L'HISTOIRE : "J'ai 2 ans et je ne parle pas. Mais je sais dire papa. Je sais plein d'autres choses aussi. La seule chose que je ne sais pas, c'est pourquoi mon papa boxe tout seul dans la salle de bains. Pourquoi il joue avec un revolver. Et surtout pourquoi il ne veut plus que je l'appelle papa. Ah, au fait, je m'appelle Lino. Oui, comme Lino Ventura". Atypique
Scénariste attitré de Robert Guédiguian, Jean-Louis Milesi passe à nouveau derrière la caméra, après avoir signé Nag La Bombe en 2000, avec Ariane Ascaride et Vincent Elbaz. Aujourd'hui, le cinéaste met en scène son propre fils, Lino, deux ans à peine, ne parlant pas, ou presque. Il sait dire « papa ». Au grand dam de Milesi, interprétant ici le dernier petit-ami de sa mère, récemment décédé. Celui-ci décide alors de partir à la recherche de son véritable père, tout en s'attachant progressivement à l'enfant...
LINO
Un film de Jean-Louis Milesi
Avec Lino Milesi, Jean-Louis Milesi, Jean-Jerome Esposito
Durée : 1h23
Date de sortie : 28 Janvier 2009
Lino se révèle avant tout incroyablement atypique. Tourné avec très peu de moyens et sur une courte durée, le film se définit comme une grande histoire d'amour, celle existant entre un père et son fils. Pour l'évoquer, Milesi choisit néanmoins de passer par la fiction, mais le propos reste néanmoins beaucoup trop personnel. Certes, nous finissons par nous attacher à ce joli duo, cependant le manque de moyens nous rappelle régulièrement l'entreprise familiale qu'est ce film. Le réalisateur l'avoue lui-même : « j'ai voulu capter ce moment avant que l'enfant ne parle ». Et le problème se pose là. Nous entrons dans une intimité qui n'est pas la notre. Si elle nous apparaît charmante, elle n'en demeure pas moins extrêmement privée à tel point que nous nous prenons parfois pour de simples voyeurs. Milesi pense pouvoir nous éviter cette situation des plus gênantes en nous racontant l'histoire secondaire d'un homme à la recherche du vrai père. Mais celle-ci se limite à une trop grande simplicité, sans apporter de réels intérêts, dans la mesure où le personnage interprété par Milesi semble être finalement le mieux placé pour élever cet enfant face aux autres, généralement marginaux voire incapables.
En revanche, l'un des talents de Jean-Louis Milesi à travers ce film est d'avoir su réunir un casting formidable, de « gueules » et de talents divers. Ainsi, nous citerons Jean-Jérôme Esposito, Serge Riaboukine, Aurélie Verillon et l'excellent Ged Marlon. Ce dernier nous propose même quelques-unes de ses performances scéniques, en jouant le rôle d'un comédien s'illustrant devant un public réduit dans un tout petit théâtre. Un clin d'oeil des plus sympathiques quand on connaît le succès dont il est actuellement victime ! Enfin, il serait injuste de ne pas s'attarder sur le jeune Lino Milesi qui, du haut de ses deux ans, tient incroyablement la tête d'affiche. Tour à tour drôle et émouvant, il réussit à nous embarquer littéralement dans cette histoire, au même titre que son papa se sentant obligé de rester à ses côtés. En digne héritier de son paternel, le petit Lino devrait, s'il en fait le choix, connaître une jolie carrière cinématographique. 
En somme, le deuxième film mis en scène par Jean-Louis Milesi se révèle d'une étonnante tendresse de par son sujet. Mais celui-ci connaît ses limites. Et la fiction n'est pas assez originale, voire corsée, pour suffisamment attirer notre intérêt. Lino conserve néanmoins toute notre sympathie, grâce à son duo principal et à la formidable déclaration d'amour donnée par un père à son fils.