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Le Secret de Térabithia

La critique d'Excessif

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secret_terabithia_cinefr L'HISTOIRE : Issu d'une famille socialement défavorisée, Joss, 13 ans, ne parvient ni à trouver sa place au sein de sa famille ni à se faire accepter à l'école. Doué en dessin, il se réfugie dans son imaginaire. Mais un jour, une nouvelle du nom de Leslie Burke arrive dans sa classe. Très vite, Leslie cherche à gagner l'amitié de Joss dont elle est aussi la voisine. D'abord réticent à se lier avec la fille qui parvient à battre tous les garçons au sprint, il finit par se prendre de sympathie pour Leslie. Un jour, les deux enfants découvrent une corde pendue à un arbre au-dessus de la rivière. Entraîné par Leslie, Joss se risque à s'y suspendre pour passer de l'autre côté. Et s'il s'agissait de l'entrée d'un monde fantastique peuplé de créatures inimaginables ?
Ne pas se fier aux apparences : il ne s'agit pas là d'une énième tentative de surfer sur la mode des grosses productions d'heroic fantasy à la sauce Eragon. Fable moderne, Le Secret de Terabithia raconte avec intelligence une émouvante histoire d'amitié entre un garçon et une fille à l'aube de l'adolescence et qui découvrent le pouvoir de l'imagination. Si les plus jeunes s'émerveilleront devant la dimension fantastique de l'œuvre, les adultes risquent d'y voir pour leur plus grand plaisir d'autres niveaux de lecture. Autant dire que ce film familial plein de fraîcheur constitue une jolie petite surprise comme on aimerait en découvrir plus souvent.

LE SECRET DE TERABITHIA
Un film de Gabor Csupo
Avec Josh Hutcherson, AnnaSophia Robb, Robert Patrick, Zooey Deschanel, Bailee Madison
Durée : 1h34
Sortie le 28 mars 2007

Issu d'une famille socialement défavorisée, Joss, 13 ans, ne parvient ni à trouver sa place au sein de sa famille ni à se faire accepter à l'école. Doué en dessin, il se réfugie dans son imaginaire. Mais un jour, une nouvelle du nom de Leslie Burke arrive dans sa classe. Très vite, Leslie cherche à gagner l'amitié de Joss dont elle est aussi la voisine. D'abord réticent à se lier avec la fille qui parvient à battre tous les garçons au sprint, il finit par se prendre de sympathie pour Leslie. Un jour, les deux enfants découvrent une corde pendue à un arbre au-dessus de la rivière. Entraîné par Leslie, Joss se risque à s'y suspendre pour passer de l'autre côté. Et s'il s'agissait de l'entrée d'un monde fantastique peuplé de créatures inimaginables ?


A l'origine, il y a Le Royaume de la Rivière (en anglais, Bridge to Terabithia), gros succès de la littérature enfantine écrit en 1977 par Katherine Paterson, et qui a déjà donné lieu à une adaptation télévisée en 1985 (avec Annette O'Toole). Sans doute pour parler plus directement à la jeunesse, Gabor Csupo, dont c'est le premier long métrage en tant que réalisateur, en délivre une adaptation transposée dans le monde d'aujourd'hui. Toutefois, si le film n'est pas exempt d'une ou deux séquences un tantinet clipesques, Csupo ne se fourvoie nullement dans l'abus d'effets téléphonés ou de références faciles à la culture pop actuelle. Les premières minutes annoncent d'ailleurs la couleur au travers d'un charmant générique qui mêle avec bonheur dessins et prises de vue réelles, une ouverture préfigurant la part de rêve qui habite l'histoire et l'univers personnel de Joss (Josh Hutcherson). Si le pitch du film repose sur la création par le héros et son amie Leslie (AnnaSophia Robb) d'un monde merveilleux dans lequel ils seraient les rois, Le Secret de Terabithia ne mise en aucun cas sur un quelconque déluge d'effets spéciaux. Fidèle à l'œuvre d'origine, le récit reste centré sur l'histoire d'amitié entre les deux enfants et sur l'évolution de leur rapport au monde qui les entoure.


Présence de la Weta Digital au générique oblige – la société est décidément devenue incontournable depuis Le Seigneur des Anneaux –, Le Secret de Terabithia possède bien entendu son comptant de scènes spectaculaires et de créatures au design très inventif qui devraient ravir les amateurs du genre. Cependant, la description de l'univers familial et scolaire des deux enfants se voit consacrer bien plus d'importance que celle de leur royaume secret et l'intervention du fantastique s'avère pour ainsi dire bien plus rare que prévu. Gardant constamment son mystère, Terabithia (nom donné en référence à une île du Monde de Narnia) n’apparaît que par bribes, de manière évanescente et insaisissable, Joss n'ayant chaque fois d'autre choix que de revenir dans son terne quotidien. Sur le principe de l'histoire, on pourra bien entendu faire une analogie avec le récent Labyrinthe de Pan, la noirceur en moins, le film ne visant pas le même public que le chef d'œuvre de Gillermo Del Toro. Gabor Csupo s'adresse aux jeunes, et il le fait plutôt bien, avec simplicité et sensibilité.


L'apparente légèreté de l'œuvre abrite cependant quelques thématiques plus profondes qui bénéficient d'un traitement réussi grâce à la crédibilité de la psychologie du personnage principal. Demandeur d'attention et de reconnaissance de la part de son père (Robert Patrick), tourmenté par les moqueries dont il est l'objet à l'école, préoccupé par le petit faible qu'il entretient pour sa professeur de musique (Zooey Deschanel), Joss est un préadolescent comme beaucoup d'autres. Une fois n'est pas coutume, les personnages principaux du Secret de Terabithia sont issus d'un milieu social défavorisé, l'occasion de réaliser que les films destinés aux jeunes ont pris l'habitude de prendre en référence les classes aisées. Quant aux énergumènes qui peuplent la classe de Joss, ils ont véritablement l'air plus vrais que nature. On pense notamment à la bande de racketteuses qui sévit devant les toilettes des filles ou aux voyous qui ont pris Joss comme défouloir de leurs frustrations. A ce titre, au contraire de la plupart des œuvres destinées aux jeune public, Le Secret de Terabithia ne fait pas l'impasse sur le school bullying – un terme qui n'a pas de réel équivalent en français et qui désigne le harcèlement quotidien que subissent les souffres douleurs de l'école.


Mais la force majeure du Secret de Terabithia réside dans son approche du pouvoir de l'imagination, un pouvoir tour à tour cathartique et réparateur. Comme tous les enfants qui se sont un jour sentis marginalisés, Joss a développé un monde intérieur foisonnant, aidé en cela par son talent de dessinateur qui se trouve être complémentaire avec le talent d'écrivain de Leslie. Loin d'être assimilée à une simple échappatoire, comme on pourrait le croire au début du métrage, l'imagination donne accès à des richesses illimitées, auxquelles seuls ceux qui ont su entretenir le passage d'un univers à l'autre auraient accès. L'imagination représente aussi le moyen de se ressourcer et de se reconstruire lorsque surviennent les épreuves les plus difficiles de la vie. Car s'il est un autre point sur lequel Le Secret de Terabithia se démarque radicalement des représentations du monde rose bonbon habituellement mises en avant auprès des enfants, c'est dans sa capacité à aborder de front les thèmes de la mort et de la perte de proches comme faisant partie du cours naturel de l'existence. Chose assez rare dans un film familial en provenance des Etats-Unis, même le discours sur la religion fait preuve de tolérance et d'ouverture d'esprit.


Le portrait touchant du personnage de Joss doit non seulement à la qualité de l'écriture du personnage mais aussi à la prestation de son interprète, Josh Hutcherson (Le Pole Express), qui endosse le rôle avec fraîcheur et naturel. De son côté, sa partenaire AnnaSophia Robb (Charlie et la Chocolaterie) incarne une Leslie Burke malicieuse à souhait, l'alchimie fonctionnant à merveille entre les deux comédiens. On retiendra aussi les échanges entre Joss et sa petite sœur May Belle, jouée avec candeur par la petite Bailee Madison.

Les plus jeunes risquent de reparler longtemps de ce Secret de Terabithia qui aborde mine de rien des thématiques difficiles et universelles, sans jamais verser dans le misérabilisme. Les adultes qui ont su garder un esprit ouvert au monde de l'enfance se laisseront quant à eux séduire par cette histoire poignante et attachante, dont ils sauront reconnaître l'intelligence et la sincérité. Et il n'y a pas de honte à se laisser toucher par l'émotion, en particulier lorsque survient le final très fort qui conclut cette belle réussite.

Elodie Leroy

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    Test Blu-ray : Le Secret De Terabithia05 novembre 2007 - 0 commentaires

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tinalakiller 05/03/2011 à 00h42
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