Trois ans après Peindre ou faire l’amour, les frères Larrieu sont de retour pour un trip aussi écolo qu’excentrique à la lisière du surréalisme mais entièrement plombé par un manque édifiant de rythme et de consistance... Malgré la prestation amusante du couple Azéma-Darroussin,
Le voyage aux Pyrénées ne convainc qu’à de rares instants et sa tendance à l’ostentation d’une volonté de se démarquer achève tout bonnement le capital sympathie de ce film bien trop long et pas drôle du tout. On s’ennuie ferme...
LE VOYAGE AUX PYRENEESUn film de Jean-Marie et Arnaud Larrieu
Avec Sabine Azéma, Jean-Pierre Darroussin, Arly Jover...
Durée : 1h42
Date de sortie : 09 Juillet 2008
Sous le pseudonyme de M. et Mme Go, Alexandre Dard et Aurore Lalu, couple de comédiens célèbres, arrivent en pleine nuit dans une vallée isolée des Pyrénées. Alexandre a imaginé que ce serait la destination idéale pour éloigner Aurore, en proie à des crises de nymphomanie, de toute tentation et pour mieux la retrouver... Présenté à la Quinzaine des réalisateurs il y a quelques semaines, le dernier film des frères Larrieu a divisé le public. D’un côté les réticents à cet univers aussi creux que prétentieux, de l’autre les emballés qui ont réussi à y voir une sympathique comédie décomplexée aux allures de parcours initiatique... Chez nous, on n’a pas vu grand-chose si ce n’est une accumulation de maladresses dignes d’un mauvais premier film et un ensemble bien falot, brouillé par un humour peu affriolant malgré les apparences. En voulant faire dans le gentiment érotique, le passablement graveleux, les Larrieu réalisent un entre-deux bien morne et terriblement convenu où les personnages ne parviennent jamais à sortir de la singerie. Dans un registre surréaliste, se prétendant digne successeur des plus belles oeuvres de Resnais, le film n’est qu’un patchwork de peintre du dimanche inspiré Dada cherchant ses marques dans un mic-mac lubrique où les ours se font sages libidineux et les moines, de fiers impudiques. C’est rigolo dix secondes...

On ne pourra reprocher à Azéma et Darroussin de ne pas tenter un sauvetage en bonne et due forme et de réhausser le niveau d’un scénario ficelé au gros scotch... Chacun, sans se donner outre mesure, réussit par moments à nous esquisser quelques sourires durant la première demi-heure et ils parviennent en couple à établir un capital sympathie honorable pourtant anihilé dans la seconde paartie du film. C’est bien simple, on décroche littéralement de ce récit invraisemblable écrit tel un cadavre exquis où les fausses pistes symboliques viennent se mêler à une action faussement roublarde privilégiant la surprise et les rebondissements plutôt qu’une vraie solidité de ton. Dialogues d’antan et jeu de comédien passéiste peuvent amuser mais énervent au plus haut point lorsque les seconds rôles font leur apparition... La palme est attribuée au terrifiant cameo d’Amira Casar, catastrophique !

Sans relâche, les Larrieu ajoutent toujours plus d’eau au moulin du ridicule et semblent en roue libre dans les derniers instants du film qui prétend établir une merveilleuse métaphore du couple en crise en échangeant les personnalités et corps des deux comédiens. Tout sonne faux et l’astuce de scénario s’écroule tant sa finalité semble sans aucune pertinence... Le tout finit en queue de poisson et nous laisse avec la désagréable impression de s’être fait rouler. On commencerait presque à s’y faire...
Kevin Dutot





