Réalisateur du très fun
Predator 2, Stephen Hopkins revient au long-métrage après un passage par la case télé où il oeuvra efficacement sur
24 saison 1 et sur le téléfilm
Moi, Peter Sellers qui lui valu bon nombre de nominations aux Emmys et aux Golden Globe. Malheureusement,
Les Châtiments nous rappelle qu’il a aussi réalisé
Lost in Space.
LES CHATIMENTSUn film de Stephen Hopkins
Avec Hilary Swank, David Morrissey, Idris Elba, Stephen Rea
Durée : 1h38
Date de sortie : 18 avril 2007Depuis la mort de son mari et de sa fille lors d’une mission humanitaire au Soudan, Katherine Winter a perdu la foi. Désormais elle consacre sa vie à l’explication scientifique de soi disant miracles. Mais lorsqu’ on la contacte pour venir enquêter à Haven, en Louisiane, sur d’étranges phénomènes ressemblant aux dix plaies d’Egypte, Katherine ne trouve aucune explication rationnelle pour la première fois de sa vie.Pourtant précédé d’une réputation peu flatteuse, on continuait à espérer une bonne petite surprise, une honnête série B de la part de celui qui nous avait fait
Predator 2 il y a 17 ans. On se rassurait avec la présence d’Hilary Swank, en se disant qu’avec deux oscars en poche, on gagne certainement du bon goût. Las, le métrage est un ratage complet. Pourtant avec un film estampillé Dark Castle (
13 fantômes, Le vaisseau de l’angoisse, Gothika, et autre
Maison de Cire... que du lourd) on aurait dû s’en douter.
Le scénario recycle tous les clichés des films d’horreur américains récents depuis qu’ils ont découvert
Ring, mélangé ici avec une dose de punition biblique. Ici la seule différence est que la petite fille qui terrorise tout le monde a des cheveux blonds presque propres qui ne lui tombent pas sur le visage. Le réalisateur utilise sans arrêt le même truc pour faire peur au spectateur. Car le film prétend encore pouvoir faire peur en utilisant systématiquement des entrées dans le champ rapide d’un personnage qui ne fait qu’attraper le bras d’Hilary Swank, le tout accompagné de l’effet sonore habituel. Une fois ça va, mais à chaque scène ça commence à devenir un poil lourd. Stephen Hopkins n’arrive jamais à installer une atmosphère pesante et malsaine. Il ne profite même pas du cadre hallucinant du sud profond des Etats-Unis qui offrent pourtant tout ce qu’il faut en ambiance poisseuse, chaude et glauque. Les rares moments de tensions lors des visions cauchemardesques sont systématiquement désamorcés par un montage ultra–cut digne d’un très mauvais (mais alors très mauvais) clip de métal. L’ennui s’installe tranquillement et on en est à compter le nombre de plaies qui restent encore à subir avant la fin et à se demander ce qu’Hilary Swank vient faire dans cette galère (on a quand même une petite idée...).
On patiente alors gentiment entre deux interventions divines, en espérant que la prochaine sera quand même un peu mieux fabriquée que la précédente. Car c’est quand même aussi pour ça qu’on s’est déplacé, pour voir à quoi ressemblent les fléaux de Dieux envoyés sur des rednecks en salopettes. Et bien l’amateur de grand spectacle peut se rendormir tranquille, il ne manquera quasiment rien. On aurait pu s’attendre à des déluges de « money shots » et autres délires visuels pour retranscrire la puissance de Dieu, mais non, pas la moindre montée d’adrénaline ou autre moment censé nous scotcher à notre fauteuil et nous fumer la rétine. Les plaies s‘enchaînent mollement sans aucune ampleur, sans aucune sensation de Fin du monde. Certes, au début le fleuve de sang n’est pas mal, mais les choses se gâtent très vite avec la pluie de grenouilles.

Enfin, la pluie il s’agit plus d’une dizaine de grenouilles lancées dans un étang. Les effets spéciaux ne suivent jamais (seuls les criquets font un petit peu illusion). La tempête de feu est tout aussi pathétique, bilan : trois arbres brûlés. La peste ? Cinq personnes âgées tuées. Les mouches ? Elles n’attaquent que les barbecues... Pas de quoi déclancher l’état de catastrophe naturelle. Mais le comble arrive avec l’ange exterminateur venu faucher tous les premiers nés (ça tombe bien tous les méchants sont des aînés), on a droit à un final qui rivalise de nullité avec celui de
Ghost Rider, mais en moins drôle et en plus laid (oui c’est possible). On repense alors à ce que Spielberg envoyait il y a vingt cinq ans lors du final grandiose des
Aventuriers de l’Arche Perdue, les têtes en fusion avaient quand même plus de gueule (sans mauvais jeu de mots).
Beaucoup d’ennui, pas spectaculaire et même pas drôle, la seule réussite du réalisateur est d’avoir fait des
Châtiments la onzième plaie d’Egypte (oui c’est facile, mais le film fait tout pour).
Stanislas Bernard