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Le Seigneur des Anneaux: les deux tours

La critique d'Excessif

5/5
Affiche du film Le Seigneur des anneaux : les deux tours L'HISTOIRE :

Après la mort de Boromir et la disparition de Gandalf, la Communauté s'est scindée en trois. Perdus dans les collines d'Emyn Muil, Frodon et Sam découvrent qu'ils sont suivis par Gollum, une créature versatile corrompue par l'Anneau. Celui-ci promet de conduire les Hobbits jusqu'à la Porte Noire du Mordor. A travers la Terre du Milieu, Aragorn, Legolas et Gimli font route vers le Rohan, le royaume assiégé de Theoden. Cet ancien grand roi, manipulé par l'espion de Saroumane, le sinistre Langue de Serpent, est désormais tombé sous la coupe du malfaisant Magicien. Eowyn, la nièce du Roi, reconnaît en Aragorn un meneur d'hommes. Entretemps, les Hobbits Merry et Pippin, prisonniers des Uruk-hai, se sont échappés et ont découvert dans la mystérieuse Forêt de Fangorn un allié inattendu : Sylvebarbe, gardien des arbres, représentant d'un ancien peuple végétal dont Saroumane a décimé la forêt...

Epique et magistral !

Les Deux Tours hérite d'une tâche assez difficile. Faire le lien entre une introduction (La Communauté de l'Anneau) et une conclusion (Le Retour du Roi), tout en gardant un bon rythme, en captant l'attention du spectateur et en ayant une histoire cohérente (le film n'ayant par essence ni début ni fin réels). Précisons qu'il est nécessaire d'avoir vu la Communauté de l'Anneau pour comprendre et admirer Les Deux Tours , qui est un film tout aussi magistral que son prédécesseur.
 
Et cela se comprend dès la scène d'ouverture du film ! Avec La Communauté de l'Anneau, Peter Jackson a prouvé qu'il savait comment réaliser une séquence introductive réussie et grandiose. Pour le plus grand bonheur de nos yeux, le réalisateur nous refait le même coup avec l'ouverture des Deux Tours . Il reprend habilement une scène capitale de la Communauté de l'Anneau, et la poursuit là où elle s'était arrêtée, en ayant toutefois l'habilité de ne pas nous en donner la fin. Bénéficiant toujours du soutien de la somptueuse musique d'Horward Shore, la séquence emporte littéralement le spectateur dès les premières minutes. Et accrochez-vous à votre fauteuil, car ce n'est que le début !

 

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Les Deux Tours introduit une nouvelle structure narrative par rapport à La Communauté de l'Anneau. Frodon et Sam se dirige vers le Mordor, traversant pour cela des régions de plus en plus hostiles, dévastées et mortelles. Le reste de la Communauté est dispersée : Merry et Pipin vont rencontrer d'étranges créatures, tandis qu'Aragorn, Legolas et Gimli vont devoir rejoindre les champs de bataille où humains et uruk-hai s'affrontent. Contrairement aux écrits de Tolkien, qui traitent indépendamment les histoires de Frodon et celle du reste de la Communauté, Peter Jackson préfère fonctionner par séquences alternatives, passant constamment entre ces trois histoires. Bonne idée, puisque le spectateur arrive à suivre tout ce qui se passe avec facilité, et est dans l'attente de revenir à chacun des personnages, souvent laissé en situation de suspense. L'attention est ainsi accrochée, la curiosité est éveillée : il ne vous reste plus qu'à ouvrir vos yeux et à admirer ce qu'il se passe.

 
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Car ce que perd Les Deux Tours en dimension fantastique et féerique par rapport à La Communauté de l'Anneau (nous quittons définitivement les doux pays des elfes), le film le gagne en dimension épique. La guerre fait rage en Terre du Milieu, les combats sont inégaux, l'Ennemi (Sauron) a perverti les esprits des rois de peuples guerriers, qui refusent de se défendre. Dans ce film, nous sommes au Rohan, un pays aux fortes résonances celtiques (et donc, par association, vikings). C'est ainsi que Tolkien décrit ce peuple, et Peter Jackson, en bon élève, suit la voix du maître. Qu'il s'agisse de l'architecture des bâtiments, des paysages, des manières directes et rudes de ces habitants et de leurs coutumes, ou du thème musical lié à ce peuple, le réalisateur a tout fait pour donner à cette contrée, nouvelle pour le spectateur, une identité culturelle forte et marquée. Le respect de la mythologie créée par Tolkien est primordial. Les fans devraient se délecter, et les nouveaux venus dans cet univers ouvriront les yeux d'émerveillement. Et, en suivant les aventures du peuple du Rohan, le spectateur va se retrouver plongé dans des batailles épiques, grandioses, à la fois terribles et magnifiques. L'apothéose de ces combats est la Bataille de Fort-le-Cor (ou du Gouffre de Helm)...

