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Le jour où la Terre s'arrêta

La critique d'Excessif

1/5
jour_ou_terre_vign23 L'HISTOIRE : Une soucoupe volante atterrit sur Terre. Alors qu'on les croyait hostiles, les extraterrestres sont en fait porteurs d'un message de paix pour l'humanité.
L'interprète de Neo dans la trilogie Matrix revient donc à l'univers de la science-fiction dans le rôle de Klaatu, un extraterrestre d'apparence humaine débarquant sur Terre accompagné d'un robot indestructible. Ces derniers, d'abord craints par la population, sont en fait venus pour délivrer un message de paix et expliquer aux dirigeants de la planête que les combats incessants mèneront à la disparition totale de l'espèce humaine.
Début du tournage dans quelques semaines... En attendant, vous pouvez toujours (re)découvrir l'oeuvre originale de Robert Wise réalisée en 1951 et qui utilisait les dernières avancées technologiques de l'époque. Keanu Reeves fera suite à Michael Rennie dans le rôle de Klaatu. Le film est à l'origine une oeuvre littéraire, Farewell to the Master, de l'auteur américain Harry Bates et parue en 1940. La (très) libre adaptation de Robert Wise était assez éloignée du support original ...
Il y manque l’âme, il y manque l’essentiel.

Sous l’égide de la Fox, le réalisateur Scott Derrickson (L’exorcisme d’Emily Rose) et le scénariste David Scarpa ont eu envie d’adapter la nouvelle de Harry Bates, déjà exploitée par Edmund H. North et illustrée par Robert Wise en 1951. Le sujet s’avère très contemporain (le péril écologique à la place du danger atomique). Mais est-ce que le film est à la hauteur de son sujet?

 

«Klaatu barada nikto»
Klaatu (Keanu Reeves), un extraterrestre d'apparence humaine, débarque sur Terre, avec un avertissement et un ultimatum. Tandis que les gouvernements et les scientifiques tentent de percer son mystère, une femme docteur (Jennifer Connelly) parvient à nouer un contact avec lui et à comprendre le sens de sa mission...

 

«Robots surpuissants, soucoupe volante futuriste, choc des cultures. C’était mieux il y a cinquante ans»
Au début des années 50, Robert Wise utilisait la science-fiction pour créer une allégorie politique sur les tensions pendant la Guerre Froide. Il exploitait la fascination du public pour les effets spéciaux et la psychose d’une mainmise de l’autre, avec une efficacité indémodable. Le film de genre servait alors d’exutoire aux angoisses provoquées par l’insécurité du monde. Dans la nouvelle version, réalisée près de cinquante ans plus tard, Keanu Reeves reprend le rôle de Michael Rennie. Celui de KLAATU, extra-terrestre messianique qui délivre un message si important qu’il ne peut être délivré qu’universellement. Par respect pour l’œuvre originale et pour ne pas froisser les puristes, Scott Derrickson a conservé les éléments fondamentaux (Gort, inévitable mais presque absent), en actualisant cette thématique dans un univers apocalyptique de fin du monde.

Le pari consistait à réunir une forme percutante (les effets spéciaux, la pyrotechnie) et un fond urgent (le discours derrière les images). A l’arrivée, les méthodes sont presque similaires à celles de M. Night Shyamalan pour Phénomènes : une toile de fond écologique et une humanité résumée à un groupe d’individus tourmentés (en l’occurrence, une famille disloquée). A la différence que pendant près de deux heures, on a l’impression de voir Roland Emmerich qui fait du Shyamalan. Dans L’exorcisme d’Emily Rose, son précédent film, Scott Derrickson démontrait qu’il était plus habile dans les scènes intimistes que dans celles réclamant des effets spectaculaires. Dans Le jour où la terre s’arrêta, les défauts sont amplifiés par une technicité obsolète qui ne possède aucun charme. Le vrai problème, c’est qu’il n’y a rien à sauver, malgré des clins d'oeil et des guest stars (John Cleese). Pas d'imprévu, même pas d'excitation. Pour commencer, on baigne dans une esthétique indécise, vaguement kitsch, dans laquelle le cinéaste ne semble pas trouver ses repères. A défaut d’une tension paranoïaque, le rythme est extrêmement lent, comme si le film se vidait au fur et à mesure de ses enjeux et de sa substance. Ce ne serait pas un problème si l’intrigue ne manquait pas à ce point de complexité, en préférant la mièvrerie à la noirceur.


 

Les personnages sont réduits à des archétypes désuets que les acteurs n’ont pas la possibilité de défendre. Le comble, c’est que même Jennifer Connelly, plaisir coupable dont la présence assure régulièrement un gage de qualité, ne peut rien faire. L’interprétation – calamiteuse – du jeune Jaden Smith, fils de Will, ne facilite pas la tâche. Il reste l’énigme de Keanu Reeves, impassible et aérien, en plein sommeil paradoxal, en décalage avec tout (le décor, l’histoire, le monde, le film), qui demeure l’une des seules raisons pour laquelle on reste dans la salle. A travers le rôle de Kathy Bates, il y avait la possibilité de rendre discutables voire de critiquer les méthodes utilisées par l’administration US en période sinistrée mais Derrickson n’en fait strictement rien et tire à la ligne. Là où le film de Robert Wise – qui n’était pas exempt de défauts – plaidait pour la modestie du bon artisan et prenait le pouls d’une époque en tirant le divertissement vers le haut et en ayant de l’ambition pour le spectateur, cette relecture presque manufacturée ne comprend que le langage des images de synthèse. Il y manque l’âme, il y manque l’essentiel.



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Le verdict des internautes

Total des votes : 6

Les notes des internautes

  •  
    Scénario
  •  
    Réalisation
  •  
    Acteurs
  •  
    Musique

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