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Le Renard et l'Enfant

La critique d'Excessif

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renard_enfant_teaserfr L'HISTOIRE : Un matin d’automne, au détour d’un chemin, une petite fille aperçoit un renard. Fascinée au point d’oublier toute peur, elle ose s’approcher. Pour un instant, les barrières qui séparent l’enfant et l’animal s’effacent.

C’est le début de la plus étonnante et de la plus fabuleuse des amitiés. Grâce au renard, la petite fille va découvrir une nature secrète et sauvage. Commence alors une aventure qui changera sa vie, sa vision et la nôtre…

Après la Marche de l’Empereur, Luc Jacquet réalise encore une fois un film contemplatif sur la nature.

LE RENARD ET L’ENFANT
Un film de Luc Jacquet
Scénario et adaptation de Luc Jacquet et Eric Rognard
D’après une histoire originale de Luc Jacquet
Interprété par Bertille Noël-Bruneau
Histoire racontée par Isabelle Carré
Musique originale de Evgueni Galperine, Alice Lewis et David Reyes
Durée : 1h32
Date de sortie : 12 décembre 2007


Le Renard et l’enfant est un véritable conte dans lequel une petite fille décide d’apprivoiser un renard dans un cadre de premier abord beaucoup plus familier que la banquise mais qui se découvre tout aussi riche de découvertes. Car si les paysages du film rappellent immanquablement les forêts familières de la France, on s’aperçoit qu’on n’a jamais pris vraiment le temps de les regarder. On entre alors dans le désir de la petite fille de découvrir le renard et la nature comme si on n’était pas là : on découvre les animaux de la forêt, leurs étranges rites amoureux, la loi du plus fort et la chaîne alimentaire… Et la qualité des images sert ce dessein : les images et les vues des paysages sont magnifiques, les couleurs sont admirables tant elles sont fidèles à la nature représentée, certains mouvements de caméra sont parfois étonnants d’audace… D’autant que l’histoire se déroule sur les quatre saisons et laisse le temps à la caméra d’explorer les différentes couleurs et formes de la nature. On voit par exemple le gel sur les feuilles fondre en accéléré et laisser place au printemps et au soleil : la transformation de la glace en eau et la transparence de l’eau ont quelque chose du tableau et renvoient aux premières observations de l’enfance.


Dans ce cadre dont elle s’émerveille sans cesse malgré le fait que ce soit son cadre de vie habituel, la petite fille découvre le renard et décide de le retrouver, ne pensant qu’à cela comme les enfants qui se découvrent une passion et s’y investissent de tout leur être. Dans son désir d’apprivoiser le renard, elle découvre qu’il y a aussi la volonté de le posséder comme un chien domestique. Il est intéressant que le film ne se soit pas borné à représenter l’émerveillement de celle-ci pour la nature et un animal mais qu’il aille plus loin en montrant les effets pervers de cet émerveillement. Combien de fois dans l’histoire, l’homme aura-t-il été émerveillé par des objets, des cultures… qu’il aura finalement détruits à force « d’amour » ? C’est en cela que le film est un conte : il comporte une véritable leçon de vie pour la petite fille et pour le spectateur qui la suit : aimer n’est pas posséder et il est quelque chose d’infranchissable dans la liberté de l’autre, même de l’animal. Sans la représentation du négatif, le film serait rester une contemplation et une « bleuette » sans véritable profondeur… Il est assez agréable de retrouver des références à des contes classiques pour enfants, le plus flagrant étant la référence à Blanche-Neige et les nains de Walt Disney quand la petite fille se perd dans la forêt et est effrayée par les ombres inconnues. Transposé de l’animation à la prise de vue réaliste, cette scène est très réussie et montre encore la maîtrise technique de la réalisation.


Maîtrise aussi dans le « jeu des acteurs » si on peut dire : les animaux sont évidemment dressés pour les besoins du film et pourtant, le film réussit à rendre cette impression d’absence de présence humaine, c’est-à-dire de la nature et des animaux qui agissent librement sans présence hostile. On a vraiment l’impression que les animaux vivent leurs ébats, leurs luttes… en dehors de toute volonté humaine. D’autre part, l’actrice Bertille Noël-Bruneau incarne cette petite fille qui pose un regard neuf sur son environnement et dont le physique entre en écho avec la rousseur du renard. La plupart du temps, c’est cet émerveillement qu’elle joue et elle y réussit assez bien mais on regrette les limites de son jeu dans les moment d’émotions plus négatives, notamment quand elle fait du mal au renard et se rend compte de son erreur. Dans ces moments là, son visage n’est malheureusement pas très différent des autres moments plus positifs… Cette histoire est racontée par Isabelle Carré que l’on aperçoit à la fin, la petite fille étant devenue une femme et une mère : sa voix est d’une grande justesse dans le récit par voix off car elle sait retranscrire l’émotion de l’enfance devant la nature.


En somme, ce film a quelque chose du paradis perdu de l’enfance : adulte, sa capacité a s’émerveiller de son environnement, en particulier quand il est quotidien, s’est largement émoussé et le film entreprend de faire revivre cette capacité et un peu de ce paradis. Il est en cela dans le mouvement des films à visée écologique puisque émerveillement signifie aussi respect, respect de la nature comme de la liberté sauvage des animaux.

Gaëlle Grignon



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