Sensibles et émotifs, s'abstenir.
Les hauts murs vous colle à votre fauteuil dès les premières minutes. Un jeune enfant fugue, et arrive au bord de la mer. Poursuivi par des policiers à cheval, il sera vite rattrapé et violemment frappé au visage d'un coup de fusil. On était loin... très loin de s'attendre à un pareil « spectacle ».
Le réalisateur Christian Faure signe ici son premier long métrage, après de grands feuilletons télévisuels (
Marie Besnard l'empoisonneuse,
Un amour à taire, etc...) . Il choisit la carte du réalisme, et ce, afin de nous montrer l'âme humaine dans sa pire apparence. Adapté d'un roman d'Auguste Le Breton, le film s'ajoute à la longue liste des transpositions pour le grand écran d'oeuvres littéraires de ce remarquable auteur. On se souviendra notamment de
Razzia sur la schnouf,
Du rififi chez les hommes et bien évidemment, de l'indémodable
Clan des Siciliens.
Les hauts murs ne déroge pas à la règle, le métrage porte définitivement l'empreinte de son auteur, à savoir un récit fort et bouleversant, souvent riche en émotion. Tourné en grande partie dans la belle région du Poitou-Charente, le film décrit l'univers d'une Maison d'Education surveillée dans les années 1930, le tout dans une atmosphère carcérale des plus oppressantes : harcèlement moral ou sexuel, violence verbale et physique... Rien ne manque. Le film démontre ainsi que les enfants ne naissent pas criminels, mais que leur environnement peut les conditionner à le devenir. Et l'action pourrait se situer à n'importe quelle période de l'Histoire, elle reste, hélas, encore d'actualité.
Porté par un casting haut de gamme, les véritables « stars » du film sont en réalité les enfants. En tête, Emile Berling, « fils de », qui, pour sa première apparition au cinéma, offre une prestation véritablement incroyable. Un nouveau talent à suivre de très près...
Autour de lui, Carole Bouquet et Catherine Jacob apportent un peu de douceur dans ce film de brutes, tandis que Michel Jonasz, et François Damien étonnant en contre-emploi, contribuent à la violence parfois insoutenable mais toujours justifiée de l'histoire.
En revanche, il serait temps de stopper l'utilisation de l'expression « une histoire tirée de faits réels » en ouverture de film, cela devient vraiment agaçant, sans remettre en cause l'origine de l'histoire (ce dont nous ne doutons absolument pas). Certes, ce n'est qu'un détail, mais cela participe néanmoins à la bonne ou mauvaise réception que le spectateur aura du film. D'autant que le réalisateur réemploie la célèbre phrase tout en apportant des explications supplémentaires juste avant de lancer le générique de fin. Et le résultat de ce procédé (cette fois-ci original) renforce la profondeur et l'émotion du message qui devrait faire couler les dernières larmes restantes de vos yeux déjà rouges...
Mais arrêtons de chercher la petite bête...
Les hauts murs est un film magnifique et véritablement bouleversant. En somme, si vous aimez les belles histoires et pleurer au cinéma, alors ce film est fait pour vous...