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Les Marais criminels

La critique d'Excessif

3/5
Affiche du film Les Marais criminels L'HISTOIRE :

Deux jeunes femmes se rencontrent dans un cabaret parisien. Une confrontation préalablement anodine jusqu'à ce que la première, danseuse strip-teaseuse, assassine son patron suite à une violente altercation et entraîne la seconde hors de la Capitale. S'en suit un parcours initiatique au coeur-même de la Nature, où vont naître de nombreuses rencontres et autres sentiments...

On pense au cinéma de Patrice Leconte ou de Bertrand Blier, avec les moyens d'un Jean-Pierre Mocky

Peu connu du grand public, Alexandre Messina fut tout d'abord comédien, essentiellement au théâtre, avant de passer à la mise en scène cinématographique. Après une série de courts-métrages, il réalisa son premier long en 2006, La Sotira di B., et nous propose donc aujourd'hui son second, Les Marais criminels. Entouré de comédiens confirmés ou non, l'homme livre là une oeuvre encore plus aboutie que la précédente, au style définitivement personnel. Un film prenant de bout en bout et l'occasion de (re)découvrir toute la beauté des Marais Poitevins.

 

Les marais criminels de Alexandre Messina

 
Un cinéaste à part
Pour Alexandre Messina, les choses sont claires : « Je suis un peu contre cette omnipuissance du scénario qu'on institue un peu partout ; je pense qu'il n'est qu'une étape ! Dans ma manière de concevoir, le film a besoin d'une direction, ensuite il se construit aussi au tournage, même si je suis bien conscient de la prise de risques que cela représente ! ». En cela, Les Marais criminels n'a rien de conventionnel et propose un cinéma véritablement neuf. On est en fait aussi bien surpris par le scénario que par la technique, voire la mise en scène. Le film débute par une ambiance relativement glauque, Place Pigalle. Entre érotisme et dégoût, Alexandre Messina décrit une sphère noire et cruelle, mais dans le fond, hautement réaliste. C'est là que s'opère une étonnante rencontre, celle de Juliette et d'Axelle. L'une est danseuse, sous le pseudonyme de Shéhérazade, l'autre aspire à devenir serveuse. Leur avenir apparaît donc presque incertain au sein d'un univers aussi terrible. Mais la mort d'un personnage vient bousculer ce triste climat pour brusquement transformer le film en un road movie énergique basé sur la fuite des deux jeunes femmes, faisant alors différentes rencontres, toutes hasardeuses, drôles, poétiques et touchantes à la fois. Loin de l'atmosphère extrêmement pesante d'une ville, les deux jeunes femmes découvrent alors très vite un autre monde, totalement différent, celui de la Nature, nouveau personnage à part entière, sans limite apparente, aussi bien en termes d'espaces que de possibilités physiques voire morales. D'ailleurs, les personnages ne se privent pas et acquièrent dès lors une liberté jusqu'ici insoupçonnée. Si l'ombre de Thelma et Louise plane ouvertement et continuellement au-dessus du métrage, on pense aussi parfois au cinéma de Patrice Leconte (Tandem, Tango) mais aussi à celui de Bertrand Blier, le tout avec les moyens d'un Jean-Pierre Mocky. Alexandre Messina semble en effet détenir une technique quelque peu modeste. Toutefois, il réussit à en obtenir le meilleur et sait notamment capter à bon escient la beauté des différentes lumières propres aux Marais Poitevins. Il en résulte à de rares mais intenses moments un climat proche de l'onirisme, nous faisant presque oublier la triste et dramatique cavale des deux héroïnes.

 


 
Le naturel avant tout
Ce qui fait le charme principal de ce film, c'est sa fraîcheur et son honnêteté. Tout y est vrai et profondément naturel. Le cinéaste a d'ailleurs choisi de laisser beaucoup de libertés à ses comédiennes (et au reste de son casting), donnant ainsi une place de tout premier choix à l'improvisation. Un principe souvent dangereux car susceptible de frôler l'amateurisme, mais qui trouve ici tout son sens de par une étonnante réussite due à une ligne scénaristique précise et des personnages construits autour de sentiments on ne peut plus humains. D'ailleurs, à ce sujet, Ophélie Bazillou et Céline Esperin, respectivement Juliette et Axelle, réalisent de véritables prouesses. Devant la caméra d'Alexandre Messina, elles s'investissent avec une réelle passion et se montrent d'une justesse imparable du début jusqu'à la fin. En outre, bien plus qu'un simple duo, elles forment un véritable couple, parfois ambigu, entre amitié et sentiments beaucoup plus forts. Leurs rapports évoluent au fil des aventures et trouvent très vite une incontournable complémentarité, alors qu'à l'origine tout les opposait. Cette fusion, d'une beauté sans faille, apporte au film toute la force et la crédibilité nécessaires pour lui permettre de sortir du lot hebdomadaire. Enfin, on n'insistera jamais assez sur l'originalité du titre, aussi intriguant qu'éblouissant.

 

 

Gilles BOTINEAU

Le verdict des internautes

Total des votes : 18

Les notes des internautes

  •  
    Scénario
  •  
    Réalisation
  •  
    Acteurs
  •  
    Musique

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peter 12/01/2010 à 12h51
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