La critique d'Excessif

3/5
Affiche du film Les Barons L'HISTOIRE : Les Barons ont une devise : "glander plus pour vivre plus". Chaque être humain naît avec un crédit de pas et chaque pas effectué te rapproche de la mort. Nous, les Barons, on le sait dès le départ.
Deux morts au Cyanure ?... C’est où ça ?

A la naissance t'as un compteur, chaque être humain naît avec un certain crédit de pas, et chaque pas te rapproche de la mort. Un Baron, c'est quelqu'un qui sait ça dès le départ, dès lors, il cherchera à économiser ses pas. Hassan, Aziz et Mounir sont trois barons de Bruxelles ; l'un veut faire carrière sur les planches, l'autre pionce au beau milieu des fruits et légumes tandis que le dernier vit d'accidents de voitures. Mais ce qui s'annonce comme une règle simple au départ finit par craquer ses coutures.
  
De Jeunes Premiers
Premier long-métrage de Nabil Ben Yadir, Les Barons souffre au premier abord des défauts d'un premier film : idées quasiment autobiographiques, mélange de genres, private jokes récurrentes... Et pourtant, la sauce prend. Déjà par son casting composé d'illustres inconnus (Nader Boussandel, le rôle principal n'a joué que des personnages de troisième plan), quelques guest stars venues apporter leur expérience (Edouard Baer ou Fellag) et surtout une histoire qui touche tout le monde, pourtant ancrée dans la religion musulmane. Hassan, le personnage principal, a des problèmes. Cherchant à faire de la scène, il ne veut pas non plus décevoir son père qui veut lui trouver un travail, une femme et si possible des enfants. Engrainé soudainement dans la réalité, Hassan se résout finalement à accepter son destin. Tel George Bailey de La Vie est belle, ce sont les autres qui choisissent pour lui. Il jette pourtant son dévolu sur une amie d'enfance, Malika (incarnée par Amelle Chahbi que peu avaient pu voir dans Filles perdues et cheveux gras), présentatrice du 6 minutes belge, et amour visiblement impossible, car sœur de Mounir (Mourade Zeguendi) le pote d'Hassan « Et on touche pas la sœur d'un pote ». Autour d'eux gravite aussi un certain Franck Tabla joué par Julien Courbey, reprenant son personnage du blanc qui veut devenir beur, qu'on avait déjà aperçu dans Il était une fois dans l'Oued. Tout ce beau monde (sauf Malika) se prend au jeu des barons, en essayant de ne pas faire grand-chose à longueur de journée, et très rapidement, ce qui commence comme une légère comédie sur la banlieue avec les glandeurs vivant de coups fourrés ou de défis à coups de vannes pourries, file ensuite vers une comédie plus réaliste tel que le cinéma belge nous offre fréquemment.

 

Les Barons


 
Théâtre de banlieue
Visiblement fan de Striptease, un dialogue du film reprenant même un passage de l'émission ( « - 2 morts au Cyanure ?... C'est où ça ? »), le réalisateur nous offre un portrait de jeunes musulmans qui, malgré le concept du début, cherchent tout de même à s'en sortir, et souffrent d'un cruel complexe Oedipien. Il brasse donc plusieurs thèmes, comme la religion (via la scène du mariage), la recherche de sa place dans la société et le rapport aux amis. Le réalisateur se permet aussi dans un premier temps, certains passages bien chorégraphiés comme lorsque Hassan sort de table pour rentrer dans un flash-back dans le même plan ou  lorsqu'il se retrouve sur scène en ouvrant les rideaux de sa chambre. La réalisation (en cinémascope s'il vous plaît) nous montre ainsi quelques scènes oniriques qui font face à la cruauté de certains plans de la seconde partie. On assiste par exemple à une rixe assez violente entre deux protagonistes, ou une mise en scène assez crue des accidents provoqués par Mounir (son travail étant de truander l'assurance en provoquant des refus de priorité). Bien entendu, Les Barons est tout de même ponctué de pastilles assez absurdes avec notamment une Virginie Efira en contorsionniste cherchant à représenter le printemps en une heure sur scène ; un passage tourné à la manière d'Al-Qaida où quelques comédiens belges venus faire leur numéro comme Jean-Luc Couchard en dépanneur (que les fans de Hero Corp connaissent sûrement). Au niveau des défauts, on peut reprocher une légère lassitude pour l'histoire d'amour (le j'y vais ? j'y vais pas ? ça va un moment) et quelques passages purement téléphonés (la scène du mariage). Néanmoins, le film divertit, porté par de très bons comédiens et des personnages sympathiques, loin de la bande annonce et du poster criard.

 

 

Damien DUVOT

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Le verdict des internautes

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Les notes des internautes

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