James Cameron se l’était promis à lui-même au terme du tournage de son dernier et plus gigantesque long-métrage à ce jour,
Titanic : il reviendrait sur les lieux du naufrage pour consacrer un reportage au paquebot mythique. Mais comme le metteur en scène mégalo ne fait jamais les choses comme tout le monde, il déclinera toute implication à
Terminator 3 (au grand dam des fans), jugeant le projet sans intérêt à ses yeux, pour se consacrer corps et âmes à ce documentaire.
En résulte un film d'une heure en trois dimensions. Tous à vos lunettes !
LES FANTÔMES DU TITANIC(Ghosts of the Abyss)
Réalisateur : James Cameron
Narrateur : Bill Paxton
Durée : 1h
Sortie : 10 septembre 2003
Car les
fantômes du Titanic est avant tout ce que Cameron affectionne par-dessus tout : un défi technique. Le défi en question : concevoir avec son frère Mike une caméra numérique, 3D de surcroît, suffisamment « miniature » pour prendre place dans un ROV. Pas moins de trois années de recherche seront nécessaires pour mettre au point deux de ces petits appareils qui seront utilisés au cours de plusieurs plongées par 4.000 mètres de fond dans l’Atlantique Nord, à l’endroit même où gît l’épave du Titanic.
L'épave du Titanic, en reliefMais, loin de n’être qu’un simple « résumé » du long métrage,
Les fantômes en serait plus précisément un prolongement culturel. Dans un mélange très réussi d’images actuelles, de reconstitution 3D et de photos d’époques (en superpositions ou en split-screens), James Cameron nous fait pénétrer dans les coursives de ce qui demeure, près d’un siècle après son naufrage, la plus prestigieuse et luxueuse réalisation nautique conçue par la main de l’homme. Seul reproche imputable au documentaire, la narration « émotionnellement guidée » de Bill Paxton dont les réactions à vif se résument assez rapidement à des « c’est incroyable », « c’est grandiose » …
James Cameron, aussi acteur de son propre documentaire, aux côtés de Bill Paxton,
dans les FANTÔMES DU TITANICNon content de nous offrir un magnifique recueil d’images et d’histoires sur cette nuit du 14 avril 1912, Cameron magnifie donc conformément à son habitude le propos par la technique. Le visionnage numérique offre une précision et une netteté d’images proprement hallucinante de pureté tandis que l’apport de la 3D (nécessitant le port de lunettes spéciales également conçues pour l’occasion) offre une profondeur de champ particulièrement saisissante de réalisme. Malheureusement, les conditions de projection requises pour profiter pleinement de ce documentaire passionnant limiteront considérablement son exploitation en salles. Par conséquent, ceux qui auront la chance d’y avoir accès auraient doublement tort de s’en priver.