L'HISTOIRE : Lors d'une ronde de nuit qui tourne mal, Simon et Julie, deux simples gardiens de la paix, blessent un jeune cadre qui a abattu sans raison un de leurs coéquipiers. Accusés à tort de bavure et lâchés par leur hiérarchie, ils décident de prouver leur innocence en enquêtant sur la drogue responsable du coup de folie de leur agresseur. Policiers le jour, dealers la nuit... et tout jeunes amants, ils vont peu à peu remonter la filière d'une nouvelle sorte d'amphétamines dangereuses et surpuissantes : les fluos. En infiltrant la bande de trafiquants qui fabrique cette drogue, Simon et Julie tentent de parvenir jusqu'au laboratoire clandestin, alors que leur hiérarchie et les dealers risquent à chaque instant de découvrir leur double vie... un film à tous les niveaux au-dessus de la moyenne
Après un thriller à la Agatha Christie avec André Dussolier en flic atteint d'Alzheimer (Cortex), Nicolas Boukhrief change de registre avec Gardiens de l'ordre, une plongée assez puissante dans l'univers fluo de la drogue qui devrait non seulement séduire ceux qui avaient placés de hauts espoirs en lui depuis Le Convoyeur, mais aussi ceux qui aiment se perdre au cinéma dans des univers interlopes. Malgré un style clinquant, ce n'est pas de la poudre aux yeux. Le récit est suffisamment robuste pour ne pas se résumer à un simple trip aussi substantiel qu'un placebo (Lola Clubbed to Death). A l'écran, le couple Fred Testot/Cécile de France fonctionne suffisamment bien pour évoquer l'étrange sensualité qui se dégageait du duo Emmanuelle Devos/Vincent Cassel dans Sur mes lèvres. A la manière du Audiard, le nouveau Boukhrief est un faux film de genre qui vaut plus pour ses personnages que pour son intrigue. A savoir deux handicapés de l'existence (il a un passé trouble ; elle refuse sa féminité) qui ont une vraie rouille intime et se vengent d'un système exploitant les plus faibles. La nuit venue, ils se déguisent en ce qu'ils ne sont pas afin de résoudre une affaire dont ils étaient a priori les perdants. Progressivement, ils deviennent les sombres héros d'un western urbain et électro. Autour d'eux, il y a des collègues ni bons, ni mauvais, qui cherchent le vrai en disséquant les apparences et les non-dits, mais qui au fond se renvoient la même impuissance. Si on aide quelqu'un d'autre dans une entreprise - surtout dans celles où il est question de justice -, c'est soi-même que l'on met en danger.
Romain LE VERN
En quelques films, Cécile de France est devenue une actrice française incontournable. Retour en images sur cette incroyable carrière.