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La Vie devant ses yeux

La critique d'Excessif

1/5
vie_devant_ses_yeux_cinefrok L'HISTOIRE : Briar Hill, une paisible banlieue du Connecticut, fut autrefois bouleversée par un terrible drame : un étudiant perdit la raison et tua une quinzaine de ses camarades de classe...
Quinze ans plus tard, Diana semble avoir surmonté cette tragédie. Son mari Paul, qu'elle a connu au lycée, est devenu professeur de beaux-arts à l'université. Sa fille Emma n'en finit pas de grandir et semble avoir hérité du caractère marqué de sa mère. Diana a théoriquement tout pour être heureuse. Sa vie semble épanouie et seule l'ombre de la tragédie l'obsède encore.
En ce temps-là, elle était amie avec Maureen. Elles étaient ensemble lorsque le drame s'est produit, elles étaient sur place lorsque leur camarade est devenu fou. La tragédie avait fait la une des journaux. Pourtant, tout n'a pas été dit... Derrière cette affaire se cache un secret qui depuis ronge sa vie...
Adaptation sur grand écran d’un roman de Laura Kasischke narrant l’histoire d’un massacre dans un lycée américain, La vie devant ses yeux est une sorte de Donnie Darko au féminin qui ne possède cependant pas les qualités de son homologue... Beaucoup trop long et s’égarant dans un récit ambiguë dont les grosses ficelles nous apparaissent très rapidement, le nouveau film du réalisateur de House of Sand and Fog est une vraie déception. On attendait une réalisation certainement plus ambitieuse et une intrigue plus prenante pour ce film à la lisière du fantastique dont le thème principal aurait pu offrir une véritable émotion au spectateur. C’est loupé...

LA VIE DEVANT SES YEUX
Un film de Vadim Perelman
Avec Uma Thurman, Evan Rachel Wood, Brett Cullen…
Durée : 1h35
Date de sortie : le 10 septembre 2008


Briar Hill, une paisible banlieue du Connecticut, fut autrefois bouleversée par un terrible drame : un étudiant perdit la raison et tua une quinzaine de ses camarades de classe... Diana est amie avec Maureen. Elles étaient ensemble lorsque le drame s'est produit, elles étaient sur place lorsque leur camarade est devenu fou. Quinze ans plus tard, Diana semble avoir surmonté cette tragédie. Son mari Paul, qu'elle a connu au lycée, est devenu professeur de beaux-arts à l'université. Sa fille Emma n'en finit pas de grandir et semble avoir hérité du caractère marqué de sa mère.

Lorsque Elephant rencontre Donnie Darko... La vie devant ses yeux, un film à mi-chemin entre l’épure de Gus Van Sant et la complexité d’un Richard Kelly ? Mouais, non, pas vraiment. Cédant aux sirènes de la mise en scène clinquante et des raccourcis maladroits, Vadim Perelman réalise ici un mélo de mauvaise facture embourbé dans un récit roublard qui ne parvient jamais à décoller ni même à nous étonner. Sans grandes suprises, l’intrigue se déroule devant nos yeux dans une langueur monotone qui tend, dès les premières minutes, à laisser le spectateur sur le carreau. Se permettant de remettre à plusieurs reprises de nombreuses séquences du film afin d’expliciter une narration chaotique, on se retrouve au final avec un film d’1h35 qui aurait pu durer 1h10... Un comble lorsque l’on sent l’ennui pointer dès la première demi-heure. Car on aurait aimé se prendre d’affection pour ces deux jeunes filles et cette mère de famille mais le courant ne passe jamais, la faute à une mise en scène trop élaborée ne venant que parasiter un scénario déjà bien périlleux. Le film, manquant terriblement de modestie et de pudeur, s’enfonce alors peu à peu dans une démonstration illustrative de son propos sans pour autant parvenir à cerner la souffrance des êtres dépeints ici... Même le massacre des lycéens, pourtant sanglant, est ici sublimé part une somptueuse lumière et rend assez grossière cette séquence pourtant terrifiante.


On pourra alors se tourner vers la prestation des trois comédiennes, Evan Rachel Wood en tête, qui tentent tant bien que mal de se sauver de ce naufrage artistique... Si Uma Thurman semble, en roue libre, parvenir occasionnelement à nous faire ressentir une bribe d’émotion, c’est bien la jeune actrice découverte dans Thirteen et vue récemment dans Across the Universe qui se taille la part du lion. Pleine de fraîcheur et d’énergie, elle réussit par miracle à s’en sortir avec les honneurs malgré un épilogue peu avantageux et un personnage assez monolithique. Car au-delà de l’ennui qu’engendre le film, on peut également se demander pourquoi le film tente tant bien que mal à nous faire croire à cette histoire peu originale et terriblement convenue dont le twist final ne vient que confirmer nos peurs quand à la teneur du scénario. Creux du début à la fin et répétant sans cesse les mêmes clichés sur la vie, la mort, l’amour, l’amitié et l’adolescence, La vie devant ses yeux brasse du vent sans même s’en rendre compte et se termine sur une leçon de morale assez vaseuse...


Nous vous épargnerons donc la révélation finale qui n’a de surprenante que son aspect esthétique terriblement vulgaire et qui vient définitivement enfoncer le clou dans ce drame humain foncièrement décevant. On ne retiendra pas grand chose de ce film au sujet pourtant évocateur qui, à force de se regarder, en oublie de considérer son spectateur. Bref, un mélo dénaturé et soporifique qui parvient à nous tenir en éveil grâce à la prestation d’Evan Rachel Wood. Ouf...

Kevin Dutot

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