L'HISTOIRE : Un dîner, c'est la dictature de l'apparence : on se fait beau, on rit, on raconte, on frime, on partage souvenirs et projets. Les angoisses sont cachées sous l'humour et les chagrins étouffés par les éclats de rire. Et pour quelques heures on y croit ! C'est ça le principal.Le vernis social est singulièrement agressé avec jubilation et délectation.

Quatrième réalisation de la cinéaste-scénariste Danièle Thompson après La bûche (1999), Décalage horaire (2002) et Fauteuils d’orchestre (2005), Le code a changé poursuit le fil rouge de la comédie douce-amère entamé près de dix ans plus tôt. Le repas de famille laisse place au repas d’amis, tout aussi porteur de situations alambiquées et délicates mais aussi joyeuses et imprévisibles. Entre ceux que l’on invite et qui ne viennent pas et ceux que l’on omet délibérément et qui s’imposent quand même, la mise à table relève du numéro de jongleur ou tout du moins, parfois, du numéro de cirque. Un cirque que les conventions sociales nous imposent de considérer avec sérieux, soit la jeune avocate aux dents longues qui désire bien se faire voir aux yeux du futur collaborateur, soit encore l’épouse plus dévouée à son Dieu et à son amant de jockey qu’à son mari, le docteur qui n’en peut plus de compter les morts dans les rangs de sa section cancérologie d’un grand hôpital parisien, soit encore le cuisiniste débordant de passion ardente pour la maîtresse de maison qui n’a pas refusé une visite particulière plus approfondie de la nouvelle pièce à vivre. 
Le film joue sur les paradoxes et les retournements de situation que la vie nous impose, tout cela bien savamment saupoudré de vernis social qui nous permet, à tous, de ne pas prendre la vérité des choses trop brusquement au visage. Sur les éléments classiques de la comédie de mœurs, l’un trompe l’une qui en aime un autre, Danièle Thompson construit ses personnages avec complexité et nuances, le spectateur détestant certains personnages avant de découvrir sous les carapaces des blessures profondes ou une humanité volontairement dissimulée. Débordant du huis-clos que le sujet laissait supposer, la narration au contraire se permet des allers et venues dans le temps qui mettent en perspectives les comportements et les jugements de chacun. Sans brusquerie ni caricature, chaque personnage a la chance d’évoluer, dans sa représentation sociale comme dans ses secrets et le casting impeccable du film ne fait que le démontrer. Dany Boon en gastronome d’origine polonaise, Christopher Thompson en avocat teigneux et insupportable, Marina Foïs en gynéco dévergondée, ou encore Pierre Arditi en sexagénaire dépité par la nouvelle génération, les travers de chacun amusent et pimentent le plat que le film nous concocte. Ce plat a bon goût et on en mangerait bien plus souvent à la carte (illimitée bien sûr…)
David A.
Le cinéma français est à la fête en ce mercredi de sorties ciné, puisque les meilleurs démarrages au box office parisien sont réalisés par Le code a changé, qui rassemble 3716 spectateurs pour 23 ...