L'HISTOIRE : Pendant une semaine d'atelier, un professeur de collège propose à ses élèves une expérience ayant pour but de leur expliquer comment fonctionne un régime totalitaire. Commence alors un jeu de rôles aux conséquences tragiques. Au bout de quelques jours, ce qui avait débuté par des notions inoffensives telles que la discipline et l'esprit communautaire, devient alors un véritable mouvement : LA VAGUE. Le 3e jour, les étudiants commencent à exclure et persécuter ceux qui n'ont pas rallié leur cause. Quand le conflit éclate et tombe dans la violence lors d'un match de water-polo, le professeur décide de mettre fin à l'expérience. Mais il est trop tard. LA VAGUE est incontrôlable.
Pour ou contre ? On hésite...
Pour qui est familier avec le genre, le schéma narratif se révèle très classique voire mécanique (ce qui bannit toute ambiguïté morale) en divisant méthodiquement les clans (les réfractaires, les extrémistes et les résistants) et en détaillant des notions comme l’idée d’appartenir à une collectivité, le nationalisme ou le racisme ordinaire. Pour essayer de maintenir l’attention du public et éviter de paraître trop scolaire ou didactique, Gansel utilise des artifices visuels poseurs. Or, sous couvert de faire un Salo ou les 120 journées de Sodome à la sauce MTV, le cinéaste mélange la réflexion et le divertissement sans parvenir à créer une homogénéité pertinente. C’est le gros problème de ce film qui réduit au passage les élèves à de jeunes décérébrés qui ne sont pas motivés par des raisons politiques mais uniquement par goût pour la provocation gratuite. Tout est dans la frime. La Vague ressemble à un adolescent tête à claques qui pense être subversif en portant un tee-shirt du Ché. Restent les intentions toujours louables, quoique moralisatrices, de rappeler que l’on a tendance à oublier la fragilité de nos démocraties et qu’un rien peut les ébranler. C’est urgent et c’est contemporain. Oui, et après ?
Romain LE VERN
La Vague, de l'Allemand Dennis Gansel, est un de ces petits films diffusés en circuit limité qui finissent par toucher leur public malgré les embûches grâce à la force de leur sujet ou de leur mise ...