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Le Serpent

La critique d'Excessif

0/5
le_serpent_cinefr L'HISTOIRE :
Trois films en 16 ans. Après Le brasier (1991), Toreros (2000), Eric Barbier livre son nouveau film adapté de l’auteur anglais culte Ted Lewis. Plender (titre original) est le second roman de Lewis à être porté à l’écran. Jack’s return home avait déjà connu trois adaptations dont la plus réussie, sortie en 1971, reste La loi du milieu avec Michael Caine, l’histoire d’un malfrat qui vient venger la mort de son frère. Dans Le Serpent, le thème de la vengeance est à nouveau au cœur du récit. Mais Barbier s’en approprie fermement le traitement en passant du point de vue original du vengeur à celui de la victime.

LE SERPENT
Un film de Eric Barbier
Avec Yvan Attal, Clovis Cornillac, Pierre Richard, Simon Abkarian
Durée : 1h59
Date de sortie : 10 janvier 2007



Vincent Mandel, photographe et père de famille en instance de divorce, voit sa vie s’effondrer à cause d’une manipulation orchestrée par un ancien camarade de classe, Joseph Plender. Meurtre, enlèvement et chantage vont conduire Vincent dans une véritable descente aux enfers… Il ne reste qu’un seul espoir, battre Plender à son propre jeu.

Parmi les rares thrillers français de ces dernières années, Le serpent s’illustre par une construction scénaristique solide et une esthétique soignée. Barbier a le sens du cadre et sa mise en scène y gagne en ampleur. Tout comme son appropriation de l’espace, remarquable, qui exploite les possibilités de chaque lieu avec intelligence. Les visages sous tension bénéficient d’un éclairage travaillé aux teintes sombres et inquiétantes. Tout comme les décors, qui évitent judicieusement les éléments pouvant rappeler une certaine réalité afin de nous plonger au cœur de ce thriller.



Pourtant, Le serpent ne se limite pas qu’à un film de genre. Les tourments des personnages, très développés, apportent une dimension humaine trop souvent abandonnée au profit d’un suspense à la mécanique ultra-précise. D’ailleurs, c’est à ce niveau que le film pèche par moment. A force de vouloir accentuer les blessures des personnages, il finit par casser le rythme. Bien sûr, des rebondissements viennent ponctuer l’histoire de façon spectaculaire mais on tarde à vraiment rentrer dans l’intrigue principale, dans le noyau dur de cette vengeance à double sens.
A ces petits défauts de rythme viennent s’ajouter une réalisation, certes ambitieuse, mais aussi trop insistante sur certains effets. On pourra citer une cascade au ralenti peu convaincante et des accentuations musicales superflues sur des scènes à suspense. Ce suspense justement peine à aspirer le spectateur, la faute à une intrigue souvent prévisible quelques dizaines de secondes à l’avance.



Toutefois, Le serpent reste prenant grâce aux interprétations d’Yvan Attal, toujours impeccable, et de Clovis Cornillac, flippant en psychopathe vengeur. Les seconds rôles ne sont pas en reste avec Pierre Richard (sans la barbe) très juste en avocat manipulé, et Simon Abkarian, décidément intense dans ses seconds rôles actuels après Casino Royale. Ainsi, même si Le serpent n’atteint pas le rang de film référence, il reste un thriller soigné et ambitieux dans le cinéma français actuel. A noter, une fin très intelligente, prenant à contre-pied le final classique du thriller hollywoodien. L’épilogue notamment, pessimiste et assez rare pour mériter d’être souligné. Un point de vue radical mais agréable après les dizaines de fins stéréotypées dont chacun a été victime.

Thomas Legal

Retrouvez dans les pages suivantes notre galerie de photos du film.

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