Inattendu... Ce second opus des chroniques de Narnia adapté du roman de C.S Lewis est une surprise de taille. Nous ne venons pas de découvrir le chef d’oeuvre de l’année, loin de là, mais il faut avouer que ce
Prince Caspian dépasse toutes nos espérances et s’impose comme un excellent film de guerre au souffle épique insoupçonné. Alors que nous avions pu entrevoir dans le premier épisode une brise homérique dans ses derniers instants, ce second long-métrage pousse l’héroïsme à son paroxysme et regroupe tous les éléments d’un excellent récit de bataille. Atteignant des climax d’une belle puissance,
Narnia 2 épate malgré ses quelques faiblesses scénaristiques et des effets poussifs de mise en scène. C’est réellement du bon et beau divertissement !
LE MONDE DE NARNIA 2 – LE PRINCE CASPIANUn film d’Andrew Adamson
Avec Sergio Castellitto, Ben Barnes, Anna Popplewell, Shane Rangi
Durée : 2h23
Date de sortie : 25 Juin 2008Les quatre enfants ont été rappelés à Narnia par le Prince Caspian, le jeune héritier du trône des Telmarins. Sa vie est en danger : son oncle Miraz cherche à l'éliminer afin que son propre fils nouveau-né puisse monter sur le trône à sa place. Avec l'aide du gentil Nain rouge, d'une courageuse souris parlante nommée Ripitchip, et du Nain noir aigri et revêche Nikabrik, les Narniens, menés par les puissants rois Peter et Caspian, s'engagent dans une formidable quête à la recherche d'Aslan, afin de sauver Narnia de la tyrannie de Miraz et de rendre sa gloire et sa magie au royaume....Nous avions laissé nos quatres adolescents prépubères sur le bord de l’armoir il y a quelques 1300 ans et les voici de retour, plus pimpants et rémontés que jamais avec la folle envie de tout dégommer. Car disons-le immédiatement,
Narnia 2 est un vrai massacre, une épopée guerrière au sens le plus noble et aux accents de guerre de Troie qui aura bien lieu. Démarrant son film sur une introduction plus sombre tu meurs, Andrew Adamson annonce rapidement la couleur... Il s’agira bien d’un conte dont la noirceur n’aura d’égale que sa violence. Ne prenant plus réellement le jeune public pour cible et considérant que tout ce petit monde biberonné au seigneur des anneaux en a vu d’autres sur grand écran, Disney met les bouchées doubles et nous sert une oeuvre plus complexe qu’à première vue et terriblement crispante.
Si l’on doit cependant rapprocher ce
Prince Caspian aux
Deux Tours de Peter Jackson par ses choix visuels et son souffle guerrier, les ambitions restent plus modestes. Le spectacle demeure néanmoins de taille et souvent de très belle facture. Ainsi, choisissant d’allier dans son film des techniques anciennes d’effets spéciaux aux nouvelles technologies, Adamson concocte un ensemble très Henson-Oz et se rapproche d’un
Dark Crystal dans ses thématiques et sa construction. Prenant néanmoins un temps fou à installer son intrigue lors de la nouvelle intrusion des enfants dans le Monde de Narnia, le film démarre réellement au bout de 35 minutes lorsque la rencontre avec le Prince a lieu. A partir de ce moment-là, chacun se fait stratège et les ennuis commencent. Evitant de sombrer dans une morale chrétienne décriée dans le premier épisode, ce deuxième tome se concentre bien plus sur le coeur de l’action et sa portée cinématographique. Si l’on peut lire en filigrane quelques messages intelligents sur les bienfaits de l’éducation et le refus des traditions, on peut également apprécier la tolérance prônée tout au long du métrage qui, ne se voulant pas pacifiste, implique néanmoins une véritable ouverture d’esprit. Une jolie leçon pour les plus jeunes. Les autres se délecteront plus certainement de deux époustouflantes scènes de bataille (nocturne et diurne) et d’une attaque de château-fort originale et percutante ! Missions périlleuses et prisonniers de guerre, sacrifices humains, têtes tranchées et véritables instants de révolte, nous sommes face à un véritable film de guerre, jouissif et saisissant.

Si le film souffre également de sérieux coups de freins à ses débuts et autant de ralentis visuels parfois jolis mais souvent irritants, difficile néanmoins de ne pas prendre un plaisir de gosse devant ce film dans la droite lignée du
Seigneur des anneaux. Digne de n’importe quel récit d’héroïc fantasy et laissant de côté les considérations religieuses lourdingues,
Le Prince Caspian remplit son contrat et se déguste avec cet arrière goût étonnant de sang et de terre. Car l’adolescence se quitte souvent dans les conditions les plus terribles et les plus traumatisantes, ce qui pourrait être le cas de l’expérience
Narnia 2 pour les plus petits auxquels nous déconseillons fortement ce long combat de 2h23. Sinon, à consommer sans modération...
Kevin Dutot