Présenté dans les «PEPITES DE L’ETRANGE»,
Le cabinet du docteur Ramirez de Peter Sellars, est un film rare et mystérieux avec Mikhail Barichnikov, Joan Cusack, Peter Gallagher, Ron Vawter.
Le cabinet du docteur Ramirez se présente comme un remake de
Le cabinet du docteur Caligari (Robert Wiene, 1922) dans lequel un prophète méphitique prédisait un destin funeste à un étudiant. Connu pour ses opéras lyriques, Peter Sellars raconte exactement la même histoire – en conservant la conclusion inattendue – pour la transposer en période de crise, à New York, au début des années 90 et tire de cette actualisation une parabole sociale confrontant des cadres de Wall Street et des clochards.
Le cabinet du docteur Ramirez diagnostique une maladie des images et propose un cinéma focalisé sur le décryptage de son propre langage dont la mise en scène serait à la fois l’enjeu principal et le sujet premier. Chaque événement est hypertrophié par la symphonie Harmonielehre de John Adams dans la première partie et des chants tibétains inquiétants dans la seconde, encore plus abstraite. Les acteurs, qui ont également participé à l’écriture du scénario, se positionnent dans le cadre et se déplacent comme à l’époque du muet. Ils interprètent des personnages étouffés par la pression du monde du travail qui se perdent dans les limbes de la Big Apple et se transforment imperceptiblement en ceux qu’ils ne voulaient pas devenir. Cette réflexion sur les apparences contient des fulgurances troublantes que l’on garde comme les traces d’un songe éteint. Mais le traitement grandiloquent et esthétisant peut aussi assommer, même ceux qui d'ordinaire n'ont rien contre les expériences arty.