Andrew Wyke (Michael Caine), un écrivain de romans policiers à succès, invite chez lui Milo Tindle (Jude Law), un jeune acteur au chômage. Celui-ci est l'amant de sa femme et pense convaincre le romancier de divorcer. Une relation ambiguë s'installe entre les deux hommes losque le vieil écrivain persuade le jeune homme à participer à une escroquerie à l'assurance en simulant un cambriolage de bijoux. Le face à face ne tardera pas à éclater...
LE LIMIERUn film de Kenneth Branagh
Avec Michael Caine et Jude Law
Durée: 1h26
Sortie le 13 février 2008
Nouvelle adaptation de la pièce d'Anthony Shaffer "Le limier" unanimement saluée en 1971 et adaptée une première fois au cinéma l'année suivante par Joseph L. Mankiewicz, la version de Kenneth Branagh réunit l'acteur-producteur Jude Law et l'acteur septuagénaire Michael Caine, véritable icône du cinéma britannique. Celui-ci jouait par ailleurs le rôle de l'amant dans la première version cinématographique de 1972 face à Laurence Olivier. Réécrit par les soins du dramaturge Harold Pinter, l'histoire originale conserve ici son suspense et son intensité narrative tout en s'imprégnant de la sensibilité et de l'humour noir du scénariste.


Véritable film machiavélique aux dialogues vifs et grinçants, l'austérité de l'intrigue et l'extrême économie des moyens de mise en scène font de la performance des deux comédiens le clou du film. L'affrontement psychologique des deux personnages tourne à l'affrontement des générations: si Milo Tindle a pour lui la jeunesse, le charme et la confiance en soi, le vieil écrivain a pour lui l'expérience, le sang-froid et une certaine classe dans sa façon de se comporter et de s'exprimer. L'interprétation de Jude Law est par moments un peu trop forcée, un peu trop soulignée par une gestuelle et des grimaces envahissantes alors que l'interprétation de Michael Caine est d'une épure remarquable. Parfaitement juste de bout en bout, il donne sans effort à son personnage toute la crédibilité exigé par le rôle, ses silences et son immobilisme témoignant de sa grande maîtrise actorale.


La très riche idée de cette nouvelle adaptation est la mise en avant d'un troisième personnage, celui de la maison. Décor quasi unique du film, Kenneth Branagh par ses choix de cadrage et d'éclairage transforme ce lieu à la composition complexe en véritable témoin du conflit psychologique qui s'y trame. Murs coulissants, lumières changeantes et clignotantes, système de surveillance omniprésent, tout un dispositif domotique directement commandé par une télécommande jalousement conservée dans les mains de l'écrivain quelque peu paranoïaque. Sujet de maîtrise de l'espace, cette télécommande est la véritable métaphore du film qui pose la question de la charge du pouvoir, charge convoitée alternativement par les deux protagonistes.