Il y a un an déjà, Disney dévoilait les premières images de ce film au potentiel délirant. On se trouvait alors face à des centaines de Chihuahuas, dansant et chantant sur une musique du même nom, au beau milieu de ruines Aztèques. Séduction immédiate pour cette chorégraphie désormais mythique ! D'autant que le projet n'était pas avare en promesses : Raja Gosnell derrière la caméra, Jamie Lee Curtis et la charmante Piper Perabo devant, le tout agrémenté de voix off assez classieuses, comme celle d'Andy Garcia mais aussi de Drew Barrymore (et le Jamel Comedy Club in french).
2009 semble d'ailleurs être l'année de nos fidèles amis à quatre pattes, puisque
Le Chihuahua de Beverly Hills sortira le
25 Mars prochain sur nos écrans, quelques semaines seulement après
Volt, star malgré lui,
Palace pour chiens, et plus récemment encore,
Marley et moi. Sur le point d'atteindre la barre symbolique des 100 millions de dollars au box-office Outre-Atlantique, ce nouveau long-métrage est-il finalement à la hauteur de nos espérances ?
« Chihuahua par ci, Chihuahua par là, tout le monde le veut partout, chante le fort, et la vie peut être tellement facile ! ».

Que pouvait-on attendre d'un film signé Raja Gosnell, réalisateur des deux premiers Scooby Doo au cinéma ? Une variante sur tous les pets et les rots envisageables, au sein d'une mise en scène édulcorée et tape-à-l'oeil ? A notre grande surprise, le cinéaste semble plutôt s'être assagi et nous raconte une histoire certes d'une grande simplicité, mais avec aussi beaucoup de tendresse et de charme. Que l'on aime ou pas les chihuahuas, on s'attache très vite à ces petites bêtes, et ce, dès les premières images. Ils sont alors mis en scène sous toutes les coutures, affublés de costumes divers qui leur vont à ravir, de petites pantoufles et de lunettes de soleil adaptées à leur propre vue. L'effet n'est pas nouveau mais il se montre toujours aussi efficace, et on ne peut donc que craquer face à ces « caricatures » d'un monde bon chic bon genre. Comme tout chien qui se respecte, ils possèdent un certain charisme, leur regard et leur bouche pouvant exprimer une multitude de sentiments. Bien sûr, quelques trucages et autres retouches numériques apparaissent rapidement à l'oeil nu, mais on se laisse tout de même séduire par ces personnages hors-du-commun. Ils jouent la comédie avec une grande aisance et on imagine sans la moindre difficulté le travail titanesque rencontré par les dresseurs lors du tournage. Les animaux courent, sautent, et tombent dans tous les sens, donnant au film un rythme endiablé. Ils arrivent même à éclipser les performances de leurs partenaires humains, y compris celle de Jamie Lee Curtis, qui se révèle bien pâle par rapport à d'autres de ses rôles dont le mythe demeure encore.

Le Chihuahua de Beverly Hills n'atteint pourtant jamais la « perfection » et s'avère finalement être une production Disney fidèle à la réputation du studio. Le délire tant attendu n'est pas au rendez-vous et on se contente alors d'une comédie « politiquement correcte », qui n'a pas à rougir de ses prédécesseurs, sans pour autant renouveler le genre. On regrette ainsi un manque d'inspiration de la part des auteurs et du réalisateur quant à la façon de faire exprimer les différents animaux. En plan rapproché, ils parlent comme tout un chacun, en anglais ou en français selon la version, et dès que l'on passe à un point de vue humain, ils retrouvent (comme par hasard) leur cri d'origine. Un procédé mainte fois exploité auquel on ne succombe plus vraiment. Sans référence, la jeune génération devrait cependant y trouver son compte.

De la même façon, les péripéties se succèdent sans grande surprise, pour tous ceux qui seraient déjà fans de L'incroyable voyage, des Aventures de Chatran ou bien encore du petit Benji. Fort heureusement, elles s'enchaînent avec frénésie et on a donc peu de temps pour réfléchir. Par ailleurs, les surprises ne manquent pas. L'histoire s'enrichit de séquences en séquences, grâce à l'arrivée de personnages hilarants ou terrifiants, l'une des spécialités de la firme aux grandes oreilles. On retient ainsi le duo très sympathique formé d'un rat et d'un iguane, des vagabonds inoffensifs, néanmoins soucieux de leur condition et qui aimeraient bien s'en sortir. Leur drôlerie apporte au récit une bouffée de fraîcheur très appréciable et on se délecte de chacune de leurs apparitions, notamment celle où ils sont poursuivis à coups de balai au sein d'un supermarché. Enfin, on attribue une mention spéciale au Dobermann, qui tient avec beaucoup de brio son rôle de méchant, particulièrement menaçant. Même si un tel choix au niveau de la race semble un peu cliché, l'efficacité est belle et bien présente.

« Oooh Chihuahua... ». Ce tube devrait très vite résonner à nouveau dans les cours de récréation, tant ce film distrait. On en ressort le sourire aux lèvres, de très bonne humeur, ravi d'avoir assisté à un divertissement certes classique mais extrêmement jouissif. En tous les cas, vous ne vous étonnerez plus si dès à présent vos enfants vous réclament un petit... chihuahuaaaaa !