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Le Royaume

La critique d'Excessif

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royaume_aff L'HISTOIRE : Riyad (Arabie Saoudite). Un attentat des plus sanglants jamais perpétrés contre des Occidentaux fait plus 100 morts et 200 blessés parmi les employés de la société pétrolière Gulf Oasis et leurs familles. Tandis que les bureaucrates de Washington discutent "droit d'ingérence" et "territorialité", l'agent du FBI Ronald Fleury et les membres de sa section d'intervention négocient un discret voyage de cinq jours en Arabie Saoudite pour identifier le cerveau de l'attentat. Dès leur arrivée au Royaume, Fleury et les siens sont confrontés à l'hostilité des Saoudiens, qui prétendent mener seuls l'enquête. Entravés par un protocole tatillon et pressés par le temps, les quatre agents comprennent qu'ils doivent gagner au plus tôt la confiance de leurs homologues saoudiens, aussi décidés qu'eux à retrouver les terroristes...
Le Royaume fait couler beaucoup d'encre, à tort comme à raison. Assurément, il s'inscrit directement dans la nouvelle mouvance américaine post 2001. Le Royaume et consorts tendent à développer une approche des conflits dans lesquels les États-Unis sont directement impliqués avec le Proche-Orient. Et c'est exactement en cela que le film de Peter Berg attise les braises véhémentes d'une partie de la critique qui conspue la « fictionalisation » de problèmes géopolitiques. Mais qu'en est-t-il réellement ?

Le Royaume
Un film de Peter Berg
Avec Jamie Foxx, Jennifer Garner, Ashraf Barhom
Durée : 1h50
Date de sortie : 31 octobre 2007


Tâche plus qu’hasardeuse que d'aborder Le Royaume de manière frontale. Car le film n'est en rien une déclinaison empreinte de l'esprit stéréotypé et pachydermique de Blood Diamond. A contrario de ce celui-ci, Le Royaume propose une approche bien plus réfléchie sur des problèmes sociaux politiques épineux dont le traitement est assurément problématique. Le film prend comme point de départ un attentat sanglant à Riyad en Arabie Saoudite, perpétré contre des Occidentaux. Plus de 100 morts et 200 blessés parmi les employés de la société pétrolière Gulf Oasis ainsi que leurs familles. Alors que les hauts dirigeants tergiversent autour du droit d'ingérence ou de territorialité, un agent du FBI Ronald Fleury, alias Jamie Foxx, aidé d'une fine équipe, arrivent à négocier un voyage discret de cinq jours afin de faire toute la lumière sur l'attentat et de mettre la main sur les terroristes. Arrivés en Arabie Saoudite, ils mènent leur investigation, aidés en cela par le colonel Al Ghazi. Leur présence dérange au point qu'ils vont devenir la cible du même groupuscule extrémiste ayant perpétré l'attentat.


D'emblée afin d'éviter tout problème d'authenticité et d'exactitude historique le jeune réalisateur Peter Berg prend le parti pris de « fictionaliser » son attentat même si celui-ci n'est pas sans rappeler celui qui éclata à Khobar en Arabie Saoudite le 25 juin 1996. Et c'est bien en cela que le métrage devient fascinant. Car il va nous dépeindre pas à pas l'enquête menée de main de fer par l'agent Ronald Fleury, qui l'amènera peu à peu à collaborer avec l'Etat arabe. Arabes et américains se rapprochent de manière utopique afin d'unir leurs efforts pour trouver les terroristes. Deux cultures, deux visages, pourtant tous deux pétris d'une même et unique humanité. Le rapprochement des différentes cultures sous couvert de l'enquête est abordé avec intelligence et retenue. Exit les figures caricaturales de chacun des deux camps. Exit aussi la vision manichéenne du monde et des caractères des protagonistes à l'écran. En véritable clef de voûte du film ce point de vue vient à être renforcé par la présence de Jamie Foxx en agent du FBI. Il va jusqu'à se lier d'amitié avec le colonel Al Ghazi. L'acteur noir tient le rôle principal d'un agent dont la couleur n'est pas vecteur d'une idéologie ethnique ou racine américaine. C'est avant tout un personnage qu'il incarne. Sa couleur de peau n'est pas fonction du rôle. Chose rare pour ne pas le souligner. De nombreux pays n'ont pas encore cette largesse d'esprit pour en faire de même, la France en premier.


Et c'est avec cette démarche singulière que le film est orienté avant tout comme une enquête où l'entraide entre arabes et américains prime sur la couleur de peau. Hélas, on ne peut pas éviter les images clichées, certes rares, mais présentes afin d'introduire l'univers religieux en Arabie Saoudite. Totalement conscient de cela, le réalisateur a trouvé astucieux d'en faire de même avec ses agents américains dont les moeurs peuvent aussi devenir des caractéristiques tirant sur le stéréotype. Un habile jeu sur les codes qui permet aussi d'enlever tous problèmes liés à la différence de culture afin qu'elles ne s'affrontent pas dans un débat idéologique forcément vain.


Là où la trame narrative du film bascule malgré lui, c’est en montrant la pugnacité du groupe d'américains à mettre en œuvre tous les moyens qui sont possibles pour mettre la main sur les terroristes alors que la police et l'armé arabes sont visiblement bien moins efficaces et réfléchies. Les enjeux scénaristiques pour mettre à plat la complexité autour de la religion vacillent donc par moments, laissant place à une certaine facilité. Néanmoins, cette légère ombre au tableau ne plombe pas le film, le réalisateur dynamitant son récit en proposant en même temps que son enquête un film d'une intensité rare, surtout lors des 45 dernières minutes. L'intensité des séquences de courses poursuites et de fusillades monte crescendo sans jamais redescendre, faisant poindre l'adrénaline à son paroxysme, appuyée par une mise en scène proche des meilleurs passages de La Chute Du Faucon Noir. Une séquence ultime, tétanisante, qui sublime toute réflexion.


Le clou du film arrive à la dernière minute avec une simple phrase qui pourtant va éclater aux oreilles du spectateur, le contraignant à remettre en cause ses acquis moraux ainsi que le bon sens qui peut l'animer. Le Royaume s'avère au final un métrage qui se refuse aux dictats régressifs de nombreuses grosses productions actuelles pour proposer un film bien plus intelligent et maîtrisé avec un final dantesque.

Gwenael Tison



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Le verdict des internautes

Total des votes : 8

Les notes des internautes

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    Scénario
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    Réalisation
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    Acteurs
  •  
    Musique

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