La critique d'Excessif

3/5
La tête en friche de Jean Becker L'HISTOIRE :

Germain et Margueritte ne se connaissent pas. L'un est analphabète, l'autre ancienne chercheuse en agronomie, désormais à la retraite. Un jour, alors que rien ne les prédestinait, ils se rencontrent dans un parc, à compter les pigeons. Finalement, une amitié se lie. Petit à petit, Margueritte réussit même à lui transmettre le goût de la lecture. Mais lorsqu'elle perd la vue, les rôles s'inversent. C'est désormais à Germain de lui raconter des histoires...

Une ode à la Vie

Le parcours de Jean Becker reste exceptionnel. Il débute sa carrière de cinéaste en 1966, avec Un nommé la Rocca, puis enchaîne les succès commerciaux, tels que Echappement libre et Tendre Voyou. Mais aussi étonnant que cela puisse paraître, l'homme disparaît ensuite du circuit pendant près de vingt ans, avant d'officier un incroyable come-back, grâce à L'été meurtrier : quatre César à la clef, diverses nominations et un triomphe dans les salles. Puis, Jean Becker s'éclipse à nouveau. Il revient finalement en 1995, signant la mise en scène d'Elisa. Dès lors, il ne quitte presque plus les plateaux et enchaîne les tournages. Il crée ainsi un véritable univers, simple mais vrai, auquel le public répond massivement : Les enfants du marais, Un crime au Paradis, Effroyables jardins, Dialogue avec mon jardinier et Deux jours à tuer.

 

La tête en friche marque ses retrouvailles avec le comédien Gérard Depardieu et apparaît comme son douzième long métrage. A l'instar de ses précédents, une réussite, purement et simplement.

 

La tête en friche de Jean Becker

 

Entre rires, larmes et tendresse

La Tête en friche devrait sans nul doute ravir les aficionados de Jean Becker. En effet, on y retrouve tout ce qui fit le charme (et le succès) de ses oeuvres passées. Adapté du roman éponyme signé Marie-Sabine Roge, le film porte en lui toute la marque émotionnelle généralement caractéristique du réalisateur. D'ailleurs, beaucoup le lui reprochent très régulièrement. Chacun est libre de ses opinions. Il n'empêche, il se dégage de ses longs métrages une réelle sincérité et un ton particulièrement humaniste qui vous décrassent l'âme. La Tête en friche ne déroge pas à la règle. Il est question d'une rencontre improbable entre deux êtres que tout oppose et qui pourtant vont voir le cours de leur existence changer progressivement au fil d'un contact mutuel. S'ensuit une ode à la Vie, avec tout ce que cela comporte, à savoir de la drôlerie, de la tristesse mais aussi beaucoup d'attendrissement, notamment à l'égard de ces personnages. Ainsi donc, le rythme du film tient non pas sur un enchaînement de péripéties (l'action au sens propre se fait même plutôt rare), mais sur les comédiens. Ils portent à eux-seuls toute l'histoire, finalement d'une très grande simplicité, servis par une mise en scène efficace et des dialogues d'une précision remarquable (rien d'étonnant à cela puisque Jean-Loup Dabadie en est l'auteur). A l'arrivée, La Tête en friche propose un moment de pur détente, où simplicité, performances et intelligence s'allient remarquablement.

 

La tête en friche de Jean Becker

 

Rencontres intergénérationnelles


Outre son sujet et la façon dont il a été abordé (une extrême pudeur), la principale qualité du film réside dans le choix de ses acteurs, Gérard Depardieu et Gisèle Casadesus en tête. Ils avaient déjà tout deux travaillé avec le cinéaste (Elisa pour l'un, Les enfants du marais pour l'autre), mais c'est la première fois qu'ils se rencontrent devant une caméra. On s'en réjouit. A l'instar de leurs personnages, ils se complètent merveilleusement. Célèbre pour son immense carrière théâtrale, Gisèle Casadesus n'a également jamais manqué de s'illustrer au cinéma (Du Guesclin, Le Mouton enragé, La Dilettante, Palais Royal !, ...). Dans La Tête en friche, elle incarne avec justesse et douceur cette vieille dame passionnée de lecture. Face à elle, notre Gégé national joue les analphabètes sans être ridicule, bien au contraire. Aussi touchant qu'amusant, le comédien semble enfin reprendre goût à la comédie, comme l'ont démontré ses récentes prestations (L'autre Dumas, Mammuth). Il laisse alors s'échapper toute sa force et son talent pour notre plus grand plaisir. Après des années d'« absence », on s'émerveille à nouveau devant ce monstre sacré. Citons enfin Maurane, Patrick Bouchitey, François-Xavier Demaison, Claire Maurier ou bien encore Régis Laspalès dont la présence ajoute à la réussite du long métrage. Le cinéma français dans toute sa splendeur !

 

 

Gilles BOTINEAU

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Le verdict des internautes

Total des votes : 84

Les notes des internautes

  •  
    Scénario
  •  
    Réalisation
  •  
    Acteurs
  •  
    Musique

Les meilleures critiques

carrera013 01/06/2010 à 12h11
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