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Les Beaux Gosses

La critique d'Excessif

4/5
les_beaux_gosses L'HISTOIRE : Hervé, 14 ans, est un ado moyen. Débordé par ses pulsions, ingrat physiquement et moyennement malin, il vit seul avec sa mère. Au collège, il s'en sort à peu près, entouré par ses bons copains. Sortir avec une fille, voilà qui mobilise toute sa pensée. Hélas, dans ce domaine, il accumule râteau sur râteau, sans toutefois se démonter. Un jour, sans très bien comprendre comment, il se retrouve dans la situation de plaire à Aurore, l'une des plus jolies filles de sa classe. Malgré des avances de plus en plus évidentes, Hervé, un peu nigaud, ne se rend compte de rien. Quand enfin il en prend conscience, Aurore refuse de sortir avec lui. Puis, sans prévenir, elle se jette dans ses bras. Enfin, il sort avec une fille ! Grand amateur de branlettes et de films X, Camel, son meilleur ami, convainc Hervé d'essayer de coucher avec sa copine. Devant son copain, Hervé se vante de sa virilité, mais quand il est avec Aurore, c'est une autre affaire...
Les Beaux Gosses, c’est surtout beaucoup d’humour

Le titre résume à lui tout seul toute l’ironie et le second degré du regard porté par Riad Sattouf sur ses collégiens dans son excellent premier film. Le réalisateur pourrait avoir le même âge que ses protagonistes boutonneux tant il semble en empathie avec eux. Les Beaux Gosses se situe entre La Boum et Steack, pépite condensant humour et grâce de l’éclatante pubèreté. Des débuts sélectionnés avec raison à La Quinzaine des Réalisateurs.


 

Riad Sattouf n’a plus à le prouver, c’est un observateur hors pair de ses compagnons humains. Depuis presque 10 ans qu’il exerce, vous êtes forcément tombé sur un de ses dessins, publiés dans de nombreuses revues. Ce sont peut-être ses bandes dessinées hebdomadaires dans Charlie Hebdo, intitulées « La vie secrète des jeunes », qui sont les plus populaires ou bien son livre Retour au collège paru en 2005, témoignage d’une immersion dans un collège huppé du XVIème arrondissement. Remplissant les cases blanches, Sattouf se donne un rôle proche du sociologue, plus observateur que caricaturiste, souvent plus édifiant qu’amusant. Traits noirs, bien sentis, étonnant ou atterrant regard sur ses contemporains. Les Beaux Gosses, ce n’est pas une adaptation de ses bandes dessinées mais le projet se situe évidemment dans leur droite ligne et réutilise le matériau des expériences passées.

L’âge ingrat, l’expression n’a jamais été aussi bien justifiée. Boutons, mue, hormones débridées, blagues potaches, le film y va à fond. Le premier plan fixe, présenté pendant le générique, est sur ce point parfaitement révélateur. Le baiser de l’ado : tout un poème, collant, baveux et pire. Le réalisateur s’est rapproché au plus près de ses héros, pas question de camoufler peau grasse ou point noir ! Mais ce n’est pas du naturalisme, certains boutons sont même du maquillage. Sattouf fait du cinéma, il crée un univers et nous y pénétrons avec jubilation.

 

 

 

Parce que Les Beaux Gosses, c’est surtout beaucoup d’humour. Le titre le montre avec ironie, ce film, c’est l’inverse de la classe. L’intelligence de Sattouf est de recréer (à sa façon) le ridicule adolescent. Un de ses outils saute aux yeux : les jeunes acteurs sont parfaits, aucune barrière d’orgueil ne vient casser leur jeu même dans des rôles humiliants (ils le sont tous), c’est comme s’ils s’étaient donnés à leur réalisateur, âmes et corps. Le film est en effet très physique, l’humour très visuel, et au-delà des quelques scènes de branlette hilarantes, les novices ont dû donner de leur personne. Coupes de cheveux improbables –palme à Camel-, appareils dentaires, bizutages, tentatives de dépucelage, cours de sport… la vie d’un jeune en troisième est pleine de dangers.


Riad Sattouf est donc un fan et un professionnel du comique visuel, ses plans sont pensés par rapport à l’éclat de rire qu’ils susciteront et ils touchent immanquablement leur cible. L’imagerie pataude de l’adolescence est exploitée avec l’âme d’un caricaturiste. Le réalisateur charge, souligne avec intelligence. Le gros plan donne à voir les boutons, les bouches emboîtées ou la moustache disgracieuse. Le plan large révèle le pull marron-orange à motif Jaquard, le distributeur qui suscitait une longue hésitation, exclusivement rempli de bananes ou le portrait d’enfant format A4 posé sur un chevalet dans le salon. Une question d’allure.

 

 

Aussi une question de dialogues. En retranscrire ici un extrait ne serait qu’un pitoyable affaiblissement de ce que rendent des répliques tordantes prononcées avec une évidence naïve par les acteurs. Dans les dialogues comme visuellement, Sattouf sait parfaitement doser la part de réalisme édifiant et de charge spirituelle pour un résultat tordant. Le jeune réalisateur se révèle extrêmement inventif, en témoigne sa plume, dans la bande dessinée comme pour le film ; mais aussi les créations à l’intérieur du film, le faux film porno internet de mamanchaudasse.com –dans lequel on aperçoit le metteur en scène- ou les émissions de radio, celle qu’écoute Hervé en se réveillant, genre de Skyrock sur vitaminé au sexe, comme celle de sa mère (excellente Noémie Lvovsky) exclusivement constituée de voix inaudibles se coupant la parole. Ces détails témoignent d’une volonté de tout accentuer, de capter l’essence adolescente en recréant un monde flirtant en permanence avec la caricature.

C’est sans doute toute la force du film. Le fait que Riad Sattouf a créé un univers. C’est en cela que Les Beaux Gosses est comparable au culte Steak de Quentin Dupieux –qu’il évoque aussi musicalement. Loin d’être aussi déjanté, le film de Sattouf présente un monde clos sur lui-même, sans réelle intrigue mais avec des types de personnages et une succession de situations dans des lieux obligés de l’adolescence : la salle de classe, la maison, la soirée chez une copine, la séance de spiritisme, etc. Hervé parle comme un ado d’aujourd’hui sans faire référence à quoi que ce soit d’autre du monde contemporain, le réalisateur opérant un mélange de ses observations actuelles et de sa propre adolescence mixé avec la grâce pataude intemporelle de la puberté.

 

 

Sattouf va donc au-delà du rire, il capte une énergie particulière, vous attache à des personnages que l’on n’a pas envie de lâcher. Hervé écoute du rap mais la musique du film est électronique ; lancinante, elle traduit ce sentiment de trop plein adolescent, un trop plein d’émotions, un cœur qui bat trop vite dans un corps encombrant. La classe des Beaux Gosses, c’est qu’ils pourraient bien devenir cultes.

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Les notes des internautes

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    Scénario
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    Réalisation
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    Acteurs
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    Musique

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l0iic28 01/03/2010 à 09h31
chouloulou 13/11/2009 à 13h47
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