L'HISTOIRE : Sponsorisé par son éternel rival, Red Ridchards organise une mission spatiale dont le but est de comprendre les origines de l'ADN humain et tenter par la même occasion de trouver un remède à toutes les maladies connues. Lorsqu'un orage magnétique frappe soudainement la station orbitale, toute son équipe est rapatriée sur terre et il ne faudra pas attendre longtemps avant que les membres de celle-ci subissent les premiers symptômes de l'étrange phénomène.

Soyons clairs : Les 4 fantastiques cuvée 2005 est un beau nanar, mais un nanar de premier choix ! L'un de ceux qui réunissent toutes les recettes du divertissement à la limite du médiocre mais poilant, du jeu d'acteur surfait, du soap-opéra qui s'ignore et sauvé par la plus grande liste de punchlines jamais espérée puisque là où tout blockbuster qui se respecte nous offre son lourdaud de service, ce sont ici tous les personnages qui y vont de leur petites blagounettes. Exit donc le film de super héros riche en scènes d'actions tant attendu, adieu les prouesses acrobatiques de la doublure numérique de La chose et place au Michael Chiklis show ! Les gags en plus et les rires enregistrés en moins. Le principe même de faire passer Jessica Alba pour une astrophysicienne nous plongeant dans le surréalisme totale, la décision de faire de ces quatre fanatiques (quelle bombe!) une comédie premier degré pleinement assumée s'avère être le meilleur choix. Allons même plus loin, Tim Story, réalisateur du remake de Taxi (bientôt en salle ?) est l'homme de la situation. L'humour de l'ovni lorgnant plus du coté de Gérard Pirès que de Bryan Singer. Véritable hommage à la niaiserie des séries télévisées de notre jeunesse, et d'une naïveté presque touchante, Les 4 fantastiques reste pourtant un vrai divertissement d'une débilité jouissive. Notre navet coup de cœur !
Les 4 Fantastiques est la production Marvel de l'été, et sans être la plus mauvaise, elle n'est pas loin d'égaler Hulk. Manque de rythme, erreurs de raccord, failles scénaristiques, tout concorde à la construction d'une erreur monumentale. Les inconditionnels seront affligés par l'exploitation de Von Fatalis, qui passe du statut de meilleur méchant Marvel au pire ersatz des films de séries Z. Seule Ben (La chose), Johnny (La torche) sortent leurs épingles du jeu, sans pour autant atteindre des sommets. Le plus dramatique reste Jessica Alba prononcer des abominations telles que : "Toute application continue d’un morceau de plan simplement connexe (d’un seul tenant et sans trous) sur lui-même ou sur une partie de lui-même possède au moins un point fixe" laisse un tant soit peu perplexe. De plus la belle en blonde peroxydée évoque cruellement Christian Clavier en Astérix, comme quoi, la lobotomie n'est pas une lubie scientifique. La palme d'or du personnage le plus inutile revient à l'incommensurable Ioan Gruffud (Red Richards), dont le superpouvoir tient plus de l'invisibilité que de l'élasticité.
Les vingt premières minutes des 4 Fantastiques laissent augurer un divertissement calibré pour envahir les salles l'été, dans un sens péjoratif certes, mais au moins plaisant. Malheureusement débrancher son cerveau face à ce film n'empêche pas de tiquer très rapidement sur le vide des dialogues, les effets spéciaux ahurissants de nullité (l'élasticité de Mr Fantastique est visuellement atroce), et le formatage global de toute cette production. La palme revient au Dr Doom (Dr Fatalis en vf) qui déjà peu crédible en humain devient carrément hilarant en costume. Il ne s'agit donc pas du tout de l'adaptation des 4 Fantastiques que l'on aurait aimé voir au cinéma, à une époque où les X-Men, Batman Begins et autres Spider-Man sont les références en la matière. Reste toute cette absence de prétention sur 1h50 qui prouve que le film a été pensé pour les enfants, dans un ton niais rappelant celui des X-Or de notre enfance. Mais même en réalisant un film pour 10-15 ans, un réalisateur n'est pas obligé de le plomber de tics esthétiques façon MTV (les filles, le maquillage, les scènes de foules atterrantes), de rater les effets spéciaux à ce point, ou de sacrifier ce qui est normalement le méchant le plus terrifiant de l'univers Marvel. Un ratage donc, mais moins important que les rumeurs l'annonçait.
Entre super-héroïne, bombe sexuelle ou fille tourmentée, de Dark Angel à Sin City, parcours en images de la belle Jessica Alba, pour prolonger un peu la douceur de la Saint Valentin.