L'HISTOIRE : Dans un laboratoire, des scientifiques expérimentent un traitement sur des singes pour vaincre la maladie d'Alzheimer. Mais leurs essais ont des effets secondaires inattendus : ils découvrent que la substance utilisée permet d'augmenter radicalement l'activité cérébrale de leurs sujets. César, est alors le premier jeune chimpanzé faisant preuve d'une intelligence remarquable. Mais trahi par les humains qui l'entourent et en qui il avait confiance, il va mener le soulèvement de toute son espèce contre l'Homme dans un combat spectaculaire.
La préquelle attrayante d'une monument de la science-fiction.
Plus de 40 ans après sa sortie, La Planète des singes continue d'exercer un pouvoir de fascination et d'attraction immense. Le roman original de Pierre Boulle avait donné naissance à une oeuvre aujourd'hui culte et qui enfanta de nombreuses suites. Les prémices de la révolution simienne avaient déjà été exposées dans Les Evadés de la planète des singes et La Conquête de la planète des singes (troisième et quatrième opus de la saga sur grand écran). En revisitant la mythologie avec La Planète des singes : les origines, la Twentieth Century Fox n'a pas opté pour la facilité tout en demeurant dans une veine à la mode où toute tentative de relance d'une franchise est bonne à prendre. Heureusement, la direction artistique et le scénario sont à la hauteur.
L'une des clés de la réussite du film, c'est évidemment les effets spéciaux dirigés par Weta Digital. Outre les performances du photo-réalisme, c'est la première fois que le regard des créatures est doté d'une âme. Les yeux des singes disent des choses que le numérique n'avait jusque là jamais exprimer avec autant d'émotion. Au final, César (Andy Serkis, le spécialiste du genre) et ses acolytes de tous poils sont bouleversants d'humanité. A contrario, les auteurs proposent une vision alarmante des hommes : entre John Lithgow en vieillard aliéné, David Oyelowo en business man qui semble avoir fait un pacte avec le Diable et Tom Felton en tortionnaire inconscient, l'humain demeure exécrable. Seul le personnage incarné par James Franco brouille ces archétypes.
Plus que de la science-fiction, La planète des singes : les origines invoque la science au service de la fiction et Rupert Wyatt impose un style résolument réaliste. Le film devient moins icônique que son prédecesseur mais reste crédible de bout en bout. Le plus impressionnant reste la construction rythmique du scénario, habile dans sa préparation révolutionnaire, parfaitement structuré dans sa finalité et doté de clins d'oeil au long-métrage de Franklin J. Schaffner (Cesar assemblant la statue de la liberté en carton pâte, l'annonce d'un vol pour Mars, la diffusion d'un film avec Charlton Heston... ). Dommage que quelques idées fortes (à l'image de ce qu'était la conclusion de La Planète des singes de 1968) soient trop rapidement emballées. Dans ces moments de frustration cinéphilique, le réalisateur a semblé priviligier l'efficacité à l'incandescence. Son film reste néanmoins un aboutissement technologique dans son esthétisme digital et se vit comme un divertissement intelligent sans temps mort. Dans le monde impitoyable des blockbusters de l'été, ce n'est pas si courant...
Par Nicolas SCHIAVI
Après Gollum et King Kong, Andy Serkis rajoute un autre personnage culte à sa filmographie avec La Planète des singes : les origines.