L'HISTOIRE : THE TIME THAT REMAINS est un film en partie autobiographique, construit en quatre épisodes marquants de la vie d’une famille, ma famille, de 1948 au temps récent.Cette comédie politique ne fait hélas pas les éclats attendus
Après Intervention Divine récompensé en 2002 par le Prix du Jury, Elia Suleiman revient sur la Croisette pour nous présenter son dernier film, The Time that remains. Racontant les siens et le conflit israélo-palestinien, son film paraissait enclin au travers de son histoire à marquer la quinzaine comme Valse avec Bachir avant lui. Aux côtés des autres fleurons des sélections parallèles comme Amerrika et Ordinary people, cette comédie politique ne fait hélas pas les éclats attendus et se borne simplement à confirmer le talent de l’acteur-réalisateur, entre humour et redites.
Histoire de famille et mise en miroir
Retrouver le cinéaste d’Intervention Divine à Cannes était en soi une bonne nouvelle. En effet, plus de sept années s’étaient écoulées avant que notre homme ne puisse retourner derrière la caméra pour un long-métrage. Or, le film qu’il nous livre aujourd’hui, s’il reprend tout ce que l’on peut aimer chez lui, n’offre pas davantage. Loin d’être dans la progression et l’évolution, son cinéma s’inscrit uniquement dans le prolongement de procédés et de figures typiques et déjà employés. Ainsi, outre quelques clins d’œil cinéphiles et une mise en abîme des événements par le prisme d’une télé, un seul travelling anime le film quand tout ce dernier est filmé en plan fixe. De fait, à la manière du cinéaste muet qu’il réactualise et perpétue, The Time that remains traite avec tendresse de la vie d’une famille palestinienne et de l’absurdité du conflit israélo-palestinien avec les stratégies et les moyens d’un pan de l‘histoire du cinéma que l’on pensait dépassé.
Certes, on aimera voir le grand échalas qu’est le réalisateur et l’admirable Saleh Bakri (La Visite de la fanfare) œuvrer entre Tati, Chaplin et Keaton tout au long du film, telles des poupées dont le jeu sur-expressif et mécanique fait passer plus que les situations qu’ils traversent. De même, on appréciera l’écriture très théâtralisée du métrage avec son lot de saynètes absurdes, décalées et ironiques qui impactent d’autant plus qu’elles sont répétées et réitérées dans l’esprit du comique de répétition. De fait, The Time that remains n’est pas déplaisant et nous arrache souvent des sourires même lorsque l’action s’aventure vers plus de gravité.
Cependant, pour qui n’aime pas ce cinéma extrêmement chorégraphié, vidé de toute liberté d’interprétation et s’appuyant sur une économie exacerbée de gestes, d’attitudes et de moyens, ce métrage ennuiera au mieux, déplaira au pire. Parce qu’il n’a pas le souffle des fresques épiques ou historiques tout d’abord, mais plus encore parce que ses procédés essentiellement humoristiques et décalés amusent, sans toutefois innover ou se renouveler. Ainsi, malgré de belles séquences d’émotion lorsqu’il filme une « mère » et le destin dramatique de son pays, The Time that remains peine à élever son propos et ne passionne pas davantage, au point de s’affirmer comme une relative déception.
A l'occasion de la sortie de son dernier film, Le Temps qu'il reste, une évidence s'impose lorsque l'on considère l'ouvrage d'Elia Suleiman : la maîtrise de cet art si particulier qu'est celui de la ...