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Le Pianiste

La critique d'Excessif

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lepianiste L'HISTOIRE : Pologne, 1939. Wladyslaw Szpilman est un pianiste talentueux qui joue pour la radio polonaise, et vit avec ses parents et ses frères et sœurs. Lorsque l'armée allemande entame le processus de ghettoïsation des juifs, il sera témoin des humiliations subies par ses pairs, jusqu'au moment où leur extermination ne fait pour lui aucun doute. Mais par un hasard étrange, il échappe au départ pour les camps de la mort, et devra dès lors survivre par lui-même au milieu des ruines de son pays…
Trois ans après une Neuvième porte de sinistre mémoire (aussi connu sous le titre de Tintin chez le Diable…) Roman Polanski opère un retour triomphal à Cannes, où son Pianiste remporte la palme d'or (il l'avait ratée en 76 avec Le Locataire). C'est la première fois que le cinéaste revient sur la tragédie du ghetto de Cracovie, qu'il a lui même vécue mais a toujours refusé d'évoquer (il ne participe pas à la promo de son film). Tout au plus pouvait-on y trouver des allusions détournées dans le sublime La Jeune fille et la mort. C'est donc bien à une sorte d'exorcisme que se livre ici Polanski ; mais loin d'être un catalogue d'horreurs condamnant les exactions nazies (enfin si, mais pas seulement), Le Pianiste est aussi et surtout une histoire de survivance, une étude de la psyché humaine face à la barbarie, et une réflexion sur l'art comme expression de notre humanité…

LE PIANISTE
(2002)
Réalisateur : Roman Polanski
Acteurs : Adrien Brody, Thomas Kretschmann, Frank Finlay, Maureen Lipmann
Durée : 2h30
Sortie : 25 septembre 2002

Pologne, 1939. Wladyslaw Szpilman est un pianiste talentueux qui joue pour la radio polonaise, et vit avec ses parents et ses frères et sœurs. Lorsque l'armée allemande entame le processus de ghettoïsation des juifs, il sera témoin des humiliations subies par ses pairs, jusqu'au moment où leur extermination ne fait pour lui aucun doute. Mais par un hasard étrange, il échappe au départ pour les camps de la mort, et devra dès lors survivre par lui-même au milieu des ruines de son pays…

Inspiré du livre autobiographique de Wladyslaw Szpilman, Le Pianiste est avant tout un portrait, celui d'un homme qui subit son échappatoire à l'horreur, plutôt qu'il ne le provoqua. Entièrement centré autour du personnage interprété par Adrian Brody (extraordinaire performance du comédien), le film de Polanski s'attache à décrire cette parenthèse entre la vie et la mort, où l'homme se laisse porter par des évènements tellement horribles qu'ils dépassent sa compréhension de l'humanité. Szpilman traverse donc le film et la tragédie tel un zombie, ballotté par le hasard et l'histoire. Un parti pris anti-héroïque qui permet à Polanski de ne pas insister outre mesure sur la portée universelle du drame, mais au contraire de la cristalliser au sein d'un seul personnage.

Des humiliations quotidiennes aux exécutions sommaires, de la perte d'êtres chers aux affrontements en pleine rue, tous les évènements ici décrits sont vécus et retranscrits uniquement par le biais du personnage principal. En cinéaste pleinement conscient des possibilités de son médium, Polanski applique cet axiome à sa mise en scène, et s'attache à filmer à la hauteur de Szpilman, montrant ce qu'il voit (les scènes de batailles sont filmées uniquement de l'endroit d'où les observe le héros), ce qu'il entend (perte momentanée de l'audition lors d'une explosion), ce qu'il ressent (devant un piano, alors qu'il ne peut faire de bruit afin de ne pas être repéré, Szpilman laisse courir ses doigts sur les touches et écoute une musique imaginaire)… Des passages d'une beauté et d'une virtuosité bouleversantes, mais qui paradoxalement ne cherchent jamais à provoquer une émotion facile chez le spectateur. Poloanski ne fait que raconter une histoire en restant fidèle à ses choix de départ. Une sorte de rigueur géniale…

Mais cette rigueur n'empêche pas Le Pianiste d'être un film foncièrement humaniste. Même les nazis sont au final décrits comme des hommes comme les autres. Parfois des brutes sanguinaires, mais aussi des êtres perdus guidés par une haine qu'ils ne comprennent pas mais qui leur donne un but, une identité… Cette volonté de ne pas diaboliser outre mesure les bourreaux atteint son point culminant dans la rencontre entre Szpilman et un officier nazi, et rejoint la dernière idée développée par Polanski : la musique, et par extension l'art (et donc le cinéma), comme vecteur d'humanité. Entre le héros ayant presque régressé à l'état d'homme des cavernes et qui se souvient de ses émotions par le biais de la musique, et un officier nazi ayant pris conscience de la monstruosité de ses actes et comprenant la vanité du concept de supériorité ethnique en entendant Szpilman jouer, le cinéaste exprime clairement sa conviction : l'homme est homme (et non animal) de par sa capacité à inventer et produire la culture, quelque soit sa forme. Ce qui lui permet au final de ramener sur un pied d'égalité toutes les ethnies, et d'envoyer un formidable message de tolérance. Devant tant de maestria filmique et thématique, il ne reste qu'à regarder, et écouter…

Laurent Duroche

Ses mains dansent sur les touches du piano, son corps entier vibre puis quelques heures plus tard le célèbre pianiste, Wladyslaw Szpilman se sépare de son piano afin que sa famille puisse acheter de quoi manger. Les prémices d’une déchirante descente aux enfers. Peu de temps après ce douloureux épisode, Szpilman franchit avec ses proches les portes du ghetto de Varsovie. Miraculeusement, il n’est pas déporté, réussit à s’échapper, à se cacher, à survivre.

Roman Polanski s’attache à l’histoire de cet être désemparé qui n’a jamais vraiment cherché à lutter contre les événements, à échapper à cette fatalité, un homme au destin étrange, porté par le souvenir des mélodies qu’il aimait jouées. Tel un fantôme, il erre sur les ruines de Varsovie et Adrien Brody incarne admirablement ce personnage, lui apportant ce regard perdu, cette présence à la fois lumineuse, énigmatique, insaisissable.

Polanski renoue ici avec son propre passé et si sa caméra s’arrête parfois sur des détails bouleversants, certaines scènes sont d’ailleurs d’un réalisme insoutenable et se rapprochent plus du documentaire, il réussit l’admirable tour de force d’aborder un sujet éprouvant sans tomber dans l’inévitable travers du voyeurisme ou du pathos. A aucun moment il ne s’apitoie sur son sort et celui des juifs de Varsovie, il se contente de quelques images poignantes qui en disent longs, suffisent à nous désemparer alors qu’on suit fébrilement le parcours du troublant Szpilman, tremblant de le voir se faire prendre. Certains diront probablement qu’ils en ont assez de ces films tournant autour de la Seconde Guerre Mondiale et traitant de l’holocauste, de tels films permettent au contraire de se souvenir et il est important de ne pas oublier.

Sophie Wittmer

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Total des votes : 9

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    Réalisation
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    Acteurs
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    Musique

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