 
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Cette fameuse bataille dure plus de quarante minutes à l'écran (ce qui est énorme), mais toute une nuit pour les protagonistes. Une nuit de désespoir total pour les hommes. Une nuit pour la survie d'un peuple. Une nuit pendant laquelle des enfants et des vieillards se joindront au combat et y périront. Une nuit d'angoisse, coincés dans une forteresse qui, si elle est prise, ne permettra à personne de s'échapper. Une nuit où 600 hommes affrontent 10.000 ennemis...
 
Impossible de ne pas être ému à la vue de ce combat désespéré. C'est dans ces conditions désespérées que les valeurs mises en exergue par Tolkien prennent tout leur sens, et frappent le spectateur, à la fois ému, admiratif et désespéré, en plein cœur. Car cette bataille permet à chacun de révéler sa force intérieure, de se dépasser à nouveau, de repousser ses limites physiques, de combattre un désespoir envahissant : si le combattant lâche, sur le plan physique ou mental, sa mort, mais aussi celle de tout un peuple, sera inévitable. Les valeurs défendues par Tolkien peuvent paraître difficiles à suivre et irréalistes, mais elles sont chevaleresques et dignes. Et c'est, encore une fois, grâce à ce mélange entre la grande histoire (la Bataille de Fort-le-Cor et ses enjeux) et la petite (le dépassement de soi et de ses limites de chaque personnage) que va naître toute l'émotion et toute la dimension épique du film... Bataille qui va se finir dans une scène désespérée d'une beauté et d'un désespoir à couper le souffle, puis sublimée par une séquence absolument grandiose, magnifique, digne des plus grands films de samouraïs ou de chevalerie, qui fera naître de nombreuses larmes d'émotion car, à ce moment, la morale que défend Le Seigneur des Anneaux prendra tout son sens et frappera les spectateurs en plein cœur.

 
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Et il en va de même pour une autre bataille, celle d'Isengard, à la puissance visuelle et mentale fortes, et aux résonances écologiques finalement bien actuelles. Tout aussi puissant, ce combat « entre le roc et le bois », la nature et l'industrie destructrice, est portée par une imagerie jusque là inédite au cinéma, ainsi que par la musique d'Howard Shore qui, décidemment, a bien composé là une bande originale majeure de l'histoire du Septième Art.
 
Mais Peter Jackson ne se perd pas dans ces scènes de guerre, et n'oublie pas le but principal de ses films : la quête de l'Anneau. Menée par un Frodon dont le comportement, aussi bien physique et mental, se dégrade de façon visible malgré le dévouement total de Sam, cette partie du film va s'enrichir de la présence d'un autre personnage : Gollum. C'est la première fois qu'une créature créée grâce à la technique de la « performance capture » dégage un tel degré de réalisme. Car derrière l'image de synthèse, il y a bel et bien une performance d'acteur : celle d'Andy Serkis. L'acteur a parfaitement compris la dualité de son personnage, qui est totalement schizophrène, et joue admirablement des deux personnalités que Gollum possède : l'être malsain et dangereux, mais aussi la créature martyrisée et en quête de rédemption et de pardon. Le personnage possède une force insoupçonnée, et réussit à faire naître de nombreux sentiments contradictoires chez le spectateur : on l'apprécie autant qu'on le déteste, on le méprise autant qu'on le prend en pitié... Il s'agit là d'un tour de force scénaristique étonnant.

 

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Car la force de Peter Jackson, dans Les Deux Tours tout comme dans La Communauté de l'Anneau, vient de son attachement aux caractères de ces personnages. Les super-productions hollywoodiennes ont souvent tendance à nous donner des films à grand spectacle mais aux héros stéréotypés ou peu développés. Ce n'est pas le cas ici, car le roman de Tolkien insiste sur le caractère humain et complexe de tous ses personnages. En plus de ceux que nous connaissons bien (depuis le premier film) s'ajoutent des rôles secondaires étonnants : Gollum, donc, mais aussi Eowyn, jeune femme guerrière à la personnalité forte, en attente d'héroïsme mais contrainte d'assister à la décrépitude de sa vie et de celles des gens qu'elle aime. Eomer, guerrier habile envoyé en exil pour avoir tenté de sauver son peuple. Theoden, roi manipulé en pleine déchéance, mais qui devra affronter ses démons pour reprendre le combat. Faramir, frère de Boromir, un homme à la force certaine mais constamment brimée... Tout comme les personnages principaux, ces héros devront faire face à leurs angoisses, cauchemars ou rancoeurs pour triompher, et ainsi mener les batailles personnelles et la bataille pour la sauvegarde de leurs terres et de leurs peuples. Et, de nouveau, c'est de là que vient la force de ce film : pour combattre le Mal (Sauron et l'Anneau), il faut avant tout combattre le mal qui est en nous et dont l'appel à la corruption est si fort...

 

Anne Louise ECHEVIN

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Le verdict des internautes

Total des votes : 59

Les notes des internautes

  •  
    Scénario
  •  
    Réalisation
  •  
    Acteurs
  •  
    Musique

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talatchooksibas 02/01/2010 à 20h11
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