La critique d'Excessif

3/5
Affiche du film Gardiens de l'ordre L'HISTOIRE : Lors d'une ronde de nuit qui tourne mal, Simon et Julie, deux simples gardiens de la paix, blessent un jeune cadre qui a abattu sans raison un de leurs coéquipiers. Accusés à tort de bavure et lâchés par leur hiérarchie, ils décident de prouver leur innocence en enquêtant sur la drogue responsable du coup de folie de leur agresseur. Policiers le jour, dealers la nuit... et tout jeunes amants, ils vont peu à peu remonter la filière d'une nouvelle sorte d'amphétamines dangereuses et surpuissantes : les fluos. En infiltrant la bande de trafiquants qui fabrique cette drogue, Simon et Julie tentent de parvenir jusqu'au laboratoire clandestin, alors que leur hiérarchie et les dealers risquent à chaque instant de découvrir leur double vie...
un film à tous les niveaux au-dessus de la moyenne

Après un thriller à la Agatha Christie avec André Dussolier en flic atteint d'Alzheimer (Cortex), Nicolas Boukhrief change de registre avec Gardiens de l'ordre, une plongée assez puissante dans l'univers fluo de la drogue qui devrait non seulement séduire ceux qui avaient placés de hauts espoirs en lui depuis Le Convoyeur, mais aussi ceux qui aiment se perdre au cinéma dans des univers interlopes. Malgré un style clinquant, ce n'est pas de la poudre aux yeux. Le récit est suffisamment robuste pour ne pas se résumer à un simple trip aussi substantiel qu'un placebo (Lola Clubbed to Death). A l'écran, le couple Fred Testot/Cécile de France fonctionne suffisamment bien pour évoquer l'étrange sensualité qui se dégageait du duo Emmanuelle Devos/Vincent Cassel dans Sur mes lèvres. A la manière du Audiard, le nouveau Boukhrief est un faux film de genre qui vaut plus pour ses personnages que pour son intrigue. A savoir deux handicapés de l'existence (il a un passé trouble ; elle refuse sa féminité) qui ont une vraie rouille intime et se vengent d'un système exploitant les plus faibles. La nuit venue, ils se déguisent en ce qu'ils ne sont pas afin de résoudre une affaire dont ils étaient a priori les perdants. Progressivement, ils deviennent les sombres héros d'un western urbain et électro. Autour d'eux, il y a des collègues ni bons, ni mauvais, qui cherchent le vrai en disséquant les apparences et les non-dits, mais qui au fond se renvoient la même impuissance. Si on aide quelqu'un d'autre dans une entreprise - surtout dans celles où il est question de justice -, c'est soi-même que l'on met en danger.

 

 
Gardiens de l'ordre de Nicolas Boukhrief

 
Ce n'est pas un hasard si la BOF composée par Nicolas Baby renvoie aux teknivals et aux premières raves ayant eu lieu à La Défense au début des années 90. Il en émane les mêmes prémisses d'une froideur déshumanisée dont on peut trouver le versant mélancolique et désabusé dans le trip-hop. L'anonymat des lieux. Le camaïeu métallique de la ville. Les discothèques au bord du périph où la musique dégueule et où chacun cherche du chaud pour en sortir encore plus froid. Cette usine du plaisir installée au coeur du malaise industriel, où le dialogue avec l'autre demeure impossible à cause du son, incarne malgré elle la violence d'un monde corrompu basé sur l'exploitation de l'autre. L'autre tour de force, au-delà de l'écrin et de l'atmosphère, c'est d'avoir su échapper au piège d'un sujet aussi "social". Sans tomber dans la thèse ni la démonstration, Gardiens de l'ordre rappelle juste qu'il existe d'autres formes de délinquance. Boukhrief scrute la pourriture d'une jeunesse dorée, gangrenée par le fric, le glam dépressif, le faux pouvoir, la coke en stock. Toute cette société artificielle des excès où le stade ultime de l'ivresse absolue pourrait être le passage à l'acte. On peut aussi apprécier Gardiens de l'ordre pour ce qu'il est : un bon polar, bien écrit, bien monté, bien rythmé, bien joué, bien mis en musique. A tous les niveaux, il est au-dessus de la moyenne.


 
Romain LE VERN

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Le verdict des internautes

Total des votes : 30

Les notes des internautes

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    Scénario
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    Réalisation
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    Acteurs
  •  
    Musique

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