L'HISTOIRE : Gilbert Chapelle est banquier. Il mène une vie extrêmement banale, presque ennuyeuse. Mais un jour, il devient plus ou moins responsable d'un crime. Embarqué par deux policiers, ceux-ci lui proposent un deal : plutôt que d'aller en prison, Gilbert remplacera pendant quelques heures seulement son frère jumeau, Ace, dont il ignorait jusqu'ici l'existence. Sa mission consiste alors à endosser le costume d'un mac sans scrupule, bien loin de ses idéaux, et de compromettre les magouilles de son boss...
Le Mac se démarque par une folie rarement égalée ces derniers années
Le grand retour de José Garcia et de son complice Gilbert Melki
Bernie Bonvoisin (Les Démons de Jésus), Thomas Gilou (La Vérité si je mens !), Alain Berbérian (Le Boulet) et Fabien Onteniente (Jet Set) ont tous su cerner l'extraordinaire personnalité de José Garcia, dans des films certes plus ou moins réussis, mais proposant des rôles généralement hors norme. Le plus dur aujourd'hui consistait donc à renouveler son personnage d'excentrique à l'humour communicatif, hélas parfois lassant. Cétait sans compter la détermination de Thomas Langmann (qui tenait absolument à la présence de José Garcia dans ce nouveau long) et la fraîcheur du « jeune » metteur en scène Pascal Bourdiaux. Avec la complicité d'autres scénaristes, ils ont en effet réussi à concocter pour leur comédien principal un double rôle aux caractéristiques extrêmes, permettant à Garcia de s'amuser véritablement comme rarement il eut l'occasion depuis le début de sa carrière. D'un côté, il incarne donc le terrible Ace, un mac hautement détestable, de l'autre, Gilbert, un banquier timide et solitaire. Aidé par une série de situations extravagantes (le quiproquo à l'intérieur du restaurant japonais, la danse de Garcia dans une boite de nuit, l'assassinat de son chien, etc...) et des dialogues ciselés (« T'as vu comment je l'ai calmé celui-là ? Allez hop, plié, position magasin ! »), l'acteur se lâche littéralement, sans crainte du ridicule ni temps mort. De la même façon, Gilbert Melki exécute un come-back humoristique avec un réel succès. A cette occasion, il réitère l'humour froid qui fit le charme de Patrick Abitbol dans La Vérité si je mens !. Par ailleurs, il reforme ici en compagnie de Garcia un duo d'une incroyable efficacité et dont la complicité se ressent à chaque plan. Un vrai bonheur.
Un scénario classique, nénamoins sauvé par un rythme et une folie redoutables
Les premières minutes du métrage inquiètent. Le postulat de base apparaît extrêmement conventionnel et surtout presque improbable (une ressemblance quasi parfaite entre les deux frères, la facilité avec laquelle Gilbert se fond dans l'existence d'Ace...). En outre, les scénaristes ont fait le choix d'accumuler les ellipses dès l'introduction. Ainsi, on ne comprend pas comment les deux policiers réussissent à mettre la main sur Gilbert, ni même comment ils apprennent son existence. On est donc préalablement agacé par tant d'informations manquantes, avant d'en saisir la raison. L'objectif des auteurs consiste effectivement à nous amener le plus rapidement possible au sujet principal ainsi qu'à l'action pure et dure. Car de cela, Le Mac n'en manque pas, aussi bien dans la mise en scène (un montage à l'américaine, au rythme effréné) que dans l'écriture (de nombreux règlements de compte). Ceci étant, la grande force du film repose essentiellement sur son humour débordant.
Quelques situations ne sont d'ailleurs pas sans rappeler certaines présentes dans La vérité si je mens ! 2 (l'obtention difficile d'une signature pour un contrat bidon). Néanmoins, bien plus que de sentir le simple réchauffé, Le Mac se démarque par une folie rarement égalée ces derniers années dans les comédies françaises, généralement beaucoup trop sages à notre goût. Preuve à l'appui, cette séquence d'ouverture où l'on découvre Ace, personnage totalement dominant, capable de mettre un coup de boule à son chien, un rottweiler particulièrement récalcitrant. Du jamais vu ! Pour notre plus grand bonheur, la suite du métrage se révèle du même accabit, notamment dans les rapports entre les deux sbires du véritable Mac et Gilbert, son remplaçant. Dommage que l'oeuvre se termine par un final sans aucune surprise. On était en effet proche de la perfection.
Gilles Botineau
A l'occasion de la sortie en salles du premier film mis en scène par Pascal Bourdiaux, Le Mac, retour sur le parcours d'un Espagnol survolté.