L'HISTOIRE : Le film nous raconte l'histoire de Danny et Wheeler, deux VRPs parcourant les Etats-Unis afin d'y promouvoir une boisson énergisante. Mais après avoir saccagé le camion de leur employeur, ils se retrouvent devant le juge qui leur donne un choix à faire, entre la prison ou bien 150 heures de travaux d'intérêts généraux au sein d'une association à but pédagogique. Leur décision se porte inévitablement vers la seconde solution, sans se douter un seul instant de ce qui va leur arriver. Les voilà donc aujourd'hui « grands frères », avec toutes les conséquences que cela comporte. Chacun se retrouve en effet avec un enfant « à charge » et se doit de l'aider à résoudre ses problèmes, timidité pour l'un ou obsession sexuelle pour l'autre, en parallèle des leurs, le tout sous la surveillance de Sweeny, la directrice de l'association.
Une comédie avec des mecs. Des vrais.
Très peu connu en France, le jeune réalisateur David Wain a d'ores et déjà conquis le public Outre-Atlantique, en signant notamment la mise en scène d'un film culte, Wet Hot American Summer, sorti en 2001. Après moult projets, aussi bien cinématographiques que télévisuels, il revient aujourd'hui avec un nouveau long métrage intitulé Les Grands Frères. Si nous pouvions craindre le pire au départ, le résultat se révèle finalement être une agréable surprise.
Notre inquiétude en entrant dans la salle se justifiait par le casting principal qui constitue l'affiche de ce film. Spécialistes d'un nouveau style de comédie destinée avant tout aux adolescents américains, Seann William Scott et Paul Rudd partaient donc avec un sérieux handicap. Le premier se fit connaître grâce à la saga American Pie, et le second a récemment été vu dans le film Sans Sarah, rien ne va. Jusque là, pas de quoi s'extasier. Fort heureusement, leurs filmographies respectives ne se limitent pas à cela, et de nombreux producteurs s'efforcent à leur offrir le plus régulièrement possible des longs métrages beaucoup plus intéressants, tels que Eh mec ! Elle est où ma caisse ? ou Evolution pour William Scott, et 40 ans toujours puceau ou La nuit au musée pour Rudd, avant d'être enfin réunis par David Wain dans Les grands frères. A juste titre, car les deux comédiens se révèlent ici particulièrement bons. Certes, leur performance ne mérite pas un Oscar mais elle a au moins le mérite d'être sincère, drôle et touchante à la fois. Ce n'est malheureusement pas le cas des enfants qui les accompagnent. Les auteurs ont semble-t-il eu la main beaucoup plus lourde à leur égard, leurs personnages se révélant particulièrement grossiers voire caricaturaux dans leur physique et leur comportement. Le premier, d'une extrême timidité, souffre d'une trop grande taille pour son âge, porte des lunettes et vit dans l'imaginaire d'un célèbre jeu de rôle. Le second, quant à lui, est beaucoup plus instable, violent voire insolent, et se trouve être de couleur. Difficile de faire plus dans le monde merveilleux du cliché. Néanmoins, le quatuor fonctionne réellement et forme une « famille » des plus sympathiques. A leurs côtés, saluons la prestation de la comédienne Jane Lynch, formidable dans le rôle de la directrice, une ancienne droguée. Chacune de ses apparitions laisse alors présager un délire sans nom.

Mais la grande réussite du film repose avant tout sur la qualité de son scénario. Ecrit à quatre mains, entre Paul Rudd, David Wain, Ken Marino (The Ten) et Timothy Dowling (George Lucas in love), Les grands frères propose une histoire originale, drôle sans être vulgaire, parfois attendrissante, et qui évite surtout une morale généralement beaucoup trop appuyée dans ce genre de longs métrages. Ainsi, le réalisateur réussit à nous entraîner dans son délire, à nous faire rire et nous émouvoir sans aucune difficulté. Il alterne avec précision les scènes de grande farce (le camion coincé sur une statue) avec d'autres proposant une réflexion plus poussée (le respect des autres, le dépassement de soi), et ce, afin d'obtenir un rythme d'une extrême rigueur. Nous sortons de la salle le sourire aux lèvres, un peu ému, sans avoir eu la notion du Temps qui passe. Si la fin reste prévisible, l'intérêt du film réside essentiellement dans le déroulement de son intrigue et le parcours intellectuel de ses personnages. En ce sens, le réalisateur nous gâte généreusement par la richesse scénaristique de son oeuvre.
En somme, Les grands frères apparaît comme un agréable divertissement, un conte moderne pour les petits comme les grands, et démontre le renouveau de la comédie américaine par de jeunes auteurs motivés et inspirés. Rassurant pour l'avenir...
Sept années les séparent. Pourtant, les voilà aujourd'hui réunis devant la caméra du réalisateur David Wain, dans une excellente comédie intitulée Les Grands Frères. A cette occasion, nous avons ...