L'HISTOIRE : Dans la famille Tierney, on est policier de père en fils. Pour ce clan, le code sacré des flics qui consiste à protéger les siens est bien plus qu'un code d'honneur, c'est un code familial. Pourtant, lorsque le scandale se fait plus fort que la loi du silence, chacun va devoir choisir son camp... Quatre policiers sont abattus dans une affaire de drogue, et l'événement fait la une des journaux. Mais quelque chose ne tourne pas rond. Il se pourrait qu'il se soit agi d'un piège. En effet, les trafiquants semblaient prévenus de l'arrivée de la police... Francis Sr., patriarche des Tierney, charge le jeune Ray de résoudre l'énigme. Rapidement, celui-ci se rend compte que l'affaire cache bien plus qu'un simple fait divers. L'appartement où a eu lieu le crime appartient en fait à un baron de la drogue et le meurtre des policiers ressemble étrangement à une vengeance...
Gavin O'Connor manque malheureusement son sujet.
A New York, une nuit, quatre policiers meurent lors d’une intervention dans un appartement abritant des dealers. Francis Tierney Sr, superviseur du district, convainc son fils Ray de participer à l’enquête alors que ce dernier avait choisi deux ans plus tôt de s’éloigner des affaires de terrain. Le clan Tierney est très attaché à la tradition policière, le frère aîné, Franny est chef de district et Megan, la jeune sœur, a épousé Jimmy Egan, policier sous les ordres de Franny. Alors que Ray mène son enquête, le tueur présumé Tezo se cache, poursuivi par l’ensemble des forces de police. Mais certains éléments de l’enquête vont peu à peu assombrir le tableau et Ray découvre que certains policiers sont impliqués. Entre la loyauté de l’uniforme et celle de la famille, Ray va devoir choisir.

Corruption, trahison, culpabilité, le drame policier ne cesse de traiter ces thématiques par le biais de la faiblesse humaine. Le prix de la loyauté ne fait pas exception et, dans le fond comme dans la forme, le film de Gavin O’Connor est très classique et sans véritable surprise. Le casting est pourtant très alléchant ; Edward Norton, Colin Farell, Jon Voigt et Noah Emmerich forment un quatuor de gardiens de la paix imposant. Ce quatuor cache en vérité de profonds désaccords, le père blâmant son jeune fils d’avoir quitté la rue pour se réfugier au service des disparus, autrement dit un placard, une voie de garage, ce qui, aux yeux du père, est sacrilège vis-à-vis de l’histoire de la famille dans le milieu. De même l’aîné cache à son géniteur toutes les petites magouilles dans lesquelles ses hommes trempent pour arrondir leurs fins de mois. Le beau-frère enfin, cache à son supérieur ses désirs d’élargir ses revenus de manière plus efficace. Les désaccords du métier disparaissent cependant à chaque repas de famille et l’entente éteint les méfiances. Cette cohésion familiale, ils n’en ont pas encore conscience, va subitement imploser et les valeurs ancrées depuis des générations vont laisser place aux doutes et aux ressentiments.
La mise en scène est sèche et directe, la rudesse de l’hiver new-yorkais pesant dans chaque séquence d’extérieur. Les uniformes bien coupés, les traits du visage sévères, les hommes affrontent un environnement âpre et hostile qui marque leur corps, le jeune Ray conservant au visage une cicatrice cachant bien plus qu’une blessure physique. Pour Franny, la douleur est toute autre, sa femme étant atteinte d’un cancer en phase terminale. Jimmy, enfin, ne semble plus clairement distinguer la frontière qui sépare un homme de l’ordre d’un vulgaire voyou. Le père, figure protectrice, aimante et fière, noie pourtant ses incertitudes dans une consommation excessive d’alcool. Mine de rien, le métier a raison peu à peu de l’idéalisme dont chacun faisait preuve à ses débuts. Cette psychologie de la faiblesse est certainement le nœud et le point le plus important du film, et qui constitue, à travers l’interprétation des quatre acteurs, le véritable enjeu du métrage. 
Malheureusement l’ensemble du film n’arrive pas à tenir autour de ce noyau et l’habituel spectacle hollywoodien vient parasiter ces relations familiales scrutées au scalpel. Le récit qui révèle peu à peu les dessous de l’affaire, les séquences d’action qui viennent dynamiser l’histoire et la fin totalement politiquement correcte ruinent en grande partie une conception des personnages irréprochable. Loin de la maîtrise stylistique de films récents tels que American gangster ou encore La nuit nous appartient, Le prix de la loyauté ne trahit ni ne transcende les codes du genre, ici scrupuleusement respectés à la lettre. Un film donc un peu trop attendu et conventionnel où les acteurs se donnent pourtant du mal dans l’exercice de leurs fonctions. L’on attendait un film plus marquant et plus incisif.
Revenons sur la carrière de l'un des comédiens les plus importants de sa génération. Il se destinait d'abord à l'histoire, a passé sa maitrise à Yale. Puis il est devenu un solide acteur de théâtre, ...