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Les Citronniers

La critique d'Excessif

4/5
les_citronniers_tmpok L'HISTOIRE : Veuve Palestinienne vivant seule dans un terrain cisjordanien longeant Israël, Salma voit un jour sa vie changer du tout au tout alors que le ministre israélien des affaires étrangères devient son voisin. Comble de la chose, sa présence requiert un service d’ordre massif qui va bientôt ordonner l’abattage, pour raisons de sécurité, des citronniers dont elle tire son maigre salaire. Ces derniers constituant non seulement son unique manne mais également le seul héritage qu’elle tient de son père, Salma, aidée par Ziad, un avocat palestinien venu de Russie, ira jusqu’au bout afin de protéger ces précieux arbres. Tout au long de cette lutte, un lien invisible va de plus la lier à la femme du ministre, tandis que celle-ci sera seule face à la situation et à l’enfermement de sa propre existence
Veuve Palestinienne vivant seule dans un terrain cisjordanien longeant Israël, Salma voit un jour sa vie changer du tout au tout alors que le ministre israélien des affaires étrangères devient son voisin. Comble de la chose, sa présence requiert un service d’ordre massif qui va bientôt ordonner l’abattage, pour raisons de sécurité, des citronniers dont elle tire son maigre salaire. Ces derniers constituant non seulement son unique manne mais également le seul héritage qu’elle tient de son père, Salma, aidée par Ziad, un avocat palestinien venu de Russie, ira jusqu’au bout afin de protéger ces précieux arbres. Tout au long de cette lutte, un lien invisible va de plus la lier à la femme du ministre, tandis que celle-ci sera seule face à la situation et à l’enfermement de sa propre existence.

LES CITRONNIERS
Une film de Eran Riklis
Avec Hiam Abbass, Tarik Kopty, Ali Suliman, Rona Lipaz Michael, Doron Tavory
Durée : 1h46
Date de sortie : 23 Avril 2008


Ecrit et réalisé par le réalisateur israélien Eran Ricklis, déjà auteur de La fiancée Syrienne et de Vulcan Junction, Les Citronniers part d’une histoire vraie afin de proposer un constat des relations dans lesquelles sont enfermées aujourd’hui tant les israéliens que les palestiniens. On retrouve ainsi une femme palestinienne représentant la pauvreté et la simplicité de la vie rurale, avec tout son héritage (les vergers sont ici depuis des générations) subitement agressée par un israélien haut placé en grandes pompes arborant un sourire de ministre (à juste titre) et cachant ses désirs sous des discours pompeux et autres décisions de l’armée. Et à ce titre, LA question qui résoudrait ce postulat de départ n’est jamais abordée (personne ne pousse le ministre à s’installer précisément ici), poussant le film de la tragédie sociale à la pleine métaphore du conflit.

On se retrouve ainsi avec deux camps en opposition : du côté israélien, le ministre représente forcément le gouvernement, alors que les autres composantes de la population sont également personnifiées par des protagonistes uniques. On retrouve donc le bras armé aveugle (le chef des services secrets), l’insouciance estudiantine qui prépare son avenir (le jeune militaire préparant ses tests d’entrée à l’université quand il ne dort pas), la population aisée, consciente mais silencieuse (la femme du ministre) ou encore les médias qui pointent tout le monde du doigt afin de faire remuer les choses (la journaliste). Côté palestinien, la paysanne représente évidement les populations oppressées prises entre deux feux, soutenues par la loi et l’aide internationale (l’avocat jeune et débarquant de Russie), tandis que d’anciennes forces tranquilles s’occupent à maintenir le conflit. Et au beau milieu, les tribunaux tranchent.


Symptomatique d’un cinéma israélien de gauche, contestataire et désireux d’offrir une vision juste des choses afin d’aspirer à une paix égalitaire, Les Citronniers tente ainsi d’offrir les deux faces d’une même pièce, et le fait de manière sensible et passionnée. On retrouve ainsi la simplicité de Salma et sa dignité, alors qu’elle tombe un temps dans une romande inaccessible, et souffre de l’absurdité de décisions qui la concernent directement, mais sur lesquelles elle n’aura pas son mot à dire. Seule solution : braver les barrières de métal pour tenter de sauver un héritage qui dépérit sans sa présence. Magnifiquement filmé, porté par des acteurs au talent indéniable (Hiam Abbas, toute en retenue), Les Citronniers est un très beau film qui cependant souffre de ne pas aller au bout de son concept.

Le discours anti-militariste (« Je ne suis pas là pour réfléchir » avouera le garde du corps de la femme du ministre tandis que celle-ci lui répondra « Ca ne vous ferait pas de mal ») se révèle ainsi biaisé tandis que, comme nous l’avons dit auparavant, aucune raison n’est fournie quant à la signification spécifique du ministre en ces lieux (niant ainsi la raison de la présence du peuple juif sur cette terre, le ministre s’appelant lui-même Israël) alors que la raison de la mise en place du mur séparant l’Etat hébreu des territoires palestiniens est reléguée en second plan (le terrorisme est ici une donnée considérée comme insignifiante, même l’attentat (une simple tentative) mis en scène l’est hors champ, ne fait aucune victime et n’a aucune importance).


Oubliant ainsi les raisons premières du conflit et se posant comme un constat magnifiquement touchant mais légèrement biaisé, le film d’Eran Riklis pose donc la victimisation déchirante et injustifiable d’une population recluse face à la non-action d’une autre peuplade passive ou poussée à l’exil par la bêtise de dirigeants, ces derniers courant droit vers une résolution en forme d’impasse. On est loin de l’espoir brillant et douloureux d’un Eytan Fox, mais le film a au moins l’audace de proposer un discours revendicateur d’un message juste et humain. C’est déjà beaucoup.

Le verdict des internautes

Total des votes : 42

Les notes des internautes

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    Scénario
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    Réalisation
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    Acteurs
  •  
    Musique

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