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Le Héros de la famille

La critique d'Excessif

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herosdelafamillecine L'HISTOIRE : Lorsque Gabriel, le patron charismatique et adulé du cabaret le Perroquet Bleu, meurt, ses héritiers se retrouvent, se disputent, se pardonnent. Chacun y voit l'occasion de révéler sa vérité, son secret ou ses doutes.
Après le concluant Une Vie à t’attendre, le second long-métrage de Thierry Klifa bénéficie d’une distribution quatre étoiles, au sein de laquelle Géraldine Pailhas et Michael Cohen font déjà figure d’acteurs fétiches. Une fidélité également entretenue dans l’écriture puisque le metteur en scène fait de nouveau appel à la plume de Christopher Thompson. Le Héros de la famille possédait donc d’emblée ce critère familial, sujet principal du film. La famille et tout ce que cela comporte de conflits, de secrets, mais aussi de tendresse et de solidarité.

LE HEROS DE LA FAMILLE
Un film de Thierry Klifa
Avec Gérard Lanvin, Catherine Deneuve, Emmanuelle Béart, Géraldine Pailhas, Miou Miou, Claude Brasseur, Michael Cohen, Valérie Lemercier
Durée : 1h40
Date de sortie : 20 décembre 2006



Lorsque Gabriel, le patron charismatique et adulé du cabaret le Perroquet Bleu, meurt, ses héritiers se retrouvent, se disputent, se pardonnent. Chacun y voit l’occasion de révéler sa vérité, son secret ou ses doutes.

Film choral où glamour du monde de la nuit et complexité des rapports familiaux s’entremêlent ave aisance, Le Héros de la famille s’apprécie d’abord comme une déclaration d’amour au métier d’acteur. Thierry Klifa aime ses acteurs et cela se ressent de l’écriture des personnages jusqu’aux choix de mise en scène (Emmanuel Béart et Géraldine Pailhas lovées dans la lumière tamisée des projecteurs, Gérard Lanvin et Catherine Deneuve s’embrassant devant un coucher de soleil…). Le réalisateur pousse ses interprètes à prendre des risques tout en évitant de les mettre gratuitement en difficulté. Claude Brasseur peut ainsi apparaître de manière assez surréaliste déguisé en femme sans être ridicule une seconde, bien au contraire. Géraldine Pailhas pousse la chansonnette avec une sensualité égale à celle d’Emmanuel Béart, et Catherine Deneuve campe un rôle d’ancienne beauté fatale avec une pointe d’autodérision rafraîchissante.



Mais pour que cette affection pour les acteurs prenne tout sons sens, il fallait en toile de fond une histoire qui permette aux personnages d’évoluer tantôt avec sensualité, tantôt dans le registre de la comédie. Une mission accomplie grâce à la localisation de l’intrigue dans l’univers du cabaret, propice aux histoires les plus insolites, aux secrets enfouis dans l’épaisseur de la nuit, à la fantaisie et à la séduction. Le Perroquet Bleu devient un réservoir inépuisable de relations amoureuses inavouées, de maladie cachée, de rivalités exacerbées, mais aussi d’instants magiques où le spectacle et l’émotion sont présents chaque soir.


Les thèmes de prédilection de Christopher Thompson y trouvent évidemment leur place avec facilité. Les rapports parents/enfants, le questionnement sur ses origines, la description du monde du spectacle, Thierry Klifa savait la matière que son ami scénariste pouvait apporter. C’est sans doute ce qu’il désirait. Au milieu de ces thèmes attendus, le risque était d’étouffer les personnages. Un écueil que le duo Klifa/Thompson évite en inculquant à chaque protagoniste des traits de caractère extrêmement marqués. Chaque personnage possède ainsi des travers fortement accentués, tout en ayant un pouvoir de séduction tel qu’il suscite une réelle sympathie. Surtout, ces personnalités bien trempées portent l’histoire et non l’inverse.



Bien sûr, comme pour tout film choral finalement, une légère frustration peut ternir ce beau tableau. Tous ces personnages sont porteurs d’une histoire personnelle qui mériterait presque pour chacun un film entier. Or, Thierry Klifa ne peut qu’entrouvrir le roman de la vie de chaque personnage, laissant poindre une quantité innombrable de péripéties à conter mais ne faisant que les effleurer tout au plus. D’où quelques regrets.



Le Héros de la famille transmet en permanence à l’écran le glamour des paillettes et la réflexion sur ce qu’est, ou ce que devrait être une famille. Si la prise de conscience provient d’un drame, le film insuffle pourtant tout du long une touche d’espoir qui communique un bel optimisme.

Laurent Tity

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