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Le Seigneur des Anneaux, le retour du roi

La critique d'Excessif

5/5
Affiche du film Le seigneur des anneaux : le retour du roi L'HISTOIRE :

Les armées de Sauron ont attaqué Minas Tirith, la capitale de Gondor. Jamais ce royaume autrefois puissant n'a eu autant besoin de son roi. Mais Aragorn trouvera-t-il en lui la volonté d'accomplir sa destinée ?
Tandis que Gandalf s'efforce de soutenir les forces brisées de Gondor, Théoden exhorte les guerriers de Rohan à se joindre au combat. Mais malgré leur courage et leur loyauté, les forces des Hommes ne sont pas de taille à lutter contre les innombrables légions d'ennemis qui s'abattent sur le royaume...
Chaque victoire se paye d'immenses sacrifices. Malgré ses pertes, la Communauté se jette dans la bataille pour la vie, ses membres faisant tout pour détourner l'attention de Sauron afin de donner à Frodon une chance d'accomplir sa quête.
Voyageant à travers les terres ennemies, ce dernier doit se reposer sur Sam et Gollum, tandis que l'Anneau continue de le tenter...

Une véritable légende, un moment de cinéma inoubliable

Dernier volet de la trilogie Le Seigneur des Anneaux, Le Retour du Roi se devait de conclure en beauté cette franchise proche de la perfection. Et c'est une véritable réussite ! Le film offre un final spectaculaire, visuellement puissant et émotionnellement fort, qui laissera le spectateur abasourdi et bouleversé. Préparez-vous à avoir un très grand choc, car ce que vous allez voir est tout simplement un chef-d'œuvre, l'un des plus grands films jamais réalisés...

 

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Le Retour du Roi, tout comme ses deux prédécesseurs, s'ouvre sur une séquence puissante. Et, on peut le dire, plutôt choquante. En une dizaine de minutes, Peter Jackson (ou plutôt Fran Walsh, car c'est elle qui a réalisé cette scène) montre la transformation de Sméagol en Gollum. Dix minutes pendant lesquelles le spectateur assiste à la déchéance d'un être, frappé par le pouvoir corrupteur de l'Anneau. Dix minutes qui suffisent à créer un malaise réel, car la transformation de Sméagol en Gollum, qui est aussi bien physique que mentale, est tout simplement effrayante. Il a fallu un certain culot pour ouvrir le film sur cette séquence, qui ne s'inscrit pas dans la continuité narrative des films, mais qui est un flash back « non-nécessaire » à l'évolution de l'intrigue, mais qui apporte au film quelque chose de nouveau. Car si, depuis Les Deux Tours, le spectateur connait réellement l'aspect de Gollum tout en sachant que cette créature ressemblait, au départ, à un Hobbit, il était pour autant impossible de mettre des images réelles sur cette transformation, cette déchéance physiques dues au pouvoir corrupteur et destructeur de l'Anneau. Mais le spectateur sait à ce moment ce qu'il s'est passé, et se doute donc bien de ce qui est en train d'arriver à Frodon, dont le comportement change de jours en jours. Cette scène glaçante permet de donner le ton du Retour du Roi : si les personnages échouent dans leur quête, ils ne trouveront aucune rédemption ni réconfort. Seules la déchéance et la douleur les attendent.
 

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Tout comme Les Deux Tours, le film suit alternativement les aventures de Frodon et Sam d'un côté, et du reste de la Communauté de l'autre. Le processus s'était déjà avéré efficace dans le deuxième volet de la trilogie, et se montre encore plus habile dans Le Retour du Roi : mettre en parallèle l'avancée de Frodon dans sa quête de destruction de l'Anneau avec les combats menés par le reste des personnages permet de vraiment ressentir le danger qui plane sur les peuples libres de la Terre du Milieu : les armées du Mordor sont puissantes et invincibles, alors que les hommes sont peu nombreux, affaiblis, dispersés et démotivés. Si l'Anneau n'est pas détruit rapidement, les hommes se verront battus... Ce qui revient à l'annihilation de tous ces peuples. La tension monte ainsi d'un cran, et le film est envahi par une sensation d'urgence, de désespoir latent. Un peu comme si le spectateur, assis confortablement dans son fauteuil, se retrouvait à porter l'Anneau Unique autour de son cou, ce dernier empoisonnant sa volonté en distillant sournoisement du désespoir dans son cœur... Cette tension atteint tout son paroxysme lors de la bataille finale et désespérée du film, tandis qu'en parallèle, Frodon et Sam se rapprochent de la Montagne du Destin... D'où viendra soit la délivrance, soit la destruction.
 

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Toute la partie consacrée à l'avancée de Frodon, Sam et Gollum dans les terres du Mordor est incroyable de désespoir. Les paysages sont noirs et dévastés. Pas une bête vivante à l'horizon, pas une lumière réconfortante. Ne règnent sur leur passage que la cendre, la mort et l'ombre. Les personnages traversent un pays apocalyptique, présage de ce qui arrivera à toutes les belles régions de la Terre du Milieu s'ils échouent dans leur quête, dans leur destruction de l'Anneau. Il ne s'agit pas que de sauver l'humanité, les elfes ou les nains : ce qui est en jeu, c'est la survie de la vie en général, de ce qui fait la beauté du monde.
 
