L'HISTOIRE : Eddie, Dov et Yvan ont quitté le Sentier pour Aubervilliers. Les Temps ne sont plus du tout les mêmes et la bande doit à présent « cohabiter » avec les Chinois, devenus incontournables sur le marché. De son côté, Serge conduit la société de son beau-père à la faillite tandis que Patrick est victime d'un contrôle fiscal. Pour s'en sortir, l'équipée tente donc de monter une ultime affaire, l'occasion de vivre moult aventures entre Paris et l'Extrême-Orient.
Champions du monde ? Plus vraiment...
L'impatience était de taille. Mais à l'arrivée, seule l'amertume prime. Il n'y avait pourtant aucune ombre à l'horizon. Après onze ans d'absence, les retrouvailles avec les protagonistes de La Vérité si je mens ! s'annonçaient effectivement joyeuses et le dépaysement total (voyage en Chine oblige). Alors comment expliquer une telle déconvenue ? La faute principale réside avant tout dans l'écriture. Certes, les rebondissements se dénombrent par dizaine. Hélas, loin d'offrir un scénario d'ensemble hautement original, Michel Munz et Gérard Bitton retranscrivent ici l'histoire du deuxième film ainsi que sa structure. Pièges, magouilles et vengeances se succèdent donc sans réel entrain, avant de laisser la place à une révélation finale aussi lourde qu'attendue. Parallèlement, la redondance de certains gags liés aux épisodes précédents (« Lenôtre »), quelques citations inappropriées (« Salomon n'est pas juif ») et une réalisation manquant cruellement de style (l'emploi excessif de la chanson Ti Amo sur une image ralentie pour exprimer le coup de foudre entre deux personnages en est l'exemple parfait) terminent d'accentuer ce sentiment de désenchantement.
Néanmoins, il se dégage de La Vérité si je mens ! 3 une jouissance aussi légère qu'évidente, celle de redécouvrir l'équipe au grand complet. Les différents comédiens assurent en effet à eux-seuls la totalité du spectacle, communiquant avec aisance leur plaisir de jouer une fois de plus ces irrésistibles caractères aux répliques cinglantes. On regrettera simplement la mise à l'écart de rôles anciennement clefs, tels que ceux interprétés par Elisa Tovati, Aure Atika ou même Amira Casar, aujourd'hui réduits à de banales participations. En découle un vide terrible, faiblement comblé par une série de « guests » inutiles et gratuites (Dany Brillant, Max Boublil, Cyril Hanouna, Michel Cymes, Franck Provost). En somme, avec La Vérité si je mens ! 3, Munz et Bitton pressent jusqu'à la toute dernière goutte les qualités des deux premiers volets, preuve que le tour du sujet a été fait. Voilà pourquoi nous aimerions les voir revenir à des projets plus singuliers comme ont pu l'être leur propres longs-métrages (Ah ! Si j'étais riche, Erreur de la banque en votre faveur).
Gilles BOTINEAU
La vérité si je mens ! en est déjà à son troisième volet. L'occasion de se réintéresser aux origines ainsi qu'à l'évolution de cette saga.