Après un épatant
Monster House et le passable
Les rebelles de la forêt, Sony Picture Animation revient avec un nouveau film d’animation mettant en scène des pingouins surfeurs s’éclatant dans les vagues.
LES ROIS DE LA GLISSE (Surf’s up)
Un film de Ash Brannon et Chris Buck
Avec les voix américaines de Shia LaBeouf, Jeff Bridges et James Woods et les voix françaises de Emmanuel Garijo, Pierre Richard, Omar Sy et Nelson Montfort.
Durée : 1h28
Date de sortie : 24 octobre 2007Le jeune Cody Maverick rêve de participer à la compétition de surf organisée à l’occasion des dix ans de la disparition tragique de Big Z, le surfeur légendaire. Il devra affronter l’impitoyable Tank au cœur des rouleaux dévastateurs de Pin Goo.Sur le papier
Les Rois de la Glisse a de quoi séduire. Tout d’abord les coréalisateurs Chris Buck et Ash Brannon ont officié à ce même poste respectivement sur
Tarzan et sur
Toy Story 2. De plus le film affiche un parti pris formel audacieux et original pour un film d’animation, à savoir le faux documentaire sportif. Bref cela a de quoi convaincre même les plus réfractaires qui ne jurent que par Pixar.

Si la mise en scène, à la manière d’un documentaire, alimente le film de beaux effets comme les caméras embarquées au milieu des vagues, les travellings caméra à l’épaule ou bien encore le début du film avec son aspect vieille pellicule d’archive, le métrage se révèle légèrement plus fragile d’un point de vue narratif. Peu d’originalité dans ce récit s’arrêtant sur la trajectoire d’un jeune héros rêveur mais courageux qui trouvera sa place aux côtés de la jolie « fille » brave, de son copain excentrique mais rigolo et du vieux sage qui connut aussi son heure de gloire. Bref une histoire que l’on connaît tous par cœur ayant déjà servi de base à de nombreux films d’animation mais qui ici n’est pas transcendée par une approche originale, ce qui finit par nuire à l’empathie éprouvée pour ces personnages clichés interchangeables d’un film d’animation à l’autre. Le côté documentaire se limitant uniquement à quelques effets visuels plutôt intéressants, un aspect « pris sur le vif en direct » assez réussi pour un type de production où le moindre déplacement de cadre est calculé et programmé sur des monstres de puissances.
Techniquement le film ne supporte pas la comparaison avec la concurrence. Si l’effet de l’eau est globalement réussi avec des superbes effets de transparences, de réfraction de la lumière et des couleurs splendides, dès que les protagonistes touchent la terre ferme, ça se complique. La jungle où se passe une grande partie de l’histoire manque cruellement de relief et de détails avec des textures bien fades, par rapport à celles luxuriantes aperçues dans
Les Indestructibles (2005). Du coup,
Les Rois de la Glisse semble avoir quelques années de retard sur le film de Pixar. De même, difficile de passer après
Happy Feet au niveau de l’animation des pingouins, de leur plumage et du rendu des environnements polaires.
Le film offre quand même quelques bons moments assez drôles comme la présentation de la banquise d’origine de Cody Maverick, les « indigènes » de l’île de Pin Goo ou bien encore les photos des pères des deux héros. Globalement le ton est très bon enfant et parviendra sans mal à décrocher quelques sourires. Si
Les rois de la glisse n’est pas un film parfait, les plus jeunes passeront indubitablement un bon moment en compagnie de ce pingouin surfeur, un brin maladroit, rêvant de vagues gigantesques, de mers chaudes et de suivre les traces du champion ultime qu’il a croisé autrefois sur sa froide banquise. Un héros dont ils se sentiront forcément proches.
Gregory Porte