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Le Rêve italien

La critique d'Excessif

2/5
Affiche du film Le rêve italien L'HISTOIRE :

Rome 1967, Nicola est un jeune homme policier, Laura une étudiante bourgeoise, Libero un révolutionnaire. Un triangle amoureux au cœur d'évènements qui veulent changer le monde.

A l’opposé d’une bonne sauce, Placido nous ressert une soupe réchauffée

Michele Placido avait livré récemment l'adaptation de Romanzo Criminale sur les années de plomb italiennes. Cette fois-ci, il tente un film un peu plus personnel, sur sa propre vision du mouvement étudiant de 1968 et sur les multiples évènements qui le feront quitter ses débuts policiers et débuter une carrière artistique. On assiste donc, entre autres, à un patchwork sur les transformations de la fin des 60's (assassinat de Martin Luther King, mort de Che Guevarra...) mélangé avec une histoire sentimentale et un soupçon d'autobiographie. Mais la sauce prend-elle ?
 
Dans les points positifs, tout d'abord, grande mention aux comédiens. Nos trois protagonistes, Nicola (Riccardo Scamarcio), Laura (Jasmine Trinca) et Libero (Luca Argentero) sont tous crédibles, au même titre que Laura Morante en professeur de théâtre très proche de ses élèves. Très bonne mise en scène, donc, ainsi qu'une très belle reconstitution du mouvement étudiant, des protestations de l'époque et de l'état d'esprit révolutionnaire de cette période. Multiples figurants, tournage sur les lieux des manifestations... Placido connaît visiblement son sujet, et tel qu'il nous le décrit dans sa note d'intention, il aurait lui-même manifesté à plusieurs reprises. Néanmoins, la réalisation assez « clipesque » empêche certains débordements d'avoir l'impact désiré. Par exemple, l'arrivée de la police dans l'Université, avec en montage parallèle le coït entre deux protagonistes nous met dans une position assez particulière. En gros, le réalisateur semble beaucoup plus intéressé par la poitrine de son interprète principale (magnifique Jasmine Trinca) que par le matraquage des étudiants. De même, un massacre de manifestant montré avec deux enfants inexpressifs qui se tiennent la main nous fait nous demander « où veut-il en venir ? », le tout sur une musique lancinante, détruisant à peu près toute sorte d'émotion envers les camarades tués (alors que visiblement le propos est tout autre).

 

 

Le rêve italien de Michele Placido


 
Niveau histoire, si l'on sent qu'il s'agit d'un film autobiographique, Placido semble céder à l'exagération. En effet, il est mentionné plusieurs fois dans le long-métrage, la « belle gueule » de Nicola/Michelo, ainsi que sa capacité à tomber les filles et les femmes. Il nous réutilise également le bon vieux thème de Roméo et Juliette en milieu contestataire avec Nicola en flic infiltré et Laura en étudiante, les Capulet étant les universitaires, les Montaigu les forces de l'ordre. Le tout agrémenté d'un petit mixage avec Casablanca de par le personnage de Libero, révolutionnaire convaincu. On notera d'ailleurs un parti pris flagrant envers les manifestants, dans un manichéisme plutôt primaire : l'autorité, c'est les méchants. Enfin, l'histoire accusera aussi un manque de cohérence lorsque Nicola sera tout d'abord banni par Libero assez violemment, avant de les retrouver coudes à coudes la scène suivante ; tout comme Libero, d'abord présenté comme un salaud prônant la violence, puis montré différemment quelques plans après...
 
De nombreux défauts, donc, nonobstant une interprétation sans faille de la part des comédiens ainsi qu'une très belle reconstitution des évènements. Mais à l'opposé d'une bonne sauce, Placido nous ressert une soupe réchauffée et le rêve tourne court. Dommage car il se dégage pourtant une grande envie de bien faire.

 

 

Damien DUVOT

Le verdict des internautes

Total des votes : 6

Les notes des internautes

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    Scénario
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    Réalisation
  •  
    Acteurs
  •  
    Musique

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