La critique d'Excessif

3/5
Affiche du film Le monde (presque) perdu L'HISTOIRE : Au cours d'une expérience jugée impossible -voire complètement stupide- par ses pairs, l'ancienne gloire de la paléontologie Rick Marshall est subitement aspiré dans une sorte de faille spatio-temporelle et se retrouve alors dans un monde étrange, proche de notre préhistoire si ce n'est que traînent ici ou là des monuments de divers époques. Sans arme ni talent particulier pour la survie en territoire inconnu et hostile, mais surtout hostile, il ne pourra alors compter que sur son assistante Holly, Will le guide abruti et macho et une primate répondant au nom de Chaka pour se sortir de cet univers peuplé de dinosaures voraces, d'hommes-singes et autres reptiles bavards... Les vortex spatio-temporels, ça craint !
Un film savamment orchestré, hélas, sans grandes émotions.
En transposant la série fantastique des années soixante-dix Un monde (presque) perdu, Brad Silberling réactualise un univers ouvertement old school revu et corrigé avec des techniques d'effets spéciaux actuels. Un mariage surprenant qui fait bon ménage et nous offre l'un de ses films les plus maîtrisés. En même temps, les mauvaises langues diront que ce n'est pas bien difficile avec la filmographie du bonhomme. Entre un remake insipide de La Cité des Anges qui dénature totalement l'œuvre originale de Win Wenders et un funeste et laborieux Les Désastreuses aventures des orphelins Baudelaire, Brad Silberling semblait n'être qu'un Yes Man sans envergure, ne faisant que remplir le cahier des charges des productions qui sollicitaient ses services. Cependant, ce raccourci ne saurait tenir compte de Casper, l'œuvre la plus aboutie à ce jour avant l'étonnant Un monde (presque) perdu dans lequel il s'essaie à la comédie d'aventure avec plus ou moins de succès. À défaut d'être hilare devant ses situations rocambolesques, le film nous offre une aventure délirante où l'humour régressif côtoie une mise en abime d'un cinéma de genre fantastique de la période classique hollywoodienne. Le tout est mené tambour bâtant par un Will Ferrell en grande forme plongé dans un univers parallèle des premiers temps, peuplé d'hommes-singes, d'insectes démesurés, d'hommes-lézards et de dinosaures.


Avec Un monde (presque) perdu, le spectateur voyage dans un univers extraordinaire qui fait directement référence à tout un pan du cinéma fantastique américain s'étendant des années 1950 jusqu'aux années 1970. On retrouve ainsi un peuple d'hommes-lézards, les Sleestaks empruntant autant à l'Etrange créature du lac noir dans son character design qu'à l’imagerie que se fait le cinéma américain de l’époque des monstres à la morphologie humaine. Les amoureux et cinéphiles de cette glorieuse période seront aux anges tant le film brasse les archétypes mêmes du genre que ce soit dans les thématiques abordées, les ressorts dramatiques ou les situations mises en scène. On retrouve une poignée de plans dont la portée iconique est splendide, à l'image de nos quatre aventuriers en herbes suspendus par des lianes vivantes à la branche d'un immense arbre souterrain. La production design renvoie à du Frazetta tant le plan d'ensemble est puissamment évocateur. À cela s'ajoute une utilisation à bon escient des CGI qui permet de prolonger de manière homogène l'aventure extraordinaire que propose Un monde (presque) perdu. Ainsi, la présence du T-Rex et des autres dinosaures est mise en scène avec efficacité grâce à une exploitation judicieuse de l'action et des courses-poursuites filmées caméra-épaule permettant d’immerger totalement le spectateur au milieu de décors sortis tout droit d'une production à la Roger Corman.

 


Le film opère une réorchestration des figures archétypales du genre, autant dans la production design, dans l'esthétique des monstres, que dans les dialogues et le scénario. Il se permet de jouer avec les attentes du spectateur pour mieux le surprendre et l’entraîner dans des situations surréalistes proches des comic books. Toutefois, la dimension aventure et surtout humoristique de Un monde (presque) perdu nous permet de déguster avec plus de recul et de sympathie l'esprit de cette époque. D'ailleurs, il est étonnant de ressentir une certaine frayeur devant le T-Rex qui surgit devant la caméra avec sa large gueule en gros plan, alors que la vision des Sleestaks prête plutôt à sourire. On devine que selon la qualité des effets spéciaux et des préoccupations de l'époque, le public réagit différemment : ce qui pouvait créer une grande frousse avec des hommes lézards façons "man in suit" laisse de marbre un public actuel enclin à du spectaculaire tendance Emmerich. Un jeu habile entre la perception du spectateur d'effets "old school" et d'autres "high-tech".

Le hic, c'est que l'aspect comédie reste très fragile, au point de passionner uniquement une poignée de geeks qui s'éclateront à rechercher les films dont sont tirés telles ou telles répliques, telles ou telles séquences. Car, il faut l'avouer, on est bien loin de la comédie potache et régressive à laquelle on aurait pu s'attendre. On tremblote d'un rictus jouasse devant certaines vannes. Cependant, on a du mal à ressentir une véritable hilarité qui plierait la salle en deux, alors que toute la promotion du film joue essentiellement là-dessus, à l'instar de L'An 1 : des débuts difficiles. On a l'impression d'être devant un film savamment orchestré, hélas, sans grandes émotions, ce qui est un comble pour une comédie américaine qui se veut populaire. En définitive, on est en présence d'une œuvre assez divertissante qui se joue habilement de l'imagerie vieillotte des films fantastiques américains des années 1950/1970 pour en proposer une approche décalée et moderne mais qui manque de vie pour véritablement impliquer le spectateur.

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Le verdict des internautes

Total des votes : 3

Les notes des internautes

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    Scénario
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    Réalisation
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    Acteurs
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    Musique

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