Et il est difficile de ne pas abdiquer ! Bien des défis attendent les deux hobbits. Certains sont physiques et visibles, comme Arachne, l'araignée géante, mais excessivement réaliste. Pour les arachnophobes (et même pour les autres), cette scène sera assez difficile à supporter. Se déroulant dans des tunnels sombres aux murs tapissés de toiles géantes, la bête mène la chasse, effrayante et implacable. Grâce à l'utilisation de la vue subjective, Peter Jackson réussit à mettre le spectateur dans la peau de Frodon, qui tient ici le rôle de la proie. Glaçant... Mais les défis sont aussi psychologiques : le mensonge et la manipulation feront de nombreux dégâts, et l'attraction de l'Anneau se fait pressente, si pressente... Et malgré leur exceptionnelle volonté, les hobbits pourront-ils y résister, alors que, dans une scène d'une douleur palpable, ils en sont réduits à ramper pour avancer, centimètre par centimètre, vers leur éventuelle délivrance ? Alors que toute force physique les a abandonnés, et qu'il n'y a plus que leur volonté capable de les faire bouger ? Cette séquence est tout simplement bouleversante et éprouvante, car la souffrance mentale et physique des hobbits est ressentie physiquement par le spectateur.

 

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La situation des autres personnages de la Communauté n'est guère enviable. La guerre atteint le Gondor, pays des grands rois des hommes, dont Aragorn est l'héritier, et, plus précisément Minas Tirith, la Cité Blanche. Peter Jackson offre là un moment incroyable de cinéma : la découverte de la Cité se fait à la fois au sol, en suivant Gandalf et Pippin, mais aussi dans les airs. La caméra survole cette incroyable ville, nous faisant prendre conscience de la hauteur des bâtiments, de la grandeur et de la beauté de cette Cité de pierre blanche, dont la Tour étincelle au soleil. Le souffle coupé par cette vision d'une incroyable beauté, le spectateur est fasciné, ensorcelé. Peter Jackson continue d'insuffler cette même passion dans Le Retour du Roi : il aime, il respecte les descriptions et les thèmes développés et défendus par Tolkien. Il offre aux valeurs du Seigneur des Anneaux un écrin spectaculaire, fait d'images incroyables, à la fois belles et graves. Il donne à son film une dimension épique incroyable, déjà présente dans Les Deux Tours, mais encore plus exacerbée dans Le Retour du Roi. Il fait de son film une véritable légende, un moment de cinéma inoubliable.

 

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Que dire lorsque l'on aperçoit les immenses armées du Mordor amassées devant Minas Tirith, si ce n'est que cette image incroyablement belle sert le cœur du spectateur, qui sent que la situation est désespérée ? Que ressentir lorsque les orques pénètrent en masse dans la ville, tuant hommes, femmes et enfants sur leur passage ? Que faire lorsque les Nazguls, créatures qui puent la terreur, attaquent Minas Tirith du ciel, dont les remparts défensifs ne servent à ce moment plus à rien ? Comment ne pas être ému lorsque les feux de détresse s'allument les uns après les autres, porteurs d'un message d'espoir intensifié par la splendide musique d'Howard Shore ? Comment ne pas sentir monter ce même espoir lorsque l'armée du Rohan arrive devant la Cité assiégée, le soleil se levant derrière elle, faisant face à une armée dix fois plus puissante ? Comment ne pas ressentir le désespoir le plus profond lorsqu'on se rend compte que ces chevaliers ne pourront rien faire face à ce mur noir de boucliers et d'épées ? Comment ne pas se retrouver presque assommé lorsque Theoden donne l'un des plus beaux discours guerriers jamais entendus, et lançant son armée à l'assaut dans un cri de mort puissant au son des cors ? Comment ne pas ressentir ce même désespoir lorsqu'Aragorn se montrera prêt à tout sacrifier pour laisser une infime chance à Frodon de finir sa mission...

 

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Le Retour du Roi offre ainsi des moments de bravoure incroyables, qui vont serrer le cœur du spectateur. Chaque personnage devra faire face à ses peurs les plus primitives pour avoir une chance de triompher. Qu'il s'agisse d'Aragorn face à l'Armée des Morts, de Frodon qui doit choisir entre la destruction de l'Anneau, qui fait maintenant parti de lui, ou la destruction du monde, qui n'est plus qu'un lointain souvenir, d'Eowyn affrontant le Nazgul (symbole même de la peur), ..., tous les personnages sont face à des dilemmes personnels, qui auront une influence majeure sur la guerre qu'ils mènent. Encore une fois, c'est en mélangeant la grande histoire et la petite que Peter Jackson donne une réelle puissance à son film...
 

Alors oui, peut-être que les différentes fins successives du film pourront déranger certaines personnes, qui ne comprendront pas le but de cette manœuvre. Mais ces fins sont nécessaires (PETITS PETITS SPOILERS) : elles épargnent au film un happy end banal et ennuyant, et offre à la trilogie une conclusion douce amère. Ce sera à vous de les comprendre et de les interpréter, mais nul doute que de nombreuses personnes sortiront de la salle les larmes aux yeux, les genoux faibles et tremblants, l'émotion serrant le cœur.

 

Car ce film n'est finalement pas qu'un film. Il se ressent, et vous habitera pendant longtemps...
 
Anne-Louise ECHEVIN 

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Le verdict des internautes

Total des votes : 83

Les notes des internautes

  •  
    Scénario
  •  
    Réalisation
  •  
    Acteurs
  •  
    Musique

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