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Le Chien

La critique d'Excessif

1/5
le_chien L'HISTOIRE : Kévin est un jeune homme singulier au comportement parfois dangereux. Il vit avec Jean-Claude dans une ferme isolée au milieu d'une nature resplendissante. Les deux hommes cohabitent dans un mutisme déroutant. Quand Michèle rencontre Jean-Claude, elle voit en lui un amant de passage. Mais quand Kévin apparaît, Michèle y voit la chance de donner un sens à sa propre vie ...
Le récit est alourdi par une réalisation traînante alourdissant désespérément chaque plan.

Si Christian Monnier cherche à poser les bases de son drame dans une ambiance particulière, il met tous les arguments de son côté pour établir une bulle à l’écart du monde afin que ses personnages puissent prendre la liberté nécessaire à leurs psychoses respectives. Kevin est le moteur de la trame. Joué par le jeune et épatant Florian Frin, il nous peint le visage d’un adolescent perturbé et littéralement perdu dans un monde qui le rejette. A côté de sa prestation les autres rôles ne sont qu’éphémères et lisses et peinent à réamorcer l’histoire quand cela s’avère être nécessaire.

 

 

 

Dès les premières images, le cadre est posé : campagne profonde, village peu peuplé, une ferme où deux hommes vivent presque sans se parler, la toile est empreinte de lourdeur et de douleur latente. Christian Monier offre avec Le Chien, le premier rôle à Florian Frin dans lequel il brille de réussite et de crédibilité avec le personnage de Kevin, jeune candide dérangé, agissant de manière très étrange, profondément enfoui dans le mutisme pour lequel Jean-Claude, son beau-père, joué par Jean-Marc Le Bars, semble ne pas se soucier le moins du monde. Arrive dans cet équilibre précaire mais stable, Michèle, interprétée par Marie Le Cam, une jeune aide à domicile rencontrée par hasard par Jean-Claude en discothèque. Alors que ce dernier cache un secret douloureux et répond à toutes les questions par des sauts d’humeur, Michèle s’attache à Kevin et se met en tête de l’aider.

Christian Monnier veut trop bien faire, le film ressentant les plombs d’une réalisation traînante qui essaye désespérément d’alourdir chaque plan, nous affublant d’ellipses souvent inutiles, et qui de surcroît ralentissent l’histoire avec des personnages secondaires à la limite de la caricature, peu crédibles ou inutiles. Le trio de tête s’en voit allégé de puissance et de force psychologique quand l’histoire dévie sur le commun de Michèle et de Jean-Claude qui cherchent à entrer ou à fuir la réalité des problèmes de Kevin. Christian Monnier n’arrive pas à nous faire rentrer dans son sujet pourtant si profond et si dramatique qui aurait nécessité d’avantage de pénétration à l’image de ce plan séquence entre Michèle et Kevin discutant sur un banc à l’extérieur de la maison et évoquant les maux du jeune homme. S’estompe alors le « caractère vrai » de cette scène quand chaque personnage retrouve son naturel et son jeu imprécis.

 

Le Chien est construit de façon à ce que nous nous demandions dès le début : « Mais que c’est-t-il passé ? Pourquoi est-il comme ça ?» Le puzzle se reconstruit au fur et à mesure des témoignages recueillis par Michèle. Mais quand vient le moment de mettre la dernière pièce en place, la rapidité de la conclusion, si différente du reste du film, surprend. En définitive, même si l’histoire est bonne, emplie de forces destructrices et d’émotions refoulées, l’incandescence voulue par Monnier ne prend que très rarement et souvent là où on ne l’aurait pas attendue. Le film peine à décoller et survole au final un sujet qui aurait mérité plus d’éléments concrets que de fantaisies. On en retiendra malgré tout la magnifique première performance de Florian Frin pour un long-métrage dans un rôle franchement pas évident.

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Les notes des internautes

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