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Le Silence de Lorna

La critique d'Excessif

4/5
silence_lorna_tmpok L'HISTOIRE : Une jeune femme confrontée à l’errance de son époux, drogué, cherchant à s’en sortir, elle réagit violemment, le repousse froidement, un comportement étrange, Lorna en fait n’a épousé Claudy que par intérêt, une machination dans laquelle elle s’est enfoncée afin de pouvoir avancer dans sa propre vie, de monter un snack avec son compagnon. Grâce à cette union elle a obtenu la nationalité belge et doit prochainement, après la mort de Claudy censé succomber à une overdose, épouser un maffieux russe prêt à sortir une forte somme d’argent pour changer de nationalité. Mais Lorna va s’attacher à Claudy…
Présenté à Cannes en compétition officielle, ce nouveau film des frères Dardenne, deux fois palmés, s’inscrit dans la lignée de leur cinéma, froid, tranchant dérangeant, avec une tonalité légèrement plus positive, moins radicale. Peut-être une nouvelle Palme d’or si le jury est sensible à cet univers très sombre.

LE SILENCE DE LORNA
Un film de Jean-Pierre et Luc Dardenne
Avec Arta Dobroshi, Jérémie Rénier, Fabrizio Rongione, Alban Ukaj
Durée 1h45
Date de sortie : 10 septembre 2008


Une jeune femme confrontée à l’errance de son époux, drogué, cherchant à s’en sortir, elle réagit violemment, le repousse froidement, un comportement étrange, Lorna en fait n’a épousé Claudy que par intérêt, une machination dans laquelle elle s’est enfoncée afin de pouvoir avancer dans sa propre vie, de monter un snack avec son compagnon. Grâce à cette union elle a obtenu la nationalité belge et doit prochainement, après la mort de Claudy censé succomber à une overdose, épouser un maffieux russe prêt à sortir une forte somme d’argent pour changer de nationalité. Mais Lorna va s’attacher à Claudy…

Pour la première fois les frères Dardenne s’expatrient, quittent la cité de leur enfance, Seraing, pour tourner ce nouveau récit dans un cadre plus ouvert, celui d’une grande ville, Liège, légèrement plus chaleureuse, drainant une nouvelle énergie. Leur personnage, celui de Lorna, se retrouve du coup entouré par une foule de gens, dans un contexte beaucoup moins cru que ces univers auxquels ils nous ont habitués, on la sent du coup beaucoup moins seule, plus lumineuse, moins ancrée dans une spirale infernale à laquelle il lui est difficile d’échapper. Si cette histoire est portée par une réelle tension dramatique, il s’en échappe beaucoup plus de tendresse, d’espoir que dans leurs précédentes œuvres aux contours d’une profondeur nettement plus sordide, plus noire. Le silence de Lorna est avant tout une histoire d’amour, celui d’une jeune femme pour la vie, pour les autres.


Les Dardenne ont également décidé de tourner en 35 mm, ils n’ont du coup plus la même mobilité, ne serrent pas autant leurs personnages, ne les enferment pas dans leurs blessures en se rapprochant de leurs regards, de leur intimité. Ils laissent ici à leur héroïne, plus de respiration, plus de liberté, un éclat se reflétant également dans la personnalité de la jeune comédienne venant du Kosovo, Arta Dobroshi. Il s’en dégage une touchante générosité illuminant vraiment le film. On se laisse prendre avec elle dans ce piège venant soudainement se refermer sur elle. Il se dégage de sa présence, de la mise en scène d’une pureté brutale, ciselée, directe, une vraie puissance, différente mais tout aussi intense. Les frères Dardenne nous offrent encore un très beau moment de cinéma, autour d’une histoire intéressante, vibrante, celle d’une déroute existentielle.

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  • silence_lorna_haut
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