers battus, et chacune de ses réactions maintient notre attention. Sebastian Silva ne nous raconte pas une histoire, il décrit un caractère, comme s'il s'agissait d'une étude psychologique. En ce sens, le réalisateur signe une belle réussite.

La Nana est un drame chilien aussi touchant que surprenant. Le cinéaste Sebastian Silva s'écarte des conventions attendues et signe une oeuvre essentiellement basée sur la psychologie des personnages et leur différents types de relations. Récompensée à juste titre, Catalina Saavedra fascine de bout en bout. Nous espérons d'ores et déjà la revoir au plus vite.

Le verdict des internautes

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Les notes des internautes

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