L'HISTOIRE : Frank Martin est le spécialiste des missions risquées et du transport de matières dangereuses (nymphettes hystériques, drogue, armes, argent sale). Cette fois-ci, il se retrouve dans l'obligation de convoyer de Marseille à Odessa, deux mystérieux sacs et une ado hystérique.
Ajoutons à ce postulat de départ, l'impossibilité de s'éloigner de plus de 25 mètres de sa voiture, sous peine d'exploser en mille morceaux.
Un ratage quasi total
Olivier Mégaton était resté assez silencieux depuis la sortie de la sirène rouge en 2002, adaptation assez maladroite du plus accessible des romans du génial Maurice G. Dantec, le film croulait sous le poids de gros problèmes de casting et de production, mais le détail qui nuisait le plus à l'ensemble, c'était sans conteste son arrogance.
C'était déjà le principal défaut de sa première œuvre, Exit, énième "serial killer movie" (c'était la grande mode à l'époque) qui ne provoquait pas grand-chose d'autre qu'un profond ennui.
Néanmoins, on ne pouvait pas enlever un certain talent visuel à Olivier Megaton et légitimement se demander si ces qualités formelles ne pourraient pas mieux s'exprimer sous la houlette d'un cahier des charges précis qui serait dicté par un producteur plus interventionniste.

En tant que simple spectateur, on sait tout à fait à quoi s'attendre en allant voir ce troisième volet de la saga Le Transporteur, on veut juste notre quota de course-poursuites sur nos autoroutes nationales, de pétages d'arcades sourcilliéres à la Steven Seagal et de donzelles hurleuses comme Luc Besson les affectionne.
Malgré une nouvelle idée peu originale mais efficace (le bracelet explosif à la Snake Plissken), le film réussit l'exploit de faire pâle figure face aux deux précédents métrages qui avaient été signés par Louis Leterrier.
Ce dernier ne se prenait pas vraiment au sérieux et sa nouvelle carrière hollywwoodienne sonne un peu comme la récompense de sa capacité à composer avec le système EuropaCorp.

Ce don d'adaptation n'est visiblement pas à la portée d'Olivier Megaton qui rate à peu près tout ce qu'il entreprend : Jason Statham ressemble plus à un chippendale qu'à un implacable convoyeur badass malgré son charisme évident, la romance qui se développe entre Frank Martin et la donzelle est intégralement ratée et empiète beaucoup trop sur le reste de l'intrigue, les gags ne font quasiment jamais rire, même François Berléand nous laisse de marbre, ce qui est en soi un exploit...

Les deux premiers Le Transporteur avaient pour eux un ton plus léger, une décontraction et, osons même le dire, un certain talent pour mêler humour franchouille et emballage à l'américaine.
Là, il s'agit d'un ratage quasi total. On peut tout de même sauver l'interprétation de Robert Knepper (Prison break, Hitman) qui assure le minimum syndical, interprétant le bad guy de service, en jouant à merveille de ses mimiques de pervers. Très mince consolation...
Jason Statham est à l'affiche du film Expendables : unité spéciale. C'est donc une occasion de se pencher sur sa carrière au travers d'un top 10 box-office.