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La Nymphe

La critique d'Excessif

3/5
la_nymphe L'HISTOIRE : Quelque part dans la jungle, une jeune fille a jadis été agressée par deux hommes. Quelques jours plus tard, on devait retrouver les corps de ses agresseurs dans les eaux d’une rivière voisine, flottant au fil du courant, mais nul ne sut jamais ce qu’il était advenu de la malheureuse jeune fille, ni qui ou quoi avait pu lui sauver la vie.
May, une jeune citadine, a tout ce qu’elle peut désirer. Tout semble lui sourire : sa carrière est en plein essor et Nop, son époux de longue date, photographe professionnel, la comble d’amour et d’attentions. Mais le couple, qui se laisse vivre sans trop réfléchir, devient bientôt le jouet du destin ou du désir lorsque May noue une liaison avec Korn, un homme marié.
Le jour où Nop est chargé d’effectuer dans la jungle un reportage photographique sur la faune et la flore, il décide d’emmener May avec lui. Toutefois le voyage agit comme un révélateur de ce qui hante le couple comme un spectre : la marque invisible que la vie citadine a imprimée sur eux. May s’entête à se conduire comme si elle était encore en ville : accrochée à ses ordinateur et téléphone portables, elle semble simplement avoir échangé son bureau pour une tente au milieu de la jungle. Nop pour sa part s’immerge dans la jungle, photographiant tout ce qu’il rencontre, cerfs sauvages ou toiles d’araignées séculaires, jusqu’au jour où il découvre, comme abandonné au milieu de la jungle, un arbre mystérieux duquel émane une infinie tristesse. L’arbre exerce sur Nop une puissante fascination, comme s’il lançait un cri vers lui, comme s’il cherchait à l’attirer à lui.
Voyant que Nop ne rentre pas à la tente, May part à sa recherche mais ne trouve que son téléphone puis une de ses sandales. C’est alors qu’elle se rend compte du prix qu’elle attache à son mariage et combien elle a besoin de la chaleur et de la présence de son époux. Croyant avoir perdu Nop à jamais, May rentre chez elle. C’est alors que celui-ci réapparaît. Mais la jungle l’a métamorphosé - peut-être de manière irrémédiable...
Des moments simples d’émotion et des séquences hallucinées

Après Ploy, présenté à la Quinzaine des réalisateurs il y a trois ans, le thaïlandais Pen-ek Ratanaruang propose La Nymphe, annoncé comme un film d'horreur érotique, dans la section «Un certain regard».


La première scène est un plan-séquence d’une beauté inouïe. La caméra plonge dans la jungle des maladies tropicales chères à Apichatpong Weerasethakul et capte de loin le viol d’une fille par deux hommes. Le plan continue et révèle que les rapports de force se sont inversés (les deux violeurs flottent morts, dans la rivière). Un miracle divin? Une manifestation secrète de la nature? On ne sait pas. La victime, elle, a disparu. Plan suivant : le spectateur pénètre dans une nouvelle sphère floue, celle d’un couple a priori accordé avec l’existence mais dont l’amour s’est étiolé dans la monotonie. Lorsque l’homme propose à la femme de partir en reportage sur la faune et la flore dans la jungle, ils vont vivre un cauchemar à la faveur perverse d’un coup du destin qui se transformera en exorcisme. Au bout du périple, la femme qui a cocufié son époux avec son patron va se rendre compte du lien amoureux sacré qui les unit.

 

Le cinéaste Pen-ek Ratanaruang qui avait atteint un sommet avec son précédent long-métrage, Ploy, opère la fusion du cinéma moderne et du cinéma de genre par l’immersion du fantastique et de l’horreur au sein de questionnements existentiels d’une fiction de couple. Ici, il utilise son talent d’invocation de toutes les invisibilités, comme si le réel fourmillait de matière ectoplasmique, pour scruter la lente réconciliation d’un homme et d’une femme qui s’aiment mais vivent sur deux planètes différentes (elle est urbaine, il est artiste). Après une bonne heure d’errance entre effroi et néant, le récit quitte la piste du Blair Witch Project pour revenir en ville et montrer les efforts pour reconsolider le lien défait. Des moments simples d’émotion et des séquences hallucinées (une scène d’amour dans la jungle entre la nymphe et le photographe) voire surréalistes (la femme retenue par la nature qui renaît d’un arbre) rappellent que Pen-ek Ratanaruang sait mieux que personne filmer l’amour à mort.

Le verdict des internautes

Total des votes : 6

Les notes des internautes

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    Scénario
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    Réalisation
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    Acteurs
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    Musique